Contexte historique
En 1983, le Comité Militaire de Salut National adopta l'ordonnance 83/127 du 25 juin de la même en année. Cette ordonnance dite de réforme foncière et domaniale n'a depuis lors servi qu'à renforcer le système de discrimination raciale érigé en système de gouvernement au profit de la minorité arabo-berbère et au détriment de la grande majorité des noirs du pays composée de harratines, de haalpulaar'en, de sooninkos, et de wolofs et de bamanans.
Depuis cette date, et sous-couvert de cette ordonnance, les expropriations foncières se sont multipliées dans la vallée du fleuve Sénégal, zone d'habitat historique des populations négro-mauritaniennes. Ces expropriations ont exclusivement été faites au profit de l'agro-business arabo-berbère, de spéculateurs fonciers beïdanes sans aucun projet agricole, et de l'agro-business étranger composé principalement de bailleurs arabes comme les saoudiens, les émiratis, et les marocains.
En 1981, le même comité militaire, avait pour la première fois, formellement aboli l'esclavage en Mauritanie. Mais comme toujours, les esclaves, officiellement appelés anciens-esclaves, demeuraient sous le joug de leurs maîtres, la loi cynique de 1981, exigeant l'indemnisation des maîtres pour tout projet de libération. Mais avec la pression des organisations de lutte contre l'esclavage et la communauté internationale, le pouvoir mauritanien de Ould Taya chercha tant bien que mal à étouffer la contestationgrandissante. En 1989, suite au conflit qui l'opposa au Sénégal voisin, il déporta des milliers de négro-mauritaniens en majorité haalpulaar'en au Sénégal et au Mali. Des dizaines de villages et leurs champs, ainsi que les terres appartenant aux Sénégalais de la vallée du fleuve, furent réoccupés par des maures essentiellement issus des haratines anciens esclaves. Malgré l'accord tripartite de 2007 entre la Mauritanie, le Sénégal, et la Haut Commissariat aux réfugiés qui définissait les conditions de retour des déportés au Sénégal, la très grande majorité des déportés rentrés au pays n'a pu retrouver ni ses villages ni ses terres. Au contraire, les populations occupantes et les anciens déportés très souvent réinstallés à la lisière de leur village, se regardent en chien et chat jusqu'au jour où la situation explosera. Le gouvernement se refusant à toute tentative de rétrocéder les terres à leurs anciens propriétaires. En effet, le véritable blocage se situerait ailleurs. Les esclaves harratines ont de tout temps habité des villages-champs appelés « adwaba » qu'ils cultivaient au profit de leurs maîtres qui ne leur ont toujours laissé après la récolte que le minimum pour survivre. L'occupation des terres inondables de la vallée ou mises en valeur pour les besoins de la riziculture, obéirait à la même logique suite à la longue sécheresse des années 70 à 90 qui a rendu les terres des « adwabas » inaptes à toute forme d'agriculture. Aujourd'hui encore, cette pratique appelée « esclavage foncier » par certaines organisations de lutte contre l'esclavage est plus que d'actualité, aussi bien dans la vallée du fleuve que dans les « adwabas » ayant échappés aux aléas de la sécheresse. Il n'est pas rare d'ailleurs de voir des terres, jadis défrichées et cultivées par les harratinesesclaves ou anciens esclaves, subitement vendues par des soi-disant anciens maîtres propriétaires des terres.
Contexte actuel
C'est pour lutter contre toutes ces pratiques discriminatoires d'un autre âge, que l'ONG Kawtal, en collaboration avec 7 autres associations, a initié une caravane de sensibilisation du 07 au 11 novembre 2014. Suite à cette caravane, Djiby SOW le Président de Kawtal, Biram Dah Ould Abeid président de IRA (Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie), et 9 autres militants du même mouvement, sont arrêtés et inculpés par les autorités mauritaniennes. 11 autres militants de IRA sont détenus à Nouakchott depuis plus d'un mois sans aucune inculpation.
En plus de cela encore, le 24 décembre 2014, Mohamed Cheikh Ould Mohamed a été condamné à mort pour « apostasie » pour avoir critiqué le système de caste et les inégalités qu’il engendre en Mauritanie ainsi que sa conformité avec le Coran. Arrêté et détenu depuis le 2 janvier 2014, le jeune homme avait été menacé de mort à plusieurs reprises par des hordes fanatiques manipulées par des pseudos groupuscules islamistes proche du pouvoir actuel
Cette condamnation, la première pour « apostasie » en Mauritanie depuis l’indépendance, constitue un recul de la tolérance et démontre à quel point les questions de caste, de religion, d’esclavage et de racisme sont tabous en Mauritanie.
Forts de cette réalité et animés par le souci d’œuvrer pour une Mauritanie juste et égalitaire pour Tous sans exception aucune, Nous, Associations de la Diaspora mauritanienne de France :
• exigeons du pouvoir mauritanien l'annulation pure et simple de toutes les expropriations foncières depuis 1983 à nos jours ;
• rappelons au pouvoir que la terre, conformément à l'ordonnance 83/127 du 05 juin 1983, appartient à celui qui la cultive et aux ayants droits et non à de soi-disant maîtres esclavagistes ;
• exigeons la libération immédiate et sans condition de tous les détenus suite à la caravane contre les expropriations foncières du 07 au 11 novembre 2014.
