Majorité et Opposition continuent à entretenir une tension politique naturellement préjudiciable à toute action de développement et, pire que cela, comportant les risques d’une instabilité dont les prémices sont bien là. Ce qui ne semble pas être l’avis du président Aziz, qui reste sourd à tous les appels et n’intercepte pas les signaux de désaveu de l’action d’un gouvernement sans envergure et sans conviction. A moins que ce dernier ait le courage de créer la surprise en démissionnant et sort le Raïs d’une situation plus qu’embarrassante, en lui permettant de mettre à l’épreuve d’autres hommes et femmes, quasiment à mi-parcours de son quinquennat.
Car le peuple, qui plie sous le poids de problèmes de toutes sortes, a besoin d’actions concrètes capables de traduire sur le terrain ses aspirations, et non pas de ces sempiternels " échanges d’amabilités " entre la majorité et l’opposition, sur une question d’importance comme celle du dialogue, et l’appréciation, subjective de part et d’autre, de l’action du gouvernement. C’est vers cela que doit tendre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, s’il comprend, enfin, que le rapprochement des positions antagonistes de la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) et de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) relève aujourd’hui d’un véritable miracle. Parce que les divergences sur tout et rien sont inhérentes à la nature même de ce qui divise les deux camps, aspirant conserver le pouvoir ou à le conquérir. Par tous les moyens.
Les deux camps ne semblent pas avoir compris que la situation est si grave qu’il faut qu’ils se départissent de leurs positions de principes pour trouver un compris. Il ne s’agit pas de sauver les apparences, comme à Dakar, où tout était en fait compromission, aussi bien de la part des deux camps en conflit que du côté des négociateurs attitrés (UA, UE, ONU) et des intermédiaires sénégalais et libyens. Il s’agit de sauver la Mauritanie. Ce qui s’est passé en Libye et en Egypte, et se poursuit encore en Syrie et au Yémen, ne rassure pas sur un " printemps " dans un pays où les susceptibilités raciales, tribales et régionales ont toujours animé les compétitions politiques à tous les niveaux. Le pouvoir sait que la situation n’est pas si rose qu’il veut le faire croire et que les populations ressentent plus l’impact de la flambée des prix, par exemple, que l’arrivée au goutte à goutte d’investissements dont une bonne partie ne profite qu’aux bailleurs qui les donnent et à une administration tatillonne. C’est d’ailleurs parce qu’un tel malaise est de plus en plus perceptible que le gouvernement multiplie les sorties " rassurantes " visant à faire comprendre que les ratés d’un tel programme électoral ne sont que des accidents de parcours qu’on ne mettra pas longtemps à réparer. Un point de vue qui est loin d’être celui de l’opposition qui, par la voix de ces chefs de file appelle le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf à rendre le tablier en guise d’échec et d’incapacité à trouver le remède miracle pour sortir le pays de ses multiples problèmes politiques, économiques et sociaux.
Il n’y a pas de solutions miracles
L’idée qu’il faut entamer plusieurs projets de développement à la fois pour donner l’impression que le pays est devenu un véritable chantier semble avoir fait recette seulement dans la période préélectorale. Aujourd’hui que tout roule au ralenti, l’on se rend compte qu’il faut avoir les moyens de sa politique pour entretenir la flamme du soutien populaire. Face aux grands problèmes de l’heure que sont la sécheresse, la flambée des prix, la contestation populaire et la crise politique qui dure, il faut plus que de simples mesures, destinées à entretenir l’illusion que tout va, ou des visites inopinées qui ne produisent plus le " phénomène " Hay Saken d’il y a trois ans ! L’espoir de voir d’autres actions d’éclat (comme la lutte contre la gabegie et les réalisations dans les domaines prioritaires) s’estompe, puisque la " révolution " s’est arrêtée au stade de la révolte. Le besoin de se défendre - et même de reprendre l’initiative en attaquant - ne doit pas être une simple répétition de ce qui a été dit et redit, à chaque fois que le pouvoir veut prouver que le changement est vraiment " constructif ". Tout ne doit pas être, comme à Ouadane, le " bon " prétexte pour glorifier jusqu’à l’apologétique, les " réalisations " du gouvernement ! N’est-il pas étonnant que le Premier Ministre, qui était devant l’Assemblée nationale, début janvier 2012, pour livrer sa traditionnelle Déclaration de Politique Générale (DPG) ainsi que les ministres qui passent leur Grand Oral devant les députés, reviennent à la rescousse pour resservir une sorte de " plat réchauffé " où l’on reparle encore et encore de ce qui a été fait, de ce qui est en cours (de réalisation) et de ce qui n’est encore que projets qui risquent de rester à l’état…de projets ? Sans être adeptes du négationnisme, on ne comprend pas à quoi riment tous ces discours si la rue continue à réclamer le pain.
Mais, pour une fois, les citoyens seront les juges, les évaluateurs, d’une situation nouvelle où les discours (du pouvoir ou de l’opposition) commencent à ne plus faire recette.
Et comme point positif, mais à double tranchant, le président Ould Abdel Aziz aura, au moins, eu le mérite d’accélérer le processus de maturation de cet esprit critique qui permet au Mauritanien moyen de savoir à quoi s’en tenir.
