A cette question claire, concrète, et qui d'ailleurs pour certains observateurs avertis du microcosme politique mauritanien est plutôt provocatrice,je ne me contenterai pas de répondre par une litote encore moins de brandir une réponse laconique.
Tout comme l'adjudant-chef B.A Ould A.B qui,il y a de cela quelques années fût autorisé à concourir avec plusieurs sous-officiers de l'Armée en vue de passer le brevet de sous-lieutenant.
Le sujet de dissertation qui portait sur l'exode était à peu près ainsi libellé; "décrire la situation d'une famille rurale nouvellement installée à Nouakchott". L'adjudant-chef B.A qui a gravi tous les grades d'homme du rang et de sous-officier sur le terrain, soit par bravoure à la guerre, soit par comportement exemplaire, à peine sachant lire et écrire en français,...
...prit ses deux tempes entre ses deux mains,tout en sueur et dit à l'officier surveillant en rendant sa copie presque vierge: "tout ce que je sais mon capitaine, c'est que cette famille aura beaucoup de problèmes"... Il en sera ainsi également pour tous ceux qui veulent briguer la présidence face au président Ould Abdel Aziz.
Alors qui peut battre le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz le 21 juin 2014? Personne... car aucun des autres candidats, malgré leur courage n'est en mesure de susciter l'alternance.
Savez-vous pourquoi? Nous tenterons de confirmer nos dires par des arguments irréfutables, qui, d'ailleurs tirent leur sève de nos réalités socio-culturelles, sans oublier au demeurant les pesanteurs géo-politiques sous-régionales dont nous sommes acteurs malgré nous et dont le canevas et le déroulement nous échappent à plus d'un titre.
1/ Une transition malmenée
Le célèbre conseiller d'Etat honoraire Jacques Attali dans un de ses nombreux ouvrages a écrit: "Si Hitler n'avait pas attaqué la Russie en 1941, il aurait pu mourir dans son lit comme le dictateur espagnol Franco". Aussi en Mauritanie une transition réussie de 2005 à 2007 pouvait donner une autre lecture de notre Histoire récente. Or il n'en fût rien car nous subissons encore les soubresauts hérités de la période post-taya.
En effet, après le coup d'Etat d'Août 2005 contre un pouvoir "âgé" de 21 ans et qui avait cristallisé tous les mécontentements, il eût fallu aussitôt faire table-rase du passé et enclencher les conditions nécessaires à la mise en place d'une société nouvelle dans laquelle toute les sensibilités mauritaniennes se reconnaitraient.Cette tâche incombait surtout au président du CMJD, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, à qui Aziz a cédé la magistrature suprême après avoir renversé Ould Taya.
Jusque là l'ambition d'Aziz était de déblayer le terrain dans un climat délétère où Maawiya ne semblait plus partager sa lucidité. Ainsi toutes les doléances, à savoir la lutte contre l'esclavage, le règlement du passif, les questions sécuritaires, le pôle économique etc... devraient être mis sur le tapis sans ménagement.
Mais nos politiciens aveuglés rien que par les futures échéances électorales qui détermineraient l'émergence du futur président de la république,ont laissé passer la seule opportunité à même de résoudre les questions nationales qui couvent depuis longtemps. L'on a passé presque deux années de transition inutile où la garniture du buffet et la fraicheur du bar ont eu raison de l'essentiel de notre vie nationale.
L'histoire nous apprend qu'en période de banquets, du "carpe diem", auxquels nous ont habitués les régimes précédents, les interrogations existentielles, donc philosophiques sont mises au placard. Durant ce salmigondis pré-électoral de 2007 où tous les appétits s'aiguisent, le maestro, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, à défaut de pouvoir prendre part à la compétition, et en brandissant au passage "l'utilité du vote blanc", avant de s'aligner derrière l'opposant historique Ahmed Ould Daddah, a provoqué l'ire cette fois de son cadet le colonel Ould Abdel Aziz.
Adieu le cousinage, adieu la gérontocratie, le réalisme prend le dessus. Aziz qui avait misé sur un autre candidat, en l'occurrence Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a pris les choses en main en n'ayant qu'une pensée au tout début: avoir un droit de regard sur l'Armée en plus des questions sécuritaires. Ainsi la transition biaisée depuis 2005, accouchera de "répliques telluriques" dont la magnitude n'a pas fini de pourrir notre socle socio-politique.
Nous connaissons le reste du feuilleton sans fin,prélude au boycott par l'opposition radicale de tous les scrutins depuis l'éviction de Sidioca en passant par les "accords de Dakar".
