LE PROJET OASIS (PDDO), UNE STRUCTURE À PÉRENNISER



Le programme de développement durable des oasis (PDDO), lancé en 2002, pour parer aux graves conséquences de la grande sécheresse qui prévalait à cette époque , a, non seulement, sauvegardé et rendu âme aux anciennes Oasis dans les cinq Wilayas du pays (Adrar, Tagant, Assaba et les deux Hodhs) , les plus confrontées à la menace permanente de la désertification rampante mais , il s’est imposé actuellement comme le seul projet intégré couvrant toute la zone oasienne, ayant réussi à abattre quelques unes des principales contraintes de développement identifiées dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ( CSLP), lancé par la Mauritanie pour la période 2001-2015.

Ce programme a, en effet, permis :

1 – Structuration des communautés oasiennes.

Individualistes par le passé , chacun disposant de quelques aires de cultures et pieds de palmiers, les agriculteurs se sont constitués dans des Associations de gestion participative des oasis (AGPO) qui leur permettent de poser et résoudre les differents problèmes et difficultés dont ils sont confrontés.

2 – Développement durable des capacités productives des oasis,

par la formation, l’encadrement, les techniques de maraichages et de lutte contre les déprédateurs etc

3 – Développement des services financiers de proximité,

par la création de mutuelles d’investissement .

4 – Développement des infrastructures de base :

par la construction,forages, ou remise en état des puits, routes, barrages, outils agricoles etc..

5 – Coordination, suivi et évaluation

par la mise sur pied d’un groupement économique d’intérêt public pour la commercialisation des légumes et des dattes.



Dans sa dernière phase, le programme PDDO, a réalisé, uniquement dans la région de l’Adrar :

2 barrages, 27 forages, l’équipement de 8 puits, 9 puits pour l’irrigation, 2 puits d’eau potable, 3 réseaux d’eau, l’équipement de 27 puits avec l’énergie solaire, 181 puits d’irrigation secondaire, 35 puits d’irrigation individuelle, équipement de 26 puits au profit des coopératives féminines et la clôture de 182 km pour la protection de 25 oasis.

Le programme a également financé 80 projets AGR, créé 126 opportunités d’emplois, mis en place 24 caisses de prêts d’une enveloppe globale de 176 millions ouguiyas, appuyé les campagnes agricoles et distribué 18000 outils agricoles et 25 tonnes de semences. En plus de la mise sur pied d’un groupement économique d’intérêt public pour la commercialisation des légumes et des dattes, le PDDO appuie et forme 24 associations.
Par ailleurs , en réponse à une requête formulée par le Gouvernement de la Mauritanie, le Gouvernement du Japon a décidé de mener une Étude pour le Développement des Oasis Centrée sur la Promotion Féminine . L’’Équipe d’étude a élaboré avec le concours du MCPFEF, du Ministère de la Santé et du Ministère de l’Agriculture et de l’élevage, le « Manuel pour l’amélioration des conditions de vie et le développement des oasis par la promotion féminine ». Il ne reste plus qu’à exécuter.

Dans le cadre de la composante barrage du PDDO exécuté pour 2015 étaient prévus : 12 grands barrages dans les wilayas de l’Assaba, du Tagant et du Hodh Gharbi pour une superficie globale de 3.000 ha exploités par 13.000 agriculteurs. Cela permettra aux exploitants d’introduire dans leurs activités traditionnelles, les cultures du blé et le maraîchage dans les wilayas de l’Assaba et du Tagant.

Des études techniques ont été lancées, au début de 2017, visant à permettre à toutes les oasis des Hodhs, de l’Assaba, du Tagant et de l’Adrar de bénéficier de ces barrages,qui résoudront en grande partie l’importante problématique de l’eau et mieux assurer les cultures maraichaires et leur commercialisation par le biais du programme de vulgarisation intégré exécuté avec la collaboration de la fédération des oasis.

Il n’est pas superflu dans ce cadre, d’ énumérer la réalisation à Atar d’une usine de conditionnement de dattes et conservation de légumes et fruit ainsi que l’introduction des techniques culturales modernes du palmier dattier ( plantation espacée, pollinisation, irrigation avec le système goutte-à-goutte ou à vannette et usage des engrais organiques) pour démontrer aux paysans réticents que leurs pratiques traditionnelles ne sont pas rentables.

Au vu de ce qui précède il n’est que logique, que dans le processus de la nouvelle stratégie nationale de développement du pays qui devrait couvrir la période 2016-2030, le programme de développement durable des oasis (PDDO), qui a rempli , en grande partie, sa mission préliminaire de : « créer une base de développement solide ainsi que les conditions propices pour que les communautés oasiennes puissent se prendre en charge et participer d’une manière effective à réaliser les objectifs nationaux de réduction de la pauvreté et de lutte contre la dégradation de l’environnement », passerait de la phase de mise en place des structures de base oasiennes à la phase d’exploitation moderne et industrielle des infrastructures et équipements acquis.

Pour se faire, sa transformation en une institution , sans but lucratif au service des ménages , genre office ou agence d’utilité et intérêt publics , qui garantirait la continuité à long terme de l’assistance et appui de l’état aux populations Oasiennes, devient nécessaire.

Ely Salem Khayar

Source:http://adrar-info.net

Lundi 11 Juin 2018
Boolumbal Boolumbal
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