La déroute de ma communauté wolof



Le collectif wolof, s’est réuni ce samedi, 23 août pour analyser la composition du premier gouvernement Yahya Ould Hadami. Le constat amer, de marginalisation a été hélas, partagé par tous. Cela, ne devrait pas selon certains leaders, entamer la détermination des wolofs à poursuivre leur lutte citoyenne, pour plus de considération et de respect.

Le 21 avril 2014, en recevant une délégation représentative de la communauté wolof, le Président de la république, très sensible à leurs doléances, avait promis d’y apporter remèdes, par une meilleure implication des wolofs dans les instances définitionnelles.

Le premier gouvernement du second quinquennat du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, vient d’être nommé, sans qu’aucun wolof n’y figure. Cela suscite incompréhension, déception et a été ressentie comme une grave atteinte à la dignité et aux revendications légitimes de cette communauté.

Mais en fait, Pourquoi a-t-on exclu les wolofs de ce gouvernement ? Quelle est la responsabilité des wolofs ? Que faut-il faire ou espérer maintenant ? Aziz avait promis fermement et sincèrement (je crois), de résoudre la question wolof. Que s’est il alors passé?

Les lobbies politico affairistes qui se sont déployés après l’investiture et même avant, n’ont laissé aucune chance aux laissés pour compte. Il fallait sacrifier les maillons faibles. Le wolof, désintéressé et naïvement suiviste, était la victime idéale et risque de le rester encore longtemps, si rien n’est fait.

Le Président a soit été induit en erreur par ses conseillers ou alors la promesse était simplement électoraliste. Dans l’un ou l’autre des cas, il a omis et a laissé sa propre communauté d’adoption en rade.

L’exclusion délibérée des wolofs, constitue incontestablement une menace à la cohésion nationale, tant recherchée. Le combat pacifique, sans trompette, de la minorité wolof, évolue tant soit peu, dans le bon sens. Il constitue aujourd’hui, un nouvel écueil au long chapelet des questions de droits de l’homme auxquelles, la Mauritanie doit répondre.

Au lieu d’inscrire leur engagement, dans la durée, les wolofs continuent de réagir de manière sporadique à des événements ponctuels, qui à terme les laissent toujours dans la déception et l’étonnement.

Cette communauté, menacée de disparition, devait réapprendre à faire de la politique et s’engager sans état d’âme dans une lutte rigoureuse et pacifique pour ses droits et sa dignité. Cet engagement devrait être plus assourdissant, au sein de la société civile, des syndicats, des partis politiques, des mouvements de jeunes, etc.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, un Rapport du Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a mentionné la problématique wolof en Mauritanie.

Ce Rapport confirme, en effet que «Des pratiques discriminatoires analogues (à l’exclusion, la marginalisation et l’exploitation) affectent, à des degrés divers, les autres communautés afro-mauritaniennes, en particulier la minorité wolof. »

Il est donc aisé, de comprendre que les wolofs continueront à s’organiser et à se mobiliser à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, pour une meilleure prise en compte de leur revendication d’inclusion.

Je reste persuadé que le Président de la république tiendra sa promesse, qui avait suscité beaucoup d’espoir, au sein de la communauté wolof. J’invite, les acteurs politiques et de la société civile à se mobiliser pour sauver le Wolof en Mauritanie. J’invite les hommes et les femmes, épris de justice à dénoncer la marginalisation de la composante wolof mauritanienne.

J’invite enfin les wolofs, à se mobiliser et à porter, une campagne nationale et internationale de plaidoyer pour la prise en compte de leurs revendications légitimes.

A ceux, qui taxent les wolofs de sectaires ou de communautaristes, je dis, ceci : nous sommes engagés pour une Mauritanie riche de sa diversité et nous soutiendrons, n'importe quelle composante nationale, victime de notre mal. Enfin, « le communautarisme est défini comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté. ».

Les wolofs, ne cherchent pas à imposer leur communauté, ni à s’enfermer sur eux, mais dénoncent une marginalisation, que personne ne veut prendre en charge. Mbejum kanam nak, borom rek mokamana fadjal bopam (Si on te gifle, c’est à toi d’agir).

Malick. Pallen


Source: Malick. Pallen via cridem.org

Dimanche 24 Août 2014
Boolumbal Boolumbal
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