Tous les mois appartiennent à Dieu. Il y a de ces mois au cours desquels les hommes s’allient avec les démons pour verser le sang des innocents. En Mauritanie, le mois de novembre portera à jamais les empreintes d’une haine viscérale. Si certains se lèvent au petit matin de ce jour pour contempler le drapeau de la patrie, chanter l’hymne national et célébrer notre indépendance acquise le 28 novembre 1960, d’autres se consolent dans un douloureux deuil. Beaucoup de larmes coulent sur les joues des veuves et des orphelins des 28 officiers noirs atrocement pendus dans le camp d’Inal. De ce fait, la nuit du 27 au 28 novembre 1990 caractérise à la fois la terreur et l’incompréhension. La fierté nationale a été sacrifiée sur l’autel de la bêtise humaine. Lorsque le symbole se transforme en tragédie, l’infamie supplante l’humanité. Lugubre fête nationale ! Douloureuse célébration.
Le 28 novembre, c’est également la date d’indépendance d’un pays qui ne s’est jamais libéré du joug militaire, de l’esclavage, du tribalisme, du régionalisme, du racisme et de la féodalité. Une nation prisonnière des manigances de certains hauts gradés et des pilleurs des deniers publics qui sapent continuellement tout effort de re-construction d’une Mauritanie fondée sur la justice et l’égalité.
Lorsqu’être noir était un délit passible à la peine de mort, la machine étatique raciste a dévoré des milliers de négro-mauritaniens. Hommes, femmes, enfants, handicapés et pauvres, le noir devait mourir. Le mobile de destruction consistait à épurer l’élite militaire noire. Et ce sont les bourreaux qui reprennent aujourd’hui leurs galons. Il a fallu exterminer. Tuer, encore sauvagement tuer, pour que la race des officiers soit épurée.
Les 28 officiers pendus à Inal font partie de cette triste liste de 524 militaires assassinés par l’Etat mauritanien. Ils sont morts suite à des sévices physiques et à la torture injustifiée. D’Akjoujt à Sorimalé, des soldats noirs ont été tués à bout portant par leur frère d’armes, qui choisissaient tranquillement leurs cibles. D’autres ont subi le supplice de l’écartèlement au moyen de Pick-up. Les commanditaires des meurtres assassinaient leurs compagnons de parcours de leurs propres mains. Lorsqu’ils voulaient humilier, ils envoyaient un simple troupier abattre froidement son ex-chef agonisant. Tous ces massacres ont été commis par des tortionnaires qui sont toujours en vie. Leur seul objectif consistait à profiter d’un chaos pour régler des comptes à leurs alter-égos négro-mauritaniens, apparemment trop « patriotes ». Bourreaux hier, généraux et colonels aujourd’hui.
Nouakchott, Aleg, Jreida et enfin, lugubre Inal, le seul mot d’ordre que les « pieux moustachus de l’armée » avaient en bouche : Diable aide-nous à décimer le Kowri (Nègre). La bestialité était la marque des camps de tortures. Dans ces lieux infâmes, les aboiements des chiens dissimulaient les gémissements des mourants psalmodiant les noms du Miséricordieux. Aucune pitié ! Selon les mémoires d’un rescapé, seul le chien de l’un des bourreaux en appelait au secours du Ciel. Dieu entend les plaintes des braves. Seulement, les pourfendeurs des lois divines avaient déjà reniflé le sang noir. Ceux-là même qui nous dirigent aujourd’hui en nous signifiant que l’humanisme et le patriotisme habitent leurs âmes. Gouverner c’est prévoir, ils avaient lugubrement préparé leur ambition pour la Mauritanie. Chez nous, on refuse de le voir, la bassesse humaine s’accouple avec la bêtise. C’est seulement dans les régimes narcissiques que l’on s’entête à traduire les coupables devant les tribunaux. Citoyens, exigez la justice pour les martyrs.
Il est temps que le dossier des 28 officiers pendus ne trahisse plus notre joie le jour de notre fête nationale. Un tribunal exceptionnel doit juger les tortionnaires qui marchent sur les ossements de leurs victimes. Notre refus de l’impunité rappelle aux dirigeants la responsabilité de mettre sur pied une commission « Vérité et Justice » afin que toute la lumière soit faite sur ces horreurs. Enfin, nul ne doit oublier que les martyrs ont été accusés d’un coup d’Etat fantôme. Les familles attendent toujours de faire leur deuil. Or, de vrais putschistes, les « Cavaliers du Changement » ayant tué des hommes sont élevés au rang des héros de la nation. Notre mémoire est-elle sélective ? Notre justice partisane ? L’Etat doit honorer les victimes des 28 en créant un édifice national pour conserver leur mémoire.
