Bababé: une étude approfondie pour décentraliser les dépôts de poissons de la SNDP



Pour acheter deux kilogrammes de poissons à 100 (ancien Ouguiya), les ménagères prennent d’assaut les quatre points de vente à partir de trois heures du matin afin d’être parmi les premières personnes à avoir des tickets.

Devant les boutiques de vente de poissons, tous les moyens sont permis pour ne pas rentrer avec des mains vides. Quand l’incivisme et le désordre s’imposent, ce sont les plus forts qui dictent leurs lois aux autres en les bousculant. Du coup, des scènes de violence se présentent entre d’un côté, les clients et de l’autre, ces derniers et les agents. Des séries de bagarres ont provoqué la fermeture du dépôt de Yahya Moggo la semaine dernière.

Pour la plupart des cas, ce sont des femmes, apportant toute forme d’ustensiles, de troisième âge qui viennent passer la deuxième moitié de la nuit devant ces boutiques. Elles forment dès lors un premier rang. Le matin, à la levée du soleil, les jeunes filles et garçons rejoignent la queue. Parmi eux, des habitants de Dioudé Dandé Mayo, Dioudé Dieri, Windé Niaworé 1 et 2 et de Fondé.

Le fournisseur ne peut pas satisfaire toute la demande. Car elle est largement supérieure à l’offre. « Nous allons voir comment faire pour permettre aux autres villages de la commune d’avoir des dépôts comme on a fait pour Jakka et Garage, promet Ba Abdoulaye Mamadou. Il faut une étude approfondie pour faciliter la mise en place d’autres points de vente.

Mais ça demande beaucoup de moyens. Il faut aussi une bonne organisation, le personnel, des locaux et des moyens de transport » pour faciliter la commercialisation des poissons partout dans la commune.

Toutes les décisions concernant le prix, la quantité, le nombre de jours ouvrables viennent de la