Mauritanie – La résistance politique face à la tentation du troisième mandat / Par Cire Harouna Ba



Limiter les revendications populaires en faveur d’un troisième mandat, qui serait soumis à des rites magiques, est indispensable. La manipulation des pratiques constitutionnelles contribue à la décomposition du régime. Même lorsque les passions vous emportent, il ne faut pas confondre légitimité et légalité. Forcer les gens à obéir ne fait qu’accroître le besoin d’usurper le pouvoir, à mesure que les ambitions à satisfaire se multiplient.

Un gouvernement ne devrait pas s’appuyer sur la crainte pour préserver les privilèges d’un petit nombre au détriment de la majorité, grâce à l’appareil juridique et répressif qu’il contrôle. À la violence offensive doit répondre une résistance défensive, mais la bataille doit rester politique : un combat d’idées qui mette au jour les rouages de l’opération orchestrée et les mécanismes de soumission volontaire.

La place subordonnée de certains Mauritaniens pulaar, soninké et wolof, parfois réduits à exécuter des ordres, s’inscrit dans une longue histoire politique. L’analphabétisme politique et cette soumission sont aussi le produit de l’entreprise menée sous la présidence de Maaouya. Le système reste en mesure d’imposer sa volonté et d’ancrer sa domination ou son influence grâce à ses relais. Ce n’est pas seulement en raison d’une mystérieuse propension de ces derniers à se soumettre : c’est aussi, peut-être, parce qu’ils ont peur — peur parce qu’ils sont devenus faibles. Toujours à la pointe de l’innovation dans la technologie de la courbette.

Il faut gagner ce combat contre le troisième mandat par des moyens exclusivement politiques. Pourquoi ne pas le dire avec vérité ?







Cire Harouna Ba
Inspecteur de jeunesse à la retraite

Mercredi 28 Octobre 2026
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