Bâ Sileye
Sileye87@gmail.com
Source: http://sileyevoixlibre.over-blog.com/
Le 28 novembre, c’est également la date d’indépendance d’un pays qui ne s’est jamais libéré du joug militaire, de l’esclavage, du tribalisme, du régionalisme, du racisme et de la féodalité. Une nation prisonnière des manigances de certains hauts gradés et des pilleurs des deniers publics qui sapent continuellement tout effort de re-construction d’une Mauritanie fondée sur la justice et l’égalité.
Lorsqu’être noir était un délit passible à la peine de mort, la machine étatique raciste a dévoré des milliers de négro-mauritaniens. Hommes, femmes, enfants, handicapés et pauvres, le noir devait mourir. Le mobile de destruction consistait à épurer l’élite militaire noire. Et ce sont les bourreaux qui reprennent aujourd’hui leurs galons. Il a fallu exterminer. Tuer, encore sauvagement tuer, pour que la race des officiers soit épurée.
Les 28 officiers pendus à Inal font partie de cette triste liste de 524 militaires assassinés par l’Etat mauritanien. Ils sont morts suite à des sévices physiques et à la torture injustifiée. D’Akjoujt à Sorimalé, des soldats noirs ont été tués à bout portant par leur frère d’armes, qui choisissaient tranquillement leurs cibles. D’autres ont subi le supplice de l’écartèlement au moyen de Pick-up. Les commanditaires des meurtres assassinaient leurs compagnons de parcours de leurs propres mains. Lorsqu’ils voulaient humilier, ils envoyaient un simple troupier abattre froidement son ex-chef agonisant. Tous ces massacres ont été commis par des tortionnaires qui sont toujours en vie. Leur seul objectif consistait à profiter d’un chaos pour régler des comptes à leurs alter-égos négro-mauritaniens, apparemment trop « patriotes ». Bourreaux hier, généraux et colonels aujourd’hui.
Nouakchott, Aleg, Jreida et enfin, lugubre Inal, le seul mot d’ordre que les « pieux moustachus de l’armée » avaient en bouche : Diable aide-nous à décimer le Kowri (Nègre). La bestialité était la marque des camps de tortures. Dans ces lieux infâmes, les aboiements des chiens dissimulaient les gémissements des mourants psalmodiant les noms du Miséricordieux. Aucune pitié ! Selon les mémoires d’un rescapé, seul le chien de l’un des bourreaux en appelait au secours du Ciel. Dieu entend les plaintes des braves. Seulement, les pourfendeurs des lois divines avaient déjà reniflé le sang noir. Ceux-là même qui nous dirigent aujourd’hui en nous signifiant que l’humanisme et le patriotisme habitent leurs âmes. Gouverner c’est prévoir, ils avaient lugubrement préparé leur ambition pour la Mauritanie. Chez nous, on refuse de le voir, la bassesse humaine s’accouple avec la bêtise. C’est seulement dans les régimes narcissiques que l’on s’entête à traduire les coupables devant les tribunaux. Citoyens, exigez la justice pour les martyrs.
Il est temps que le dossier des 28 officiers pendus ne trahisse plus notre joie le jour de notre fête nationale. Un tribunal exceptionnel doit juger les tortionnaires qui marchent sur les ossements de leurs victimes. Notre refus de l’impunité rappelle aux dirigeants la responsabilité de mettre sur pied une commission « Vérité et Justice » afin que toute la lumière soit faite sur ces horreurs. Enfin, nul ne doit oublier que les martyrs ont été accusés d’un coup d’Etat fantôme. Les familles attendent toujours de faire leur deuil. Or, de vrais putschistes, les « Cavaliers du Changement » ayant tué des hommes sont élevés au rang des héros de la nation. Notre mémoire est-elle sélective ? Notre justice partisane ? L’Etat doit honorer les victimes des 28 en créant un édifice national pour conserver leur mémoire.
Bâ Sileye
Sileye87@gmail.com
Source: http://sileyevoixlibre.over-blog.com/

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