Mauritanie : Destin inachevé



Mauritanie : Destin inachevé
Mon pays est un éternel recommencement… Une succession de ruptures, un long chapelet de promesses non tenues, un enchainement d’idéaux introvertis. La colonisation ne fut qu’une mésaventure accidentelle et éphémère. Soixante ans à peine…Et puis rien ne resta…Ni infrastructures, ni administration…La résistance exista. Trois décennies, peut-être, un peu plus. Et le feu s’éteignait. Un semblant de vie politique s’essayait… Quelques partis, l’UPM, l’Entente, le PRM , l ’ AJM, l’UNM, la Nahda .. Et ce fut le nouvel Etat. Rétrospective.


Des hommes, des convictions, une vision et beaucoup d’ardeur. On pose les jalons de la nouvelle République. Avec elle, le Parti voyait le jour. Toute autre formation politique disparait. Et tout finira par être soluble dans le PPM : l’état, l’administration, les notables, leurs tribus, leurs cantons, la femme et la jeunesse…

Elle grogna pourtant, cette jeunesse, ébranlant quelque peu l’ordre établi, apportant, important certaines idéologies et beaucoup de fraicheur, cultivant à l’efficacité, le goût de la clandestinité. Et puis c’est la désintégration. Une partie s’intègre, l’autre hiberne.

Malgré les vicissitudes, la silhouette d’un Etat pointait. Une monnaie, la nationalisation, une présence régionale marquée et une surprenante aura internationale. Malgré la guerre, la sécheresse, les famines, quelque chose s’entreprenait.

Dix-huit ans et tout s’écroule. On remet les compteurs à zéro. Et la vie défile, désormais, au rythme de la musique et de la marche militaires. Nos vaillants officiers mettront quelques années à nous choisir «le meilleur» parmi eux. Quatre chefs, en six ans. Le cinquième aura le trophée. Et c’est parti pour vingt ans.

Deux décennies colorées. Nous en verrons de toutes les couleurs. Le gris notamment, le rose aussi et malheureusement, le rouge-sang. Notre officier marquera son époque. Il nous offrît notre « processus » … démocratique, bien sûr ! Et revoilà les partis. Là aussi toutes les couleurs fleurissent. Mais, le blanc ne tardera pas à prendre le dessus, avec sa diagonale bleue, bien entendue. Le parti-Etat, renaît de ses cendres.

Et la presse. Beaucoup de journaux, sortis on ne sait d’où, ni comment. Et on nous créa une opposition. Cet autre mirage, qui envahit notre vécu et préoccupe nos esprits ملأ الدنيا و شغل الناس.
La grande erreur de notre vaillant officier de chef, ou peut-être, sa grande prouesse était de nous faire croire, que le pouvoir se gagnait par un moyen, autre, que les chars et le fusil. Nous y avons cru, certains y croient encore, tant pis pour eux, tant pis pour nous.

Désormais, nous avons notre bipolarité. Le pouvoir, l’opposition. Le bien, le mal, ou vice versa. Cela rend les choses simples, claires, cela fixe les frontières, qui, pour autant, n’empêcheront point une grande mobilité. Qui pourrait priver des nomades de leur ancestrale transhumance, fusse-t-elle politique?

Et puis, une nuit, les chars reparleront. Non !! C’était une fausse, quoique douloureuse, alerte. C’était, surtout, un prélude. On attendra le prochain déplacement du chef. Et le pouvoir changea de main. Et par l’unique moyen qui vaille, la force, militaire bien sûr.

Le nouveau, ou les nouveaux, nous offrent notre première transition. Nous aimons bien croire, nous y crûmes. Palabres, conférences, congrès, assises. On parlera de tout, le passif humanitaire, la constitution, la commission des élections, les observateurs, la parité, l’indépendance de la presse. Tout, sauf l’essentiel: le pouvoir, qui le détient et qui le détiendra?
On s’en tiendra aux promesses données. Aucun des officiers du moment, ne briguera le mandat en vue. Cela satisfait une certaine classe politique. Mais cela déroute bien une autre. Le peuple lui, est désormais plus avisé, plus subtil. Il attendra le choix qui compte. Celui des militaires. Il l’aura. Il l’adoptera. Circulez…y a rien à voir.

Le nouveau venu, venant de loin, n’aura ni le temps, ni le recul, ni l’adresse, pour comprendre. Lui, aussi, a cru. Quelle veine, s’il aurait vu juste. Un septuagénaire, qui n’avait aucun passé connu de combattant politique, et qu’on allât chercher pour se faire élire président d’un Etat croulant, depuis trois décennies, sous le poids d’une âpre lutte pour et autour du pouvoir.
Cela n’empêchera pas nos politiciens, les plus hardis et les plus pressés, de le rejoindre, cherchant une place au soleil. De l’autre coté, on lui prépare déjà sa place dans l’ombre.
Le pouvoir revient à qui de droit et par les moyens qui conviennent.


Vendredi 25 Mai 2012
Boolumbal Boolumbal
Lu 204 fois





Les plus récentes
Boolumbal Boolumbal | 05/01/2026 | 2838 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
Boolumbal Boolumbal | 07/11/2025 | 7917 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire


Attention ! Pas d'amalgames...
Publié par Boolumbal Boolumbal le 07/11/2025 à 11:19 | 0 Commentaire

Recherche


Inscription à la newsletter