L'opposition radicale a-t-elle raison de boycotter le scrutin du 21 juin? Seul l'avenir peut nous édifier. Toujours est-il que parmi les candidats en course avec Ould Abdel Aziz, il y a un qui ne laisse pas indifférent, de part son originalité, son parcours atypique en vue de briguer la magistrature suprême; c'est le candidat Biram Dah Abeid.
2/ Biram et le pot au lait
Socrate a-t-il bu la ciguë? Non le vaisseau sacré n'est pas encore venu de Délos, disait l'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane dans "l'Aventure Ambiguë". Ce roman,devenu un classique de la littérature africaine peint le déchirement d'un émigré musulman pris entre deux cultures, deux visions auxquelles on ne peut trouver qu'une solution philosophique. Par contre il n'y va pas de même pour l'ambiguité suscitée par la candidature du "prix onusien des droits de l'homme " Biram Dah Abeid.
Au delà de son "aventure ambiguë", la candidature de Biram pose également un dilemme cornélien quant au mauvais score qu'elle peut engendrer. Elle rappelle étrangement les fables de Jean de la fontaine où Perrette avec son pot de lait sur la tête, se construisait déjà des "châteaux en Espagne" avant même de vendre son aliment précieux. A l'instant même où Perrette pensait fructifier ses bénéfices, le pot au lait tomba de sa tête et les projets se sont envolés.
Cet enseignement est à méditer de Biram qui se voit déjà président de la république parce qu'il est tout simplement descendant d'anciens esclaves. Incontestablement cet homme a mis le problème de l'esclavage sur l'échiquier international même s'il n'indexe qu'une seule communauté, sa communauté maure.
Va-t-il récolter les dividendes de son combat cette fois au plan intérieur le 21 juin prochain? Je ne le crois pas car après les 70 pour cent du président Aziz dès le premier tour, le score pour la 2ème place sera serré entre IMS de L'AJ/MR, Boidjel de la CAP et enfin le chef de l'IRA.
Pour être beaucoup plus explicite Sarr, un Peul modéré, bénéficiera surtout du vote exclusif de sa communauté. Car un vrai Peul, nourri de lait de vaches laitières pour ne pas dire "altières" une fois dans l'isoloir ne votera jamais "hardané". Boidjel ratissera dans son fief du Trarza et même au-delà partout en Mauritanie surtout dans la communauté maure, haratine d'abord et beidhane ensuite.
Ceux qui votent Biram voient en lui avant tout le hartani capable de venir à bout du "système beidhane" par la "sueur et le sang". Toujours est-il qu'il sera très difficile pour Ould Dah Abeid, après "avoir avili sa muse" de "sauver les bustes des César" car son seul projet de société qui consiste à anéantir les maures blancs est utopique, prétentieux et sans issue.
Quant à la seule femme candidate Lala-Marièm mint Moulaye Idriss, malgré tout son talent,son charisme, sa bonne éducation, elle doit implorer Dieu et son prophète (psl), d'ailleurs son aieul, pour lui venir en aide. En femme de l'Est, réservoir électoral, elle est victime de l'effet Aziz qui sera plébiscité sans doute dès le premier tour.
3/ Mohamed Ould Abdel Aziz, le favori
A défaut de la participation de l'opposition radicale, l'élection d'Ould Abdel Aziz ne sera qu'une formalité. Aziz ne mouillera même pas sa chemise et le spectre d'un éventuel 2ème tour n'est pas d'actualité. En dehors d'Ahmed Daddah dont la moralité ne puisse être mise en doute mais qui "vieillit" selon les termes de Bergson, il est très difficile de venir à bout du général Aziz pour de multiples raisons évidentes.
Paris, Washington, Londres ne voient désormais le sahel que sous le prisme sécuritaire. Ces capitales occidentales préoccupées par le terrorisme qu'il faut combattre au berceau, trouvent en Aziz, un allié providentiel, capable d'endiguer cette menace. Nos bailleurs prennent trop au sérieux la dimension sécuritaire et nos hommes politiques toutes tendances confondues se doivent de le comprendre. Car ce sont ces bailleurs qui nous soutiennent tout en nous imposant en même temps la démocratie, leur démocratie.
D'une part en Mauritanie la seule institution hiérarchisée, organisée est militaire. Prenez les avocats, les magistrats, les universitaires, les journalistes, les ingénieurs, les enseignants, la société civile etc.. tous agissent à couteaux tirés en ensembles hétéroclites.
