Entretien avec M. Mohamed Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP)



. Il doit avoir le courage d'opter pour la subvention des produits alimentaires et autres mesures nécessaire.

La paupérisation aujourd'hui est telle que ce ne sont plus les très pauvres qui ont besoin des "boutiques Emel" mais la majorité de la population.

-Le gouvernement vient d’approuver, en conseil des ministres, la création de l’institut des langues Nationales (Pulaar, Soninké et Oulof) lequel devra engager une nouvelle expérience devant conduire à leur introduction dans le système éducatif. Votre réaction? Pensez-vous que cette décision contribuera à renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale ?

- C'est une décision à saluer vivement. Elle vient réparer un tort énorme fait aux acquis de l'unité nationale et de l'école mauritanienne par la malencontreuse réforme de 1999. Notre parti, le seul à l'époque à ma connaissance, s'était élevé contre cette réforme qui abandonnait l'option d'un enseignement basé sur les langues nationales et dans ce cadre, préconisait la suppression de l'Institut des langues nationales, soit une expérience réussie de deux décennies de promotions des langues pular, soninké et wolof dans l'enseignement.

-La coordination des partis UFP, RFD et UNAD pourrait-elle créer des listes communes lors des prochaines élections? Pourrait-elle accepter en son sein des partis politiques non reconnus ? Et comment se prépare l’UFP en conséquence ?

-Les partis de notre coalition iront ensemble à la bataille électorale selon les formules de leurs choix. De plus nous sommes ouverts à d'autres formes d'alliances ou de compromis électoraux avec d'autres partis reconnus ou en attente, des groupes ou courants et même avec des candidats indépendants qui partagent avec nous les mêmes projets électoraux.

L'UFP bien sûr est à pied d'œuvre pour se préparer à la bataille électorale, à l'instar de tous les autres partis. Peut-être que nous nous préoccupons en même temps avec nos amis de la Coalition de la situation du pays et du contexte national et sous-régional inquiétant. C'est le sens de notre dernier appel, parce que l'intérêt du pays doit passer avant les élections.

-Que répondez-vous à ceux qui considèrent l’octroi par le gouvernement de terrains aux députés comme étant une forme de corruption ?

-Pensez-vous que le pouvoir a besoin de corrompre la majorité parlementaire pour avoir son assentiment. Arrêtons de stigmatiser tous et chacun. Sans s'en apercevoir, on est en train d'un côté de banaliser le crime de corruption et de l'autre de faire le lit de l'anarchie. Pour cet octroi de terrain, j'ignore qui a pris l'initiative de la demande et quand. Mais elle est dans l'air du temps, tous les corps de l'Etat demandent l'attribution de terrains. Il faut dire que sur ce plan, il y a un manque de transparence et surtout de justice envers les moins lotis.

Mais à y regarder de près, la spéculation foncière est devenu le mal premier de l'Etat, désormais en butte à des lobbies mafieux, qui jouissent de l'impunité et contrôlent de plus en plus la gestion du domaine public. Au train où ces groupes mènent la politique ou plus exactement l'absence de politique, la mégalopole de Nouakchott, en expansion débridée, tel un monstre en viendrait à avaler tout le pays et en fait à le détruire.

Propos recueillis par Dalay Lam

Source: Le Calame

Dimanche 15 Janvier 2023
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