Paris, le 03 janvier 2015,
Source:mariam kane
En 1983, le Comité Militaire de Salut National adopta l'ordonnance 83/127 du 25 juin de la même en année. Cette ordonnance dite de réforme foncière et domaniale n'a depuis lors servi qu'à renforcer le système de discrimination raciale érigé en système de gouvernement au profit de la minorité arabo-berbère et au détriment de la grande majorité des noirs du pays composée de harratines, de haalpulaar'en, de sooninkos, et de wolofs et de bamanans.
Depuis cette date, et sous-couvert de cette ordonnance, les expropriations foncières se sont multipliées dans la vallée du fleuve Sénégal, zone d'habitat historique des populations négro-mauritaniennes. Ces expropriations ont exclusivement été faites au profit de l'agro-business arabo-berbère, de spéculateurs fonciers beïdanes sans aucun projet agricole, et de l'agro-business étranger composé principalement de bailleurs arabes comme les saoudiens, les émiratis, et les marocains.
En 1981, le même comité militaire, avait pour la première fois, formellement aboli l'esclavage en Mauritanie. Mais comme toujours, les esclaves, officiellement appelés anciens-esclaves, demeuraient sous le joug de leurs maîtres, la loi cynique de 1981, exigeant l'indemnisation des maîtres pour tout projet de libération. Mais avec la pression des organisations de lutte contre l'esclavage et la communauté internationale, le pouvoir mauritanien de Ould Taya chercha tant bien que mal à étouffer la contestationgrandissante. En 1989, suite au conflit qui l'opposa au Sénégal voisin, il déporta des milliers de négro-mauritaniens en majorité haalpulaar'en au Sénégal et au Mali. Des dizaines de villages et leurs champs, ainsi que les terres appartenant aux Sénégalais de la vallée du fleuve, furent réoccupés par des maures essentiellement issus des haratines anciens esclaves. Malgré l'accord tripartite de 2007 entre la Mauritanie, le Sénégal, et la Haut Commissariat aux réfugiés qui définissait les conditions de retour des déportés au Sénégal, la très grande majorité des déportés rentrés au pays n'a pu retrouver ni ses villages ni ses terres. Au contraire, les populations occupantes et les anciens déportés très souvent réinstallés à la lisière de leur village, se regardent en chien et chat jusqu'au jour où la situation explosera. Le gouvernement se refusant à toute tentative de rétrocéder les terres à leurs anciens propriétaires. En effet, le véritable blocage se situerait ailleurs. Les esclaves harratines ont de tout temps habité des villages-champs appelés « adwaba » qu'ils cultivaient au profit de leurs maîtres qui ne leur ont toujours laissé après la récolte que le minimum pour survivre. L'occupation des terres inondables de la vallée ou mises en valeur pour les besoins de la riziculture, obéirait à la même logique suite à la longue sécheresse des années 70 à 90 qui a rendu les terres des « adwabas » inaptes à toute forme d'agriculture. Aujourd'hui encore, cette pratique appelée « esclavage foncier » par certaines organisations de lutte contre l'esclavage est plus que d'actualité, aussi bien dans la vallée du fleuve que dans les « adwabas » ayant échappés aux aléas de la sécheresse. Il n'est pas rare d'ailleurs de voir des terres, jadis défrichées et cultivées par les harratinesesclaves ou anciens esclaves, subitement vendues par des soi-disant anciens maîtres propriétaires des terres.
Contexte actuel
C'est pour lutter contre toutes ces pratiques discriminatoires d'un autre âge, que l'ONG Kawtal, en collaboration avec 7 autres associations, a initié une caravane de sensibilisation du 07 au 11 novembre 2014. Suite à cette caravane, Djiby SOW le Président de Kawtal, Biram Dah Ould Abeid président de IRA (Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie), et 9 autres militants du même mouvement, sont arrêtés et inculpés par les autorités mauritaniennes. 11 autres militants de IRA sont détenus à Nouakchott depuis plus d'un mois sans aucune inculpation.
En plus de cela encore, le 24 décembre 2014, Mohamed Cheikh Ould Mohamed a été condamné à mort pour « apostasie » pour avoir critiqué le système de caste et les inégalités qu’il engendre en Mauritanie ainsi que sa conformité avec le Coran. Arrêté et détenu depuis le 2 janvier 2014, le jeune homme avait été menacé de mort à plusieurs reprises par des hordes fanatiques manipulées par des pseudos groupuscules islamistes proche du pouvoir actuel
Cette condamnation, la première pour « apostasie » en Mauritanie depuis l’indépendance, constitue un recul de la tolérance et démontre à quel point les questions de caste, de religion, d’esclavage et de racisme sont tabous en Mauritanie.
Forts de cette réalité et animés par le souci d’œuvrer pour une Mauritanie juste et égalitaire pour Tous sans exception aucune, Nous, Associations de la Diaspora mauritanienne de France :
• exigeons du pouvoir mauritanien l'annulation pure et simple de toutes les expropriations foncières depuis 1983 à nos jours ;
• rappelons au pouvoir que la terre, conformément à l'ordonnance 83/127 du 05 juin 1983, appartient à celui qui la cultive et aux ayants droits et non à de soi-disant maîtres esclavagistes ;
• exigeons la libération immédiate et sans condition de tous les détenus suite à la caravane contre les expropriations foncières du 07 au 11 novembre 2014.
Paris, le 03 janvier 2015,
Source:mariam kane

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