Au plan économique, je ne me hasarderai pas à dresser un bilan car ne sachant qui de l'opposition ou du pouvoir dit vrai. Toujours est-il que dans un pays comme la Mauritanie où l'Etat est le principal pourvoyeur d'emplois, c'est déjà une prouesse qu'il n' y ait pas d'arriérés de salaires. Et d'autre part l'opposition ne peut imposer son vouloir à un président qui contrôle l'Armée, les appareils sécuritaires, le budget, le trésor, la banque centrale etc..
Il faut être réaliste parce qu'en Afrique celui qui détient les cordons de la bourse aura toujours une longueur d'avance sur ses adversaires. Il m'arrive de donner souvent raison à l'ancien président français Jacques Chirac, un gaulliste connaissant bien l'Afrique et qui disait que la démocratie à l'occidentale "serait un luxe" pour nous africains " car nous ne sommes pas mûrs encore pour l'exercer".
Louable évidence et qui suscite encore autant de susceptibilité chez certains de nos intellectuels. Comme d'habitude. Sachons tout simplement que la démocratie ou plus exactement son apprentissage n'est pas la fin de l'Histoire. C'est peut-être même son commencement.
Enfin je ne saurai terminer sans évoquer la pensée (que peut-être partagent tacitement ses collègues) d'un éminent homme politique du RFD, dont la patience rappelle la légendaire Pénélope et qui me disait récemment au téléphone: " il faut laisser ce deuxième et, je l'espère dernier mandat pour Ould Abdel Aziz jusqu'en ..2019, car il a juré sur le coran de respecter la constitution".
Nous autres, osons espérer que ce mandat de cinq ans serait mis au profit de l'édification de l'unité nationale, de l'éradication de l'esclavage, du règlement du passif humanitaire de manière consensuelle, du bon déroulement du recensement surtout à Paris, de l'apaisement au plan politique sans oublier surtout les avancées au plan économique.
En dernier ressort, vu la montée des réflexes identitaires, de l'islamisme radical, de l'insécurité à nos frontières, la présence d'un homme de forte amplitude et qui aura constamment la main posée sur le couvercle de la marmite-mauritanie, est nécessaire. Car rien ne peut se construire dans l'instabilité et surtout dans l'insécurité.
Capitaine Ely Ould Krombele
Source : Ely Krombele
Tout comme l'adjudant-chef B.A Ould A.B qui,il y a de cela quelques années fût autorisé à concourir avec plusieurs sous-officiers de l'Armée en vue de passer le brevet de sous-lieutenant.
Le sujet de dissertation qui portait sur l'exode était à peu près ainsi libellé; "décrire la situation d'une famille rurale nouvellement installée à Nouakchott". L'adjudant-chef B.A qui a gravi tous les grades d'homme du rang et de sous-officier sur le terrain, soit par bravoure à la guerre, soit par comportement exemplaire, à peine sachant lire et écrire en français,...
...prit ses deux tempes entre ses deux mains,tout en sueur et dit à l'officier surveillant en rendant sa copie presque vierge: "tout ce que je sais mon capitaine, c'est que cette famille aura beaucoup de problèmes"... Il en sera ainsi également pour tous ceux qui veulent briguer la présidence face au président Ould Abdel Aziz.
Alors qui peut battre le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz le 21 juin 2014? Personne... car aucun des autres candidats, malgré leur courage n'est en mesure de susciter l'alternance.
Savez-vous pourquoi? Nous tenterons de confirmer nos dires par des arguments irréfutables, qui, d'ailleurs tirent leur sève de nos réalités socio-culturelles, sans oublier au demeurant les pesanteurs géo-politiques sous-régionales dont nous sommes acteurs malgré nous et dont le canevas et le déroulement nous échappent à plus d'un titre.
1/ Une transition malmenée
Le célèbre conseiller d'Etat honoraire Jacques Attali dans un de ses nombreux ouvrages a écrit: "Si Hitler n'avait pas attaqué la Russie en 1941, il aurait pu mourir dans son lit comme le dictateur espagnol Franco". Aussi en Mauritanie une transition réussie de 2005 à 2007 pouvait donner une autre lecture de notre Histoire récente. Or il n'en fût rien car nous subissons encore les soubresauts hérités de la période post-taya.
