Le « fagot de [sa] mémoire » où Feu Habib Ould Mahfoud nous laissa ce passage de sa vie :



Le « fagot de [sa] mémoire » où Feu Habib Ould Mahfoud nous laissa ce passage de sa vie :
« Le dix juillet est toujours (toujours) une journée à commémorer. Ce dix juillet 1978, je m'en souviens comme si c'était demain soir. Je dormais - exactement comme je dormais le jour du fameux 12/12/84, comme quoi après les 400 coups, faut toujours prévoir le 401 ème, qui est souvent UN COUP D'ETAT -"
Le dix juillet est toujours (toujours) une journée à commémorer. Ce dix juillet 1978, je m'en souviens comme si c'était demain soir. Je dormais - exactement comme je dormais le jour du fameux 12/12/84, comme quoi après les 400 coups, faut toujours prévoir le 401 ème, qui est souvent un coup d'Etat - je dormais comme dorment les dormeurs conscients de leur dormition (à ce stade ce n'est plus le sommeil, c'est plus, disons , philosophique...), lorsqu'un vieux marabout me réveilla.
Il avait un gros poste radio JVC qui braillait une marche militaire assez quelconque et à en croire le vieux marabout, c'était grave. Pour il n'y avait absolument rien de grave, tant que le prof ne m'a pas collé un zéro. Pour lui c'était clair : on vient de renverser le ministre de l'intérieur Ahmed Ould Mohamed salah, ce qui s'appelle un coup d'Etat, étant entendu qu'il était hors de question que Mokhtar puisse être renversé dans son entendement. Coup d'état ou pas coup d'état, ma matinée maigrelette était bel et bien fichue. La musique militaire s'arrêta et une voix appliquée dans son emphase, à l'articulation laborieuse (celle de Ould Deh, l'actuel, passé et futur directeur du port de Nouakchott ), répandit sur le pays ce qui passa à la postérité sous le nom de "communiqué N°1" et couvre ces fortes paroles : " Mauritaniens, Mauritaniennes, peuples de héros, le régime de corruption anti-nationale et anti-populaire a pris fin. Les forces armées, dépositaires en dernier recours de légitimité nationale, ont pris le pouvoir..." et ainsi de suite.
C'était donc assez sérieux pour que je consente à lâcher mon cousin. La première question que je me posais a eu seulement -à ce moment-là et que je me pose encore- est de savoir comment doit se comporter le citoyen d'un pays gouverné par les militaires, que doit faire un "putsché". Ma première conclusion fut la suivante : il faut éviter comme la peste tout ce qui rappelle de près ou de loin, le régime "de la corruption anti et anti", à savoir le méchoui, le Sahara et sa guerre et sa paix, les bureaux (politiques et autres), les secrétaires fédéraux, les peuples et leurs partis, la limonade, les discours de plus de deux heures, le terme "camarade ", Abdallahi Salem Ould Ahmedoua, les festivals, les voyages à l'étranger, les avocats, le mot "ministre" et un tas d'autres choses relevant du champ sémantique Daddahien. »
Juillet 1978, Les membres du Comité Militaire du Redressement National issu du Coup d’Etat du 10 juillet 1978 sont les suivant par ordre alphabétique :
Cdt Anne Amadou Babaly
Capitaine Athié Amath
Cmdt Moulaye Ould Boukhreïss
Lt Col Cheikh Ould Boïda
Capitaine Mohamed Mahmoud Ould Deh
Lt Colonel Dia Amadou Mamadou
Lt Col Ahmedou Ould Abdallah
Lt Col Mohamed Khouna Ould Haïdalla
Lt Moulaye Hachem Ould Moulaye Ahmed
Lt Col Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Louly
Commissaire Ly Mamadou
Cdt Jiddou Ould Saleck
Lt Col Moustapha Ould Mohamed Saleck — Président du CMRN
Lt Col Ahmed Salem Ould Sidi
Lt Col Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya
Cdt Soumaré Silmane
Cdt Thiam El Hadj
Souleymane Sidibé

Vendredi 10 Juillet 2026
Boolumbal Boolumbal
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