M.M.Isselkou Ahmed Izidbih,
Vous demandez que Cheikh Tidiane Gadio soit déclaré *persona non grata* en Mauritanie. Rien que cela !
Mais permettez moi une question très simple : depuis quand êtes-vous devenu le gardien des portes de la Mauritanie ? Qui vous a donné le pouvoir de décider qui est assez mauritanien pour entrer dans le pays et qui ne l'est pas ?
À vous entendre, on croirait que la Mauritanie est une propriété privée dont vous détenez les clés. Or la Mauritanie appartient à tous ses citoyens, et son hospitalité ne se décrète pas au gré des humeurs ou des polémiques.
Vous vous indignez des propos de Cheikh Tidiane Gadio, alors même qu'il les a expliqués et précisés. Pourtant, vous choisissez l'escalade plutôt que l'apaisement. Pourquoi ? À qui profite cette volonté permanente de créer des tensions entre la Mauritanie et ses voisins ?
Depuis des décennies, certains vivent de la division. Ils dressent la Mauritanie contre le Sénégal, puis contre le Mali, puis contre un autre voisin. Cette vieille recette ne fonctionne plus. Les peuples de la sous-région sont plus mûrs que ceux qui cherchent à les opposer.
Vous réclamez une interdiction de territoire contre Cheikh Tidiane Gadio. Très bien. Alors soyons cohérents. Où étiez-vous lorsque certains Mauritaniens parcouraient le monde pour afficher leur allégeance ou leur soutien à des dirigeants étrangers ? Pourquoi n'avez-vous jamais demandé qu'ils soient, eux aussi, déclarés *persona non grata* ? Pourquoi cette indignation à géométrie variable ?
On a parfois l'impression que certains trouvent plus facilement des circonstances aggravantes lorsque la personne visée est un Africain noir. Si Cheikh Tidiane Gadio avait été ancien ministre d'un royaume du Golfe ou d'un autre État influent, auriez vous tenu le même discours ? La question mérite d'être posée.
Vous semblez vouloir mesurer le patriotisme avec un mètre qui ne s'applique qu'aux autres. Pourtant, le patriotisme ne consiste pas à distribuer des brevets de Mauritanie. Il consiste à défendre l'unité du pays, à préserver de bonnes relations avec ses voisins et à éviter d'attiser les fractures.
Cheikh Tidiane Gadio n'a jamais caché son affection pour la Mauritanie. Beaucoup de Mauritaniens le savent et la respectent. On peut être né d'un côté d'une frontière et aimer profondément le pays d'en face. Les frontières séparent les États, elles n'effacent ni les familles, ni les cultures, ni les histoires communes.
Avant de demander qui mérite d'être accueilli en Mauritanie, chacun devrait d'abord se demander ce qu'il a lui-même fait pour renforcer l'image, la stabilité et les relations de ce pays avec ses voisins.
La Mauritanie n'a pas besoin de nouveaux incendiaires. Elle a besoin de femmes et d'hommes qui construisent des ponts, pas de ceux qui cherchent à dresser des murs.
𝐀𝐁𝐃𝐎𝐔𝐋𝐀𝐘𝐄 𝐒𝐘 𝐒𝐞𝐜𝐫é𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐆é𝐧é𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐈𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐎𝐩𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐃é𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞. 𝐒𝐮𝐩𝐩𝐥é𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐝é𝐩𝐮𝐭é 𝐫𝐞𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝’𝐀𝐦é𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐍𝐨𝐫𝐝.
Vous demandez que Cheikh Tidiane Gadio soit déclaré *persona non grata* en Mauritanie. Rien que cela !
Mais permettez moi une question très simple : depuis quand êtes-vous devenu le gardien des portes de la Mauritanie ? Qui vous a donné le pouvoir de décider qui est assez mauritanien pour entrer dans le pays et qui ne l'est pas ?
À vous entendre, on croirait que la Mauritanie est une propriété privée dont vous détenez les clés. Or la Mauritanie appartient à tous ses citoyens, et son hospitalité ne se décrète pas au gré des humeurs ou des polémiques.
Vous vous indignez des propos de Cheikh Tidiane Gadio, alors même qu'il les a expliqués et précisés. Pourtant, vous choisissez l'escalade plutôt que l'apaisement. Pourquoi ? À qui profite cette volonté permanente de créer des tensions entre la Mauritanie et ses voisins ?
Depuis des décennies, certains vivent de la division. Ils dressent la Mauritanie contre le Sénégal, puis contre le Mali, puis contre un autre voisin. Cette vieille recette ne fonctionne plus. Les peuples de la sous-région sont plus mûrs que ceux qui cherchent à les opposer.
Vous réclamez une interdiction de territoire contre Cheikh Tidiane Gadio. Très bien. Alors soyons cohérents. Où étiez-vous lorsque certains Mauritaniens parcouraient le monde pour afficher leur allégeance ou leur soutien à des dirigeants étrangers ? Pourquoi n'avez-vous jamais demandé qu'ils soient, eux aussi, déclarés *persona non grata* ? Pourquoi cette indignation à géométrie variable ?
On a parfois l'impression que certains trouvent plus facilement des circonstances aggravantes lorsque la personne visée est un Africain noir. Si Cheikh Tidiane Gadio avait été ancien ministre d'un royaume du Golfe ou d'un autre État influent, auriez vous tenu le même discours ? La question mérite d'être posée.
Vous semblez vouloir mesurer le patriotisme avec un mètre qui ne s'applique qu'aux autres. Pourtant, le patriotisme ne consiste pas à distribuer des brevets de Mauritanie. Il consiste à défendre l'unité du pays, à préserver de bonnes relations avec ses voisins et à éviter d'attiser les fractures.
Cheikh Tidiane Gadio n'a jamais caché son affection pour la Mauritanie. Beaucoup de Mauritaniens le savent et la respectent. On peut être né d'un côté d'une frontière et aimer profondément le pays d'en face. Les frontières séparent les États, elles n'effacent ni les familles, ni les cultures, ni les histoires communes.
Avant de demander qui mérite d'être accueilli en Mauritanie, chacun devrait d'abord se demander ce qu'il a lui-même fait pour renforcer l'image, la stabilité et les relations de ce pays avec ses voisins.
La Mauritanie n'a pas besoin de nouveaux incendiaires. Elle a besoin de femmes et d'hommes qui construisent des ponts, pas de ceux qui cherchent à dresser des murs.
𝐀𝐁𝐃𝐎𝐔𝐋𝐀𝐘𝐄 𝐒𝐘 𝐒𝐞𝐜𝐫é𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐆é𝐧é𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐈𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐎𝐩𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐃é𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞. 𝐒𝐮𝐩𝐩𝐥é𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐝é𝐩𝐮𝐭é 𝐫𝐞𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝’𝐀𝐦é𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐍𝐨𝐫𝐝.

Actualités