En effet, après le coup d'Etat d'Août 2005 contre un pouvoir "âgé" de 21 ans et qui avait cristallisé tous les mécontentements, il eût fallu aussitôt faire table-rase du passé et enclencher les conditions nécessaires à la mise en place d'une société nouvelle dans laquelle toute les sensibilités mauritaniennes se reconnaitraient.Cette tâche incombait surtout au président du CMJD, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, à qui Aziz a cédé la magistrature suprême après avoir renversé Ould Taya.
Jusque là l'ambition d'Aziz était de déblayer le terrain dans un climat délétère où Maawiya ne semblait plus partager sa lucidité. Ainsi toutes les doléances, à savoir la lutte contre l'esclavage, le règlement du passif, les questions sécuritaires, le pôle économique etc... devraient être mis sur le tapis sans ménagement.
Mais nos politiciens aveuglés rien que par les futures échéances électorales qui détermineraient l'émergence du futur président de la république,ont laissé passer la seule opportunité à même de résoudre les questions nationales qui couvent depuis longtemps. L'on a passé presque deux années de transition inutile où la garniture du buffet et la fraicheur du bar ont eu raison de l'essentiel de notre vie nationale.
L'histoire nous apprend qu'en période de banquets, du "carpe diem", auxquels nous ont habitués les régimes précédents, les interrogations existentielles, donc philosophiques sont mises au placard. Durant ce salmigondis pré-électoral de 2007 où tous les appétits s'aiguisent, le maestro, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, à défaut de pouvoir prendre part à la compétition, et en brandissant au passage "l'utilité du vote blanc", avant de s'aligner derrière l'opposant historique Ahmed Ould Daddah, a provoqué l'ire cette fois de son cadet le colonel Ould Abdel Aziz.
Adieu le cousinage, adieu la gérontocratie, le réalisme prend le dessus. Aziz qui avait misé sur un autre candidat, en l'occurrence Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a pris les choses en main en n'ayant qu'une pensée au tout début: avoir un droit de regard sur l'Armée en plus des questions sécuritaires. Ainsi la transition biaisée depuis 2005, accouchera de "répliques telluriques" dont la magnitude n'a pas fini de pourrir notre socle socio-politique.
Nous connaissons le reste du feuilleton sans fin,prélude au boycott par l'opposition radicale de tous les scrutins depuis l'éviction de Sidioca en passant par les "accords de Dakar".
L'opposition radicale a-t-elle raison de boycotter le scrutin du 21 juin? Seul l'avenir peut nous édifier. Toujours est-il que parmi les candidats en course avec Ould Abdel Aziz, il y a un qui ne laisse pas indifférent, de part son originalité, son parcours atypique en vue de briguer la magistrature suprême; c'est le candidat Biram Dah Abeid.
2/ Biram et le pot au lait
Socrate a-t-il bu la ciguë? Non le vaisseau sacré n'est pas encore venu de Délos, disait l'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane dans "l'Aventure Ambiguë". Ce roman,devenu un classique de la littérature africaine peint le déchirement d'un émigré musulman pris entre deux cultures, deux visions auxquelles on ne peut trouver qu'une solution philosophique. Par contre il n'y va pas de même pour l'ambiguité suscitée par la candidature du "prix onusien des droits de l'homme " Biram Dah Abeid.
Au delà de son "aventure ambiguë", la candidature de Biram pose également un dilemme cornélien quant au mauvais score qu'elle peut engendrer. Elle rappelle étrangement les fables de Jean de la fontaine où Perrette avec son pot de lait sur la tête, se construisait déjà des "châteaux en Espagne" avant même de vendre son aliment précieux. A l'instant même où Perrette pensait fructifier ses bénéfices, le pot au lait tomba de sa tête et les projets se sont envolés.
Cet enseignement est à méditer de Biram qui se voit déjà président de la république parce qu'il est tout simplement descendant d'anciens esclaves. Incontestablement cet homme a mis le problème de l'esclavage sur l'échiquier international même s'il n'indexe qu'une seule communauté, sa communauté maure.
Va-t-il récolter les dividendes de son combat cette fois au plan intérieur le 21 juin prochain? Je ne le crois pas car après les 70 pour cent du président Aziz dès le premier tour, le score pour la 2ème place sera serré entre IMS de L'AJ/MR, Boidjel de la CAP et enfin le chef de l'IRA.
Pour être beaucoup plus explicite Sarr, un Peul modéré, bénéficiera surtout du vote exclusif de sa communauté. Car un vrai Peul, nourri de lait de vaches laitières pour ne pas dire "altières" une fois dans l'isoloir ne votera jamais "hardané". Boidjel ratissera dans son fief du Trarza et même au-delà partout en Mauritanie surtout dans la communauté maure, haratine d'abord et beidhane ensuite.
