Mauritanie : Menaces de mort et déni judiciaire à l’encontre d’un parlementaire



Note d’alerte :

L’Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) exprime sa profonde préoccupation à la suite des déclarations du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Ould Soueïdatt, tenues à la sortie du Conseil des ministres du mercredi 28 janvier 2026. Il y accusa, le député Biram Dah Abeid, de « mentir ».
La divagation, formulée au titre officiel d’une conférence de presse du gouvernement, ne saurait être considérée comme un avis personnel ni, non plus, la simple expression d’une opinion, dans le cadre du débat politique. Le ministre agissait, ainsi, ès-qualité, au terme de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif. En conséquence, sa parole engage l’institution dont il est le garant. De surcroît, compte tenu de l’occasion, le propos étend la faute au sommet de l’Etat. Enfin, le méfait verbal, par-delà sa relative vulgarité, constitue une violation grave du devoir de réserve inhérent à la fonction.
Insulter publiquement, un membre du Parlement, détenteur des preuves vérifiables de ses allégations et des échanges avec le ministre lui-même, dévoile une négation délibérée des circonstances du litige. Il en découle, de facto, un encouragement de l’incitations au meurtre, initialement proférées, par voie électronique, contre Biram ould Dah Ould Abeid. Comme l’observait Raymond Aron, « le mensonge commence lorsque l’on refuse de regarder la réalité en face ». L’attitude du chef de la magistrature ne déroge au constat : Il nie des informations établies, en dépit de leur caractère incontestable, afin d’exposer, au dénigrement, un représentant de la nation, victime d’intimidation et d’excitation à la haine.
Il n’est pas étonnant que la demande de protection de Biram, leader de l’Opposition antisystème - requête dûment déposée par ses avocats auprès du Parquet- soit ignorée, sans justification, malgré la compétence de la police en charge de la cybercriminalité.
Le Baron de Montesquieu le rappelait, « il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ». En Mauritanie, le pouvoir souverain des juges semble voué à servir, encore une fois, la prééminence d’intérêts privés. Hélas, le pays est coutumier de tels d’abus, depuis que l’armée détourne l’autorité de l’Etat au profit des tribus et des clans, issus de l’ethnie arabo-berbère.

L’absence d’arrestation ou de poursuites visant les fauteurs de violence, alors que des citoyens sont interpellés au grief de critiques bénignes de la gouvernance, remet en relief l’application sélective des normes de la République, à rebours du principe fondamental d’égalité. A cause du refus de reconnaître l’existence d’une plainte formellement enregistrée, le ministre banalise un manquement inédit à ses obligations. De Montesquieu le souligne aussi, «il n’y a point de plus grande injustice que de faire passer pour faute ce qui est l’exercice d’un droit ». Il importe de relever, en l’occurrence, le motif aggravant de racisme, à l’origine de l’appel à tuer Biram Ould Dah Ould Abeid, descendant d’esclaves noirs, d’ascendance subsaharienne.
L’IRA prend, les Mauritaniens et les amis de la Mauritanie, à témoin d’une dérive digne des tyrannies du monde arabe et réclame l’ouverture, diligente, d’une enquête sans entraves, en vue de sanctionner la volonté manifeste d’attenter, durant son mandat, à l’intégrité d’un édile, élu au suffrage universel direct. Il s’agit, là, d’un minimum de décence et de prévoyance, dans un pays confronté à l’évidence d’un déficit de cohésion sociale.

Nouakchott, le 03 Fevrier 2026

Mardi 3 Février 2026
Boolumbal Boolumbal
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Publié par Boolumbal Boolumbal le 07/11/2025 à 11:19 | 0 Commentaire

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