Résolution sur la question nationale



Résolution sur la question nationale
Considérant le caractère multinational de notre peuple qui, au-delà de la diversité, des différends conjoncturels, est constitué de communautés ayant partagé le même espace, les mêmes références historiques, des conditions économiques et sociales similaires, puisant des références culturelles communes, en particulier celles relatives à l’Islam ;

Considérant l’intensification des pratiques discriminatoires dans le secteur public (fonction publique générale, administration territoriale, forces armées et de sécurité etc.), en faveur des Mauritaniens de la nationalité arabe, du fait de la faiblesse des négro-africains en arabe ;

Considérant que dans le secteur privé il y a de forts penchants pour les négro-africains mauritaniens (généralement mieux outillés en français), au détriment de leurs compatriotes de la nationalité arabe ;

Considérant les manipulations du pouvoir au niveau des établissements scolaires et universitaires, aboutissant à opposer les revendications légitimes de certaines composantes estudiantines à celles non moins légitimes d’autres ;

Considérant la persistance des pratiques discriminatoires notamment dans l’enrôlement à vocation d’état civil, malgré les améliorations constatées suite aux luttes et protestations des victimes de ces pratiques ;

Considérant la multiplication des pratiques de spoliation à vaste échelle des terres de cultures et de pâturages des populations vulnérables de la vallée, en faveur d’investisseurs spéculateurs exportateurs, au détriment de la production nationale et de l’autosuffisance alimentaire ;

Considérant le chauvinisme d’État, la persistance de forts relents relatifs aux événements de 89-91, le traitement démagogique et clientéliste du passif humanitaire, l’existence de deux mondes au sein des populations, nourris de suspicions, de préjugés ;

Considérant que le pouvoir et le système politique et social en place sont les seuls responsables des pratiques discriminatoires, en particulier chauvines ;

Considérant que c’est l’ensemble du peuple mauritanien, dans toutes ses composantes, qui est victime de la dictature de Mohamed Ould Abdel Aziz, et que ce dernier fait preuve de démagogie et s’emploie à opposer ces composantes, dans le cadre de sa politique de « diviser pour régner » ;

Le Bureau National de l’Union des Forces de Progrès, réuni en session extraordinaire les 23, 24 et 25 août 2012,

- Condamne avec force toutes les pratiques discriminatoires de type identitaire, notamment le chauvinisme et le népotisme du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ;

- Appelle le peuple mauritanien dans son ensemble, à un sursaut national, au rétablissement de relations fraternelles et mutuellement bénéfiques entre les communautés, en vue de restaurer le sens national, celui de l’appartenance à une patrie commune ;

- Exige l’achèvement du processus de rapatriement des déportés et réfugiés victimes des évènements de 1989, notamment ceux se trouvant au Mali, en vue de leur rétablissement dans leur nationalité et l’ensemble de leurs droits, ainsi que la réintégration et l’indemnisation des fonctionnaires et autres travailleurs, victimes des mêmes évènements ;

- Insiste sur l’exigence de mettre fin à la discrimination par la langue de formation, quelle qu’elle soit, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie publique, et l’application rigoureuse des principes d’égalité et d’équité entre les citoyens et les communautés nationales, en vue de mettre fin au chauvinisme d’Etat menaçant la paix, la stabilité et l’unité du pays.

Fait à Nouakchott le 25 aout 2012



--------------------------------------------------------------------------------

Résolution sur la situation générale du pays

Réuni en session extraordinaire les 23, 24 et 25 août 2012, le Bureau National de l’Union des Forces de Progrès est parvenu aux conclusions suivantes :

1. C’est dans un contexte de crise générale, multidimensionnelle et multiforme, aussi bien au plan mondial, régional et national que se déroulent les assises du Bureau National de l’UFP.

2. L’effervescence a gagné le monde arabe (le « Printemps arabe) depuis plus d’une année, engendrant le renversement de régimes dictatoriaux, comme en Tunisie et en Egypte, même si les atteintes aux droits humains et l’injustice à l’égard de certaines catégories sociales (en particulier les H’raatin) persistent encore.

3. Du fait de l’activisme de certains groupes politico-militaires, la région soudano-sahélienne court des risques inquiétants de basculement dans l’instabilité chronique, voire le chaos, comme dans le Nord du Mali et dans le pays d’une manière générale.

4. Le chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures du Mali, de soutenir certains groupes séparatistes et de mener des opérations militaires (soutenues par Sarkozy) dans ce pays frère. Il porte une part de responsabilité significative dans le pourrissement de la situation intérieure du Mali.

5. Du fait de la dépendance politique et économique de la Mauritanie à l’égard de l’étranger, de l’influence de la crise mondiale sur la situation intérieure de notre pays, sa fragilité n’a cessé de s’aggraver.

6. Avec l’accroissement des ressources minières et halieutiques, les recettes du pays n’ont pas manqué de s’accroître. Néanmoins, les prix des denrées de première nécessité n’ont cessé d’augmenter, la misère, les maladies, le chômage, la crise du logement et la déperdition scolaire de s’aggraver.

7. On assiste, en même temps, à l’enrichissement illicite, à la corruption et à la gabegie au niveau d’une minorité d’affairistes monopolistes, regroupés surtout autour du Chef de l’État, tenant l’État en otage, en utilisant ses rouages à des fins prévaricatrices.

8. C’est dire donc que l’aggravation de la situation économique et sociale du pays résulte surtout du mode de gestion calamiteux du Chef de l’État. L’irresponsabilité et l’incompétence prévalent au plus haut niveau, les richesses de tous ordres sont accaparées par une minorité, étouffant ainsi le milieu des affaires, au grand désespoir des véritables opérateurs économiques.

