Une dérive silencieuse et profonde : 20 magistrats tous Bidhan. Circulez c’est ainsi.




Oui, la Mauritanie traverse une dérive silencieuse et profonde. Celle de l’effacement progressif et organisé de sa diversité ethnoraciale. Cette dynamique, devenue trop visible pour être ignorée, fragilise davantage et dangereusement le pacte national initial et compromet terriblement le devenir même de notre vivre-ensemble.
Oui, lrécente proposition de nomination de magistrats, exclusivement issue d’une seule communauté, en est une illustration troublante. Elle exclut, sans justification ni pudeur, des composantes entières de la Nation : Haraatiine, Bamanan, Sooninko, Wolof, Ful6e. Des Mauritaniens à part entière, désormais sommés d’accepter d’être jugés par une représentation monolithique de l’État.
Au-delà de la magistrature, cette logique se déploie dans l’ensemble des secteurs régaliens. Le commandement des régions militaires, les directions régionales de la sûreté, les postes stratégiques de l’administration, la force publique et les moyens coercitifs de l’État se retrouvent concentrés entre les mains d’un seul groupe ethnoracial. Cette concentration extrême du pouvoir n’est ni fortuite ni neutre ; elle institue une inégalité structurelle incompatible avec l’idée même de République.
Le plus préoccupant est que cette dérive est connue, documentée et pourtant tolérée. Chacun perçoit le risque immense qu’elle fait peser sur la stabilité du pays.
En continuant d’ignorer la pluralité réelle de la Mauritanie, certains s’emploient, consciemment ou non, à nourrir les conditions d’une énième fracture nationale majeure.
Nous appelons solennellement nos compatriotes bidhan à se désolidariser clairement de ces honteuses pratiques d’exclusion. Il ne s’agit ni d’une mise en accusation collective ni d’un affrontement communautaire, mais d’une responsabilité morale et civique face à une injustice systémique. Notre silence, dans ce contexte, ne peut plus être une option.
Nous le savons tous, la Mauritanie, comme tout autre pays, ne se construira ni dans l’effacement, ni dans la domination d’un groupe sur les autres. Nous ne pourrons nous maintenir que dans la reconnaissance pleine, égale et effective de toutes nos composantes humaines.

Refuser l’injustice aujourd’hui, c’est préserver notre Nation demain.


Source: Ibrahima Diallo

Jeudi 8 Janvier 2026
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