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Attention ! Pas d'amalgames...



À propos d'un extrait d'une vidéo publiée il y a plusieurs mois. Extrait qui circule actuellement dans une version TiKTok. Il y est question du Manifeste de 1986, de Samba Thiam de Mourtodo Diop et surtout d’Ibrahima Abou Sall.

Quelques observations s’imposent.


1/ Ibrahima Abou Sall en tant que militant politique a plusieurs défauts. Comme chaque homme ou femme politique peut en avoir. C'est irréfutable. Je l'ai connu en prison à Oualata. J'ai milité avec lui au sein des FLAM dans sa section Europe occidentale, avant que je ne démissionne de cette organisation en 2015...

En interne et dans des débats publics, je me suis souvent opposé à lui en matière tactique et de méthodes de direction, notamment. Mon opposition à lui la plus virulente tournait autour du cas Colonel Oumar Ould Beibacar, paix à son âme, au sujet de notre détention à Oualata. A ce sujet, j'ai eu à produire plusieurs textes disponibles sur ma page Facebook.

2/ Beaucoup de choses aussi à lui reprocher sur le Manifeste de 1986 dont il est question ici dans l’extrait susmentionné. C'est admis en interne par tous ceux qui ont été réellement impliqués dans la conception, la production et la publication de ce dossier. Cela étant dit, il faut le souligner à l’occasion, Ibrahima Abou Sall est l'un des auteurs incontesté et incontestable de ce document historique qu'est le « Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » dans sa version originelle... Et malgré ses multiples défauts et mes divergences avec lui, Ibrahima Abou Sall demeure un militant convaincu en faveur de l'émancipation des Noirs de Mauritanie. Il est conséquent là-dessus. Il est incorruptible. Il est non manipulable par un pouvoir. Il est rétif à toute forme de compromission (compromission dont raffolent la classe politique mauritanienne dans sa majorité, et certains « militants des droits de l’homme » autoproclamés, venus s’agiter dans l’arène à la 25ème heure, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Cela, je le lui ai déjà dit, yeux dans les yeux, au cours d'une réunion exceptionnelle…, il y a de cela plusieurs années.

3/ Les propos de Mourtodo Diop rapportés ici dans cette vidéo par Lo Gourmo proviennent sans doute de la virulente attaque contenue dans un document public de Mourtodo Diop contre Ibrahima Abou Sall. Cela date de plusieurs années. Mourtodo réagissait à une critique acerbe de Sall Ibrahima contre lui. Cela étant précisé, dire ou suggérer que la teneur du Manifeste de 1986 justifiait une répression aveugle et féroce ou une épuration ethnique, cela relève d’une aberration absolue. « Le procès des militaires négro-africains de novembre/décembre 1987 marque le point de départ de l’épuration ethnique au sein de l’armée. Le putsch déjoué en fut le prétexte immédiat ; et le procès fut l’habillage légal destiné à la masquer. » Il s’agit là d’un extrait de la communication (accessible sur ma page FB) que j’avais faite le 24 mai 2003 à Orléans, lors d’une conférence organisée par l’Association des Déportés Mauritaniens (A.S.D.M.), dont le titre était « L’épuration ethnique au sein de l’Armée ».

Réitérons-le donc, Manifeste de 1986 ou sans Manifeste, coup d'État d'octobre 1987 ou sans coup d’État, la marginalisation, l'exclusion et le nettoyage ethnique auraient eu lieu au bout du compte. Car cela était inscrit dans l'essence même du racisme d'État. Et ça l’est encore. Je l'ai souligné ailleurs, à maintes reprises. Mais cela, certains ne veulent ni le voir, ni l’entendre, notamment ceux du MND. Ce MND-là qui, en novembre 1987, avait produit un document dans lequel il était écrit, entre autres petites gentillesses, que les auteurs du putsch de 1987 avaient voulu « mettre le feu à la maison commune ». Cela était rédigé et publié au moment même où les arrestations des militaires noirs étaient en cours, au moment même où Taya s'apprêtait à les faire juger par une Cour spéciale de justice à Jreïda. C'était une manière d'inciter le pouvoir de l'époque à sévir contre les auteurs du putsch. Ce qu'il fit, encouragé en cela par l’aubaine politique qui lui fut ainsi offerte par le MND. Bilan au sortir de la mascarade judiciaire : trois exécutions (Sarr Amadou, Sy Saidou et Bâ Seydi). Plusieurs lourdes peines, avec à l'arrivée trois morts en prison à Oualata (Bâ Alassane Oumar, Bâ Abdoul Khoudouss, Djigo Tabssirou, et un à Nema (Ten Youssouf Gueye.) Cela, c’était en 1988. 37 ans aujourd’hui. Qu’ils reposent en paix !

Et les autres événements dont il est question dans ledit extrait datent de 1986, 1987. 38 ans et 39 ans après, qu’on ne vienne pas amalgamer les faits pour faire diversion, pour masquer l’essentiel…

Boye Alassane Harouna
07 novembre 2025

Vendredi 7 Novembre 2025
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