9. Une grave sécheresse a frappé les campagnes mauritaniennes pendant plus d’une année, engendrant une catastrophe sans nom pour les agriculteurs et les éleveurs dont les récoltes et le cheptel ont été, pour l’essentiel, détruits ou décimés. Le « plan d’urgence » tardif, dit « Emel 2012 », d’un montant de 45 milliards d’ouguiyas, a surtout servi à nourrir des prévaricateurs et à alimenter les circuits de détournement des « aides », au détriment des masses populaires, en particulier des éleveurs et des paysans.

10. Par des pratiques discriminatoires diverses, des déclarations provocatrices, le régime en place ne cesse d’approfondir le malaise au sein des populations négro-africaines et d’affaiblir ainsi l’unité nationale.

11. La Mauritanie traverse une grave crise institutionnelle et politique. Pour des raisons liées à sa convenance personnelle, le Chef de l’État a décidé de reporter, de manière unilatérale, les élections municipales et législatives, arrivées à échéance depuis septembre 2011.

Il a violé ainsi, non seulement la Constitution et les lois en vigueur, mais également les engagements pris auprès de la communauté nationale et de nos partenaires, lors de l’Accord de Dakar de 2009.

12. Les Communes et le Parlement, dont le mandat a expiré depuis octobre et novembre 2011, ont perdu leurs prérogatives constitutionnelles et légales, donc leur légitimité. Il en est de même pour le gouvernement qui ne dispose plus d’assise parlementaire majoritaire comme l’exige la Constitution.

13. Le Chef de l’État a porté à la direction de l’Institution ayant en charge l’état-civil, un responsable qui n’en a ni les compétences, ni l’expérience, ne devant sa présence à ce niveau que la seule proximité avec M. Mohamed Ould Abdel Aziz. Des données importantes de l’état-civil ont été détruites, des milliers de citoyens se retrouvant ainsi exclus des listes électorales. Il en résulte que les élections envisagées risquent d’exclure des dizaines de milliers de citoyens, compromettant d’avance leur fiabilité.

Le Bureau National de l’UFP :

1. Lance un appel pressant à l’ensemble des Mauritaniens pour qu’ils contribuent à la recherche de la paix au Mali par le dialogue entre les parties prenantes, en se gardant de toute immixtion dans leurs affaires intérieures ;

2. Dénonce la responsabilité du régime du Président Mohamed Ould Abdel Aziz dans l’aggravation de la crise économique, politique, sociale et sécuritaire que traverse le pays, en particulier sa gestion calamiteuse des dossiers les plus sensibles qui affectent la survie des populations ;

3. Flétrit la politique systématique de bradage des richesses nationales, d’accaparement et de gestion clientéliste des ressources du pays par le pouvoir de M. Mohamed Ould Abdel Aziz, au profit d’une infime minorité de ses proches. Le pays, par exemple, ne retire que de maigres pourcentages de l’exploitation et de la vente de l’or (3 %), les travailleurs des entreprises concernées et les populations mauritaniennes d’une manière générale, ne bénéficient d’aucune retombée significative de leurs richesses propres ;

Le BN de l’UFP :

4. Dénonce l’absence de volonté du pouvoir d’appliquer la législation en vigueur dans le domaine de la lutte contre les survivances et les poches de l’esclavage ;

5. Nourrit de profondes inquiétudes à l’égard de la politique de discrimination de plus en plus dangereuse suivie à l’égard des les négro-africains ;

6. Attire l’attention de l’ensemble des Mauritaniens et de leurs amis de par le monde, sur la grave crise institutionnelle et le vide juridique qui résultent de l’expiration des prérogatives des Communes et du Parlement ;

7. Rejette toute élection non consensuelle organisée unilatéralement par le régime de M. Mohamed ould Abdel Aziz et la considère comme juridiquement inexistante et politiquement inacceptable. Notre parti ne manquera de s’y opposer de toutes ses forces et par tous les moyens.

8. L’UFP réitère son engagement à œuvrer avec la COD et l’ensemble des forces politiques et sociales pour sortir le pays de l’impasse actuelle et restaurer une véritable démocratie pluraliste. Cela suppose la mise à l’écart du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, la mise en branle d’un processus de règlement consensuel de la crise, fondé sur l’émergence d’un gouvernement de large union nationale.

9. C’est sur cette base qu’il sera possible d’organiser des élections générales (présidentielles, parlementaires et municipales), libres démocratiques et transparentes. Il s’agira alors de démanteler la dictature en place et d’appliquer un programme d’urgence économique et sociale en faveur de l’immense majorité des populations ;

10. Le Bureau National de l’Union des Forces de Progrès exhorte l’ensemble de la classe politique, sans exclusive, toute la société civile et les personnalités patriotiques de bonne volonté à tenir, de toute urgence, un forum de large concertation ouvrant la voie à une sortie de crise consensuelle et apaisée.

Fait à Nouakchott le 25 aout 2012


Mardi 18 Septembre 2012
Boolumbal Boolumbal
Lu 308 fois





Les plus récentes
Boolumbal Boolumbal | 05/01/2026 | 1549 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
Boolumbal Boolumbal | 07/11/2025 | 5501 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire


Attention ! Pas d'amalgames...
Publié par Boolumbal Boolumbal le 07/11/2025 à 11:19 | 0 Commentaire

Recherche


Inscription à la newsletter