Ceux qui votent Biram voient en lui avant tout le hartani capable de venir à bout du "système beidhane" par la "sueur et le sang". Toujours est-il qu'il sera très difficile pour Ould Dah Abeid, après "avoir avili sa muse" de "sauver les bustes des César" car son seul projet de société qui consiste à anéantir les maures blancs est utopique, prétentieux et sans issue.
Quant à la seule femme candidate Lala-Marièm mint Moulaye Idriss, malgré tout son talent,son charisme, sa bonne éducation, elle doit implorer Dieu et son prophète (psl), d'ailleurs son aieul, pour lui venir en aide. En femme de l'Est, réservoir électoral, elle est victime de l'effet Aziz qui sera plébiscité sans doute dès le premier tour.
3/ Mohamed Ould Abdel Aziz, le favori
A défaut de la participation de l'opposition radicale, l'élection d'Ould Abdel Aziz ne sera qu'une formalité. Aziz ne mouillera même pas sa chemise et le spectre d'un éventuel 2ème tour n'est pas d'actualité. En dehors d'Ahmed Daddah dont la moralité ne puisse être mise en doute mais qui "vieillit" selon les termes de Bergson, il est très difficile de venir à bout du général Aziz pour de multiples raisons évidentes.
Paris, Washington, Londres ne voient désormais le sahel que sous le prisme sécuritaire. Ces capitales occidentales préoccupées par le terrorisme qu'il faut combattre au berceau, trouvent en Aziz, un allié providentiel, capable d'endiguer cette menace. Nos bailleurs prennent trop au sérieux la dimension sécuritaire et nos hommes politiques toutes tendances confondues se doivent de le comprendre. Car ce sont ces bailleurs qui nous soutiennent tout en nous imposant en même temps la démocratie, leur démocratie.
D'une part en Mauritanie la seule institution hiérarchisée, organisée est militaire. Prenez les avocats, les magistrats, les universitaires, les journalistes, les ingénieurs, les enseignants, la société civile etc.. tous agissent à couteaux tirés en ensembles hétéroclites.
Au plan économique, je ne me hasarderai pas à dresser un bilan car ne sachant qui de l'opposition ou du pouvoir dit vrai. Toujours est-il que dans un pays comme la Mauritanie où l'Etat est le principal pourvoyeur d'emplois, c'est déjà une prouesse qu'il n' y ait pas d'arriérés de salaires. Et d'autre part l'opposition ne peut imposer son vouloir à un président qui contrôle l'Armée, les appareils sécuritaires, le budget, le trésor, la banque centrale etc..
Il faut être réaliste parce qu'en Afrique celui qui détient les cordons de la bourse aura toujours une longueur d'avance sur ses adversaires. Il m'arrive de donner souvent raison à l'ancien président français Jacques Chirac, un gaulliste connaissant bien l'Afrique et qui disait que la démocratie à l'occidentale "serait un luxe" pour nous africains " car nous ne sommes pas mûrs encore pour l'exercer".
Louable évidence et qui suscite encore autant de susceptibilité chez certains de nos intellectuels. Comme d'habitude. Sachons tout simplement que la démocratie ou plus exactement son apprentissage n'est pas la fin de l'Histoire. C'est peut-être même son commencement.
Enfin je ne saurai terminer sans évoquer la pensée (que peut-être partagent tacitement ses collègues) d'un éminent homme politique du RFD, dont la patience rappelle la légendaire Pénélope et qui me disait récemment au téléphone: " il faut laisser ce deuxième et, je l'espère dernier mandat pour Ould Abdel Aziz jusqu'en ..2019, car il a juré sur le coran de respecter la constitution".
Nous autres, osons espérer que ce mandat de cinq ans serait mis au profit de l'édification de l'unité nationale, de l'éradication de l'esclavage, du règlement du passif humanitaire de manière consensuelle, du bon déroulement du recensement surtout à Paris, de l'apaisement au plan politique sans oublier surtout les avancées au plan économique.
En dernier ressort, vu la montée des réflexes identitaires, de l'islamisme radical, de l'insécurité à nos frontières, la présence d'un homme de forte amplitude et qui aura constamment la main posée sur le couvercle de la marmite-mauritanie, est nécessaire. Car rien ne peut se construire dans l'instabilité et surtout dans l'insécurité.
Capitaine Ely Ould Krombele
Source : Ely Krombele

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