Enfumé par nos amis torodos, nous avons souvent écrit que monsieur Sarr était le mal-aimé de l’élite de la vallée car il ne serait pas noble. On a d’ailleurs lu ça souvent sur internet sans que personne ne vienne expliquer au citoyen lambda ce qu’il en est au juste car en fait c’est plus compliqué que ça. Les négro-mauritaniens en général n’aiment pas trop mettre sur la place publique ce qui pourrait les diviser face au pouvoir maure ou agiter un sujet qu’ils préfèrent taire à savoir la situation des castés en terre noire.
Etant ignorant de ces choses, j’ai demandé ici et là et le résultat est le même : on entend tout et n’importe quoi, ce qui est sûr c’est que Sarr est noble car il appartient à la branche thioubalo qui ne s'est pas mélangée avec les griots et autres castés.
Entre peuls, les torodos et les thioubalos, depuis une certaine conquête, vivent sans se mélanger malgré quelques mariages ici et là. Les torodos étant des peuls devenus sédentaires, ils sont considérés par les autres peuls comme étant des peuls dénaturés car un peul sédentaire comme sans troupeau est comme un roi sans couronne.
Pour les torodos ayant été à l’école du blanc, les thioubalos seraient des ignorants sauvages. Pour les thioubalos, les torodos sont des mendiants comme le prouverait la racine peule du mot torodo car en fait n’ayant pas de bétail ils venaient mendier chez les thioubalos le lait, les animaux et le beurre quand les troupeaux rentraient au bercail. Cela dit les torodos restent maîtres de la vallée mais les thioubalos s’amusent à dire qu’ils n’osent pas sortir de là car tout autour c’est le royaume des vrais peuls malgré les terres de la vallée que les torodos leur ont gazrées au nom de la force et de l’histoire en connivence avec les arabo-berbères avec lesquels ils ont pactisé en s’islamisant.
Grosso modo, on en apprend de belles : ainsi les torodos ne sont en terre thioubalo que depuis tout au plus 200 ans, avant eux ils y avaient les grandes familles Ba, Diallo, Sy, Ka… Il paraît que Kane qui sort de Diallo vient de khan mais les torodos ne pouvant prononcer le kh, cela devint Kane. Comme le torodo Ball serait tout récent, il viendrait de Ba, les deux « L » n’étant qu’une naturalisation après conquête…
De là que le Sarr n’a aucune chance d’avoir la moindre voix des torodos dans la vallée malgré son mariage avec une princesse torodo.
Au milieu de tout ça, les soninkés ne donneraient pour femmes aux peuls torodos ou thioubalos que les servantes de sorte que le noble peul en épousant une soninkée se retrouve avec des enfants captifs car l'hermétique société soninkée est matrilinéaire. Terribles soninkés qui pratiqueraient encore une curieuse recette pour rester entre eux à savoir que le fils qui s’en va en Europe gagner de l’argent laisse à son frère le droit de consommer son épouse et en rentrant il adoptera les enfants comme les siens.
Tout ça pour dire que nous attendons de nos frères négro-mauritaniens plus de détails sur tout ça alors que les maures, les hratines et les forgerons débattent sur la place publique de tout ça ce qui fait avancer les choses…
Au-delà des approximations que nous venons de dire, à ce titre plus sérieusement lire ceci :
« Stéréotypes et imaginaires sociaux en milieu haalpulaar
Classer, stigmatiser et toiser
Extrait : « la société haalpulaar est fortement hiérarchisée. Si, cette stratification tire son origine des activités socio-économiques, nous assistons, à la fin du XVIIIe siècle, à l’émergence d’un Parti maraboutique (lestoorobbe) qui devient très vite une classe sociale (intellectuelle) détentrice du savoir islamique, du pouvoir économique et politique. Dès lors, l’islam se transforme en un élément d’identification et en un prétexte pour la re-hiérarchisation de la société. De fait cette nouvelle catégorie absorbe des éléments issus de plusieurs groupes sociaux. Alors que, à l’origine, elle était ouverte à tous ceux qui, par leur savoir, pouvaient justifier de leurs connaissances de la religion musulmane, elle s’est rapidement fermée. Le parti devient élitiste, les nobles (toorobbe) deviennent des clercs (seerenbe).Même si beaucoup d’entre eux rejoignent la plèbe, leur statut social et leur filiation les font bénéficier plus que les autres de la réorganisation socio-politique. Ils intègrent cette aristocratie qui se constitue à partir de 1770.
