A l’ère de la globalisation, où les frontières, quel qu’en soit le type, s’effritent, l’identité est inévitablement plurielle. Elle se nourrit des courants et phénomènes, sociétaux et culturels, que véhiculent la mondialisation et ses outils. En plus de cela, dans les pays où la diversité est facteur structurant de la société, l’identité ne peut être que plurielle. C’est le cas de la Mauritanie.
Les « concepts » pour ne pas dire « marqueurs », traditionnellement bien en vogue chez nous, d’ « Arabe », de « Maure », de « Marabout » ou « Torodo », de « Guerrier » ou « Ceddo » de « griot » ou « Gawlo », de « Hartanie », de « Maccudo », de « Noir », de « Blanc »… ne peuvent plus être les seuls critères déterminants de l’identité de quelqu’un. Ils en en sont des éléments constitutifs, du point de vue historique et suivant les marques qu’ils impriment sur tout un chacun. Il faut bien les assumer sans toutefois s’y enfermer, ni les renier. Ce serait dangereusement réducteur, au moment où la richesse de l’identité réside dans la pluralité, dans la multiplicité des affluents qui l’irriguent.
Je pense que c’est le sens aussi des propos, de LaHartaniya Rim, quand elle répond à certains par la mise au point qui va suivre ».
El Boukhary Mohaed Mouemel
Juillet 2014
De laHartanya Rim:
“Suite à la publication de mon texte sur Facebook et sur quelques sites mauritaniens, plusieurs personnes se sont approchées de moi en pensant me « consoler » pour me dire « Tu n’as pas à te chercher ; tu es une « bidhaniye », les « bidhanes » forment un ensemble culturel, les haratines en font partie tout comme les « malmin », les « igawn », les « zwaye » » ou encore « tu es une arabe noire ».
Ma langue maternelle est certes le hassaniya, j’aime la culture maure et la culture arabe en général et je me sens chanceuse d’y avoir baignée mais cela ne fait pas de moi une « bidhaniye » ni une arabe. Je trouve hypocrite de la part de mes compatriotes de venir me dire que je suis une mauresque comme les autres, arrêtons de nous voiler la face chers mauritaniens, arrêtons cette hypocrisie qui ne nous mènera nulle part. Un hartani restera un hartani et un bidhani restera un bidhani. Mais cela n’empêche pas qu’on puisse s’aimer et vivre ensemble en paix.
La différence est une richesse. S’il y a une chose que je déteste, c’est bien l’assimilation. Les haratines n’ont pas à s’assimiler ni aux Maures, ni aux Wolof, Haal Pular ou Soninké. Nous avons notre propre histoire qui est différente et aujourd’hui nous faisons face à des défis qui sont les nôtres. Je répète ce que j’ai dit dans un statut précédent : Je suis Hartaniye, donc négresse et descendante d’esclaves et je suis fière d’être mauritanienne, je me battrai pour une Mauritanie meilleure, une qui reconnaisse ce que chaque peuple a apporté à la civilisation mauritanienne. Malgré ce que mes grands-parents ont subi, je sais faire la part des choses et je me rends bien compte du contexte qui a prévalu. Mes grands-parents ont été kidnappés, vendus, achetés, battus, insulté et ont perdu jusqu’à l’utilisation de leur propre langue. Ils ont même perdu leurs racines : je ne sais pas d’où je viens exactement. Mais j’ai appris que ce n’était pas important, qu’il me suffisait d’être juste comme ma mère pour être dans la continuité du temps. Ce qui m’importe, c’est mon présent et le futur de mes enfants ; le passé de mes ancêtres je l’ai déjà pleuré parce que j’ai pu voir les séquelles que leur condition avait laissé dans le langage qui leur avait été adressé.
Aujourd’hui, les Haratines sont une population nombreuse marginalisée mais qui continue à croire en Dieu. En tant que Hartaniye, je n’ai aucune rancune envers les Maures blancs, donc les anciens maitres de mes ancêtres, j’ai su pardonner. Je suis mauritanienne de fait et de droit comme tous les Haratines qui n’ont pas demandé à être là. Maintenant qu’ils le sont, ils le sont entier et pas à moitié.
