Mauritanie : l’opposition boycott les élections présidentielles



La capitale mauritanienne, Nouakchott, s’est réveillée ce 4 juin au son des protestations du Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNUD, rassemblement des principaux partis d’opposition), qui réclame un report de l’élection présidentielle, fixée au 21 juin.

Si le boycott annoncé par les principaux rivaux du président sortant, Ould Abdel Aziz, laisse peu de doute quant à l’issue du scrutin, la normalisation institutionnelle en cours est cruciale pour la stabilité du Sahel.

Grand favori du scrutin, Ould Abdel Aziz espère consolider son pouvoir et obtenir la légitimité qui lui fait défaut depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 2008. Cet ancien officier, membre de la junte qui a renversé Ould Taya en 2005, a été élu président de la République en 2009, lors d’une élection qui a donné une assise légale à son pouvoir mais a échoué à recueillir la reconnaissance des leaders de l’opposition.

De son côté, l’opposition a décidé de boycotter le scrutin, dénonçant le manque de transparence et la partialité de celui-ci. Le premier point d’achoppement concerne la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), accusée de servir les intérêts du Président.

Le fichier électoral est également en cause ; il écarterait sciemment des citoyens jugés hostiles au pouvoir, notamment les Négro-Mauritaniens. Enfin, l’agenda électoral est rejeté par l’opposition qui réclame un report du scrutin.

A la fin du mois, Abdel Aziz affrontera donc une opposition affaiblie par les défections de ses principaux leaders. Face à lui, se présenteront Boidiel Ould Houmeid, ancien ministre d’Ould Taya et chef du parti El Wiam, et Biram Ould Abeid, à la tête de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie.

Ces deux hommes appartiennent à la communauté des Haratins (Maures noirs), qui représente environ 40% de la population et dont une partie souffre encore de l’esclavage imposé par les arabo-berbères (Maures blancs). Mariem Moulay Idriss, proche du parti au pouvoir, sera la seule femme prenant part à ces élections. Enfin, Ibrahima Moctar Sarr, militant des droits des Négro-Mauritaniens, ayant recueilli 5% des voix en 2009, complète le tableau.

La diversité ethnique, politique et sexuelle des candidats en présence répond au souhait d’Abdel Aziz de présenter un scrutin incluant l’ensemble des composantes de la population. La probable réélection d’Abdel Aziz s’inscrit dans un climat sécuritaire tendu. Si l’intervention française au Mali a affaibli les mouvements djihadistes au Sahel, la Mauritanie demeure particulièrement menacée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) qui perpétue enlèvements et attaques visant les autorités officielles et les intérêts occidentaux.



Source:http://www.affaires-strategiques

Mercredi 4 Juin 2014
Boolumbal Boolumbal
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