Beaucoup de futurs nobles changent de patronyme afin d’échapper à la vindicte révolutionnaire (déchéance sociale, marginalisation économique et politique) et de profiter de l’ascension sociale qu’assure l’adhésion au Parti maraboutique. Cette période est caractérisée par des reconversions faites de nouvelles alliances et/ou d’allégeances de toute nature dont l’histoire et les mécanismes restent jalousement enfouis dans les mémoires. Les manipulations généalogiques sont l’une des caractéristiques fondamentales de cette volonté de dissimuler les origines. »
Abderrahmane N’Gaïde
Lire la suite…
http://etudesafricaines.revues.org/1463
Source:http://chezvlane.blogspot.fr
Etant ignorant de ces choses, j’ai demandé ici et là et le résultat est le même : on entend tout et n’importe quoi, ce qui est sûr c’est que Sarr est noble car il appartient à la branche thioubalo qui ne s'est pas mélangée avec les griots et autres castés.
Entre peuls, les torodos et les thioubalos, depuis une certaine conquête, vivent sans se mélanger malgré quelques mariages ici et là. Les torodos étant des peuls devenus sédentaires, ils sont considérés par les autres peuls comme étant des peuls dénaturés car un peul sédentaire comme sans troupeau est comme un roi sans couronne.
Pour les torodos ayant été à l’école du blanc, les thioubalos seraient des ignorants sauvages. Pour les thioubalos, les torodos sont des mendiants comme le prouverait la racine peule du mot torodo car en fait n’ayant pas de bétail ils venaient mendier chez les thioubalos le lait, les animaux et le beurre quand les troupeaux rentraient au bercail. Cela dit les torodos restent maîtres de la vallée mais les thioubalos s’amusent à dire qu’ils n’osent pas sortir de là car tout autour c’est le royaume des vrais peuls malgré les terres de la vallée que les torodos leur ont gazrées au nom de la force et de l’histoire en connivence avec les arabo-berbères avec lesquels ils ont pactisé en s’islamisant.
Grosso modo, on en apprend de belles : ainsi les torodos ne sont en terre thioubalo que depuis tout au plus 200 ans, avant eux ils y avaient les grandes familles Ba, Diallo, Sy, Ka… Il paraît que Kane qui sort de Diallo vient de khan mais les torodos ne pouvant prononcer le kh, cela devint Kane. Comme le torodo Ball serait tout récent, il viendrait de Ba, les deux « L » n’étant qu’une naturalisation après conquête…
De là que le Sarr n’a aucune chance d’avoir la moindre voix des torodos dans la vallée malgré son mariage avec une princesse torodo.
Au milieu de tout ça, les soninkés ne donneraient pour femmes aux peuls torodos ou thioubalos que les servantes de sorte que le noble peul en épousant une soninkée se retrouve avec des enfants captifs car l'hermétique société soninkée est matrilinéaire. Terribles soninkés qui pratiqueraient encore une curieuse recette pour rester entre eux à savoir que le fils qui s’en va en Europe gagner de l’argent laisse à son frère le droit de consommer son épouse et en rentrant il adoptera les enfants comme les siens.
Tout ça pour dire que nous attendons de nos frères négro-mauritaniens plus de détails sur tout ça alors que les maures, les hratines et les forgerons débattent sur la place publique de tout ça ce qui fait avancer les choses…
Au-delà des approximations que nous venons de dire, à ce titre plus sérieusement lire ceci :
« Stéréotypes et imaginaires sociaux en milieu haalpulaar
Classer, stigmatiser et toiser
Extrait : « la société haalpulaar est fortement hiérarchisée. Si, cette stratification tire son origine des activités socio-économiques, nous assistons, à la fin du XVIIIe siècle, à l’émergence d’un Parti maraboutique (lestoorobbe) qui devient très vite une classe sociale (intellectuelle) détentrice du savoir islamique, du pouvoir économique et politique. Dès lors, l’islam se transforme en un élément d’identification et en un prétexte pour la re-hiérarchisation de la société. De fait cette nouvelle catégorie absorbe des éléments issus de plusieurs groupes sociaux. Alors que, à l’origine, elle était ouverte à tous ceux qui, par leur savoir, pouvaient justifier de leurs connaissances de la religion musulmane, elle s’est rapidement fermée. Le parti devient élitiste, les nobles (toorobbe) deviennent des clercs (seerenbe).Même si beaucoup d’entre eux rejoignent la plèbe, leur statut social et leur filiation les font bénéficier plus que les autres de la réorganisation socio-politique. Ils intègrent cette aristocratie qui se constitue à partir de 1770.
Beaucoup de futurs nobles changent de patronyme afin d’échapper à la vindicte révolutionnaire (déchéance sociale, marginalisation économique et politique) et de profiter de l’ascension sociale qu’assure l’adhésion au Parti maraboutique. Cette période est caractérisée par des reconversions faites de nouvelles alliances et/ou d’allégeances de toute nature dont l’histoire et les mécanismes restent jalousement enfouis dans les mémoires. Les manipulations généalogiques sont l’une des caractéristiques fondamentales de cette volonté de dissimuler les origines. »
Abderrahmane N’Gaïde
Lire la suite…
http://etudesafricaines.revues.org/1463
Source:http://chezvlane.blogspot.fr
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