J’ai habité 8 ans en France où j’ai obtenu un doctorat. Pour en arriver là, je me suis battu et je n’ai pas utilisé mon statut d’ancienne esclave pour jouir d’une carte de séjour plus simple à acquérir, je n’ai pas sali mon pays ni diminué les miens aux yeux de qui que ce soit. « LaHartaniya » que je suis, souhaite seulement souligner ces injustices qui s’sévissent et empêchent une meilleure harmonisation de la nation. Je crois en un futur meilleur, je n’ai pas perdu espoir ni pour mon pays ni pour mes frères et sœurs Haratine. Le chemin est encore long mais nous y parviendrons avec l’aide d’Allah. Salam ». LaHartanya Rim
Source:http://adrar-info.net
Les « concepts » pour ne pas dire « marqueurs », traditionnellement bien en vogue chez nous, d’ « Arabe », de « Maure », de « Marabout » ou « Torodo », de « Guerrier » ou « Ceddo » de « griot » ou « Gawlo », de « Hartanie », de « Maccudo », de « Noir », de « Blanc »… ne peuvent plus être les seuls critères déterminants de l’identité de quelqu’un. Ils en en sont des éléments constitutifs, du point de vue historique et suivant les marques qu’ils impriment sur tout un chacun. Il faut bien les assumer sans toutefois s’y enfermer, ni les renier. Ce serait dangereusement réducteur, au moment où la richesse de l’identité réside dans la pluralité, dans la multiplicité des affluents qui l’irriguent.
Je pense que c’est le sens aussi des propos, de LaHartaniya Rim, quand elle répond à certains par la mise au point qui va suivre ».
El Boukhary Mohaed Mouemel
Juillet 2014
De laHartanya Rim:
“Suite à la publication de mon texte sur Facebook et sur quelques sites mauritaniens, plusieurs personnes se sont approchées de moi en pensant me « consoler » pour me dire « Tu n’as pas à te chercher ; tu es une « bidhaniye », les « bidhanes » forment un ensemble culturel, les haratines en font partie tout comme les « malmin », les « igawn », les « zwaye » » ou encore « tu es une arabe noire ».
Ma langue maternelle est certes le hassaniya, j’aime la culture maure et la culture arabe en général et je me sens chanceuse d’y avoir baignée mais cela ne fait pas de moi une « bidhaniye » ni une arabe. Je trouve hypocrite de la part de mes compatriotes de venir me dire que je suis une mauresque comme les autres, arrêtons de nous voiler la face chers mauritaniens, arrêtons cette hypocrisie qui ne nous mènera nulle part. Un hartani restera un hartani et un bidhani restera un bidhani. Mais cela n’empêche pas qu’on puisse s’aimer et vivre ensemble en paix.
La différence est une richesse. S’il y a une chose que je déteste, c’est bien l’assimilation. Les haratines n’ont pas à s’assimiler ni aux Maures, ni aux Wolof, Haal Pular ou Soninké. Nous avons notre propre histoire qui est différente et aujourd’hui nous faisons face à des défis qui sont les nôtres. Je répète ce que j’ai dit dans un statut précédent : Je suis Hartaniye, donc négresse et descendante d’esclaves et je suis fière d’être mauritanienne, je me battrai pour une Mauritanie meilleure, une qui reconnaisse ce que chaque peuple a apporté à la civilisation mauritanienne. Malgré ce que mes grands-parents ont subi, je sais faire la part des choses et je me rends bien compte du contexte qui a prévalu. Mes grands-parents ont été kidnappés, vendus, achetés, battus, insulté et ont perdu jusqu’à l’utilisation de leur propre langue. Ils ont même perdu leurs racines : je ne sais pas d’où je viens exactement. Mais j’ai appris que ce n’était pas important, qu’il me suffisait d’être juste comme ma mère pour être dans la continuité du temps. Ce qui m’importe, c’est mon présent et le futur de mes enfants ; le passé de mes ancêtres je l’ai déjà pleuré parce que j’ai pu voir les séquelles que leur condition avait laissé dans le langage qui leur avait été adressé.
Aujourd’hui, les Haratines sont une population nombreuse marginalisée mais qui continue à croire en Dieu. En tant que Hartaniye, je n’ai aucune rancune envers les Maures blancs, donc les anciens maitres de mes ancêtres, j’ai su pardonner. Je suis mauritanienne de fait et de droit comme tous les Haratines qui n’ont pas demandé à être là. Maintenant qu’ils le sont, ils le sont entier et pas à moitié.
J’ai habité 8 ans en France où j’ai obtenu un doctorat. Pour en arriver là, je me suis battu et je n’ai pas utilisé mon statut d’ancienne esclave pour jouir d’une carte de séjour plus simple à acquérir, je n’ai pas sali mon pays ni diminué les miens aux yeux de qui que ce soit. « LaHartaniya » que je suis, souhaite seulement souligner ces injustices qui s’sévissent et empêchent une meilleure harmonisation de la nation. Je crois en un futur meilleur, je n’ai pas perdu espoir ni pour mon pays ni pour mes frères et sœurs Haratine. Le chemin est encore long mais nous y parviendrons avec l’aide d’Allah. Salam ». LaHartanya Rim
Source:http://adrar-info.net

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