Même s’il n’accepte pas de changer de camp, pour une promesse non tenue, un leurre découvert trop tard, il sait tout de même que la réalité n’est pas celle que le gouvernement s’efforce à démontrer par l’absurde en nous faisant croire que 2 + 2 font 5 !
JOB.
Car le peuple, qui plie sous le poids de problèmes de toutes sortes, a besoin d’actions concrètes capables de traduire sur le terrain ses aspirations, et non pas de ces sempiternels " échanges d’amabilités " entre la majorité et l’opposition, sur une question d’importance comme celle du dialogue, et l’appréciation, subjective de part et d’autre, de l’action du gouvernement. C’est vers cela que doit tendre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, s’il comprend, enfin, que le rapprochement des positions antagonistes de la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) et de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) relève aujourd’hui d’un véritable miracle. Parce que les divergences sur tout et rien sont inhérentes à la nature même de ce qui divise les deux camps, aspirant conserver le pouvoir ou à le conquérir. Par tous les moyens.
Les deux camps ne semblent pas avoir compris que la situation est si grave qu’il faut qu’ils se départissent de leurs positions de principes pour trouver un compris. Il ne s’agit pas de sauver les apparences, comme à Dakar, où tout était en fait compromission, aussi bien de la part des deux camps en conflit que du côté des négociateurs attitrés (UA, UE, ONU) et des intermédiaires sénégalais et libyens. Il s’agit de sauver la Mauritanie. Ce qui s’est passé en Libye et en Egypte, et se poursuit encore en Syrie et au Yémen, ne rassure pas sur un " printemps " dans un pays où les susceptibilités raciales, tribales et régionales ont toujours animé les compétitions politiques à tous les niveaux. Le pouvoir sait que la situation n’est pas si rose qu’il veut le faire croire et que les populations ressentent plus l’impact de la flambée des prix, par exemple, que l’arrivée au goutte à goutte d’investissements dont une bonne partie ne profite qu’aux bailleurs qui les donnent et à une administration tatillonne. C’est d’ailleurs parce qu’un tel malaise est de plus en plus perceptible que le gouvernement multiplie les sorties " rassurantes " visant à faire comprendre que les ratés d’un tel programme électoral ne sont que des accidents de parcours qu’on ne mettra pas longtemps à réparer. Un point de vue qui est loin d’être celui de l’opposition qui, par la voix de ces chefs de file appelle le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf à rendre le tablier en guise d’échec et d’incapacité à trouver le remède miracle pour sortir le pays de ses multiples problèmes politiques, économiques et sociaux.
Il n’y a pas de solutions miracles
L’idée qu’il faut entamer plusieurs projets de développement à la fois pour donner l’impression que le pays est devenu un véritable chantier semble avoir fait recette seulement dans la période préélectorale. Aujourd’hui que tout roule au ralenti, l’on se rend compte qu’il faut avoir les moyens de sa politique pour entretenir la flamme du soutien populaire. Face aux grands problèmes de l’heure que sont la sécheresse, la flambée des prix, la contestation populaire et la crise politique qui dure, il faut plus que de simples mesures, destinées à entretenir l’illusion que tout va, ou des visites inopinées qui ne produisent plus le " phénomène " Hay Saken d’il y a trois ans ! L’espoir de voir d’autres actions d’éclat (comme la lutte contre la gabegie et les réalisations dans les domaines prioritaires) s’estompe, puisque la " révolution " s’est arrêtée au stade de la révolte. Le besoin de se défendre - et même de reprendre l’initiative en attaquant - ne doit pas être une simple répétition de ce qui a été dit et redit, à chaque fois que le pouvoir veut prouver que le changement est vraiment " constructif ". Tout ne doit pas être, comme à Ouadane, le " bon " prétexte pour glorifier jusqu’à l’apologétique, les " réalisations " du gouvernement ! N’est-il pas étonnant que le Premier Ministre, qui était devant l’Assemblée nationale, début janvier 2012, pour livrer sa traditionnelle Déclaration de Politique Générale (DPG) ainsi que les ministres qui passent leur Grand Oral devant les députés, reviennent à la rescousse pour resservir une sorte de " plat réchauffé " où l’on reparle encore et encore de ce qui a été fait, de ce qui est en cours (de réalisation) et de ce qui n’est encore que projets qui risquent de rester à l’état…de projets ? Sans être adeptes du négationnisme, on ne comprend pas à quoi riment tous ces discours si la rue continue à réclamer le pain.
Mais, pour une fois, les citoyens seront les juges, les évaluateurs, d’une situation nouvelle où les discours (du pouvoir ou de l’opposition) commencent à ne plus faire recette.
Et comme point positif, mais à double tranchant, le président Ould Abdel Aziz aura, au moins, eu le mérite d’accélérer le processus de maturation de cet esprit critique qui permet au Mauritanien moyen de savoir à quoi s’en tenir.
Même s’il n’accepte pas de changer de camp, pour une promesse non tenue, un leurre découvert trop tard, il sait tout de même que la réalité n’est pas celle que le gouvernement s’efforce à démontrer par l’absurde en nous faisant croire que 2 + 2 font 5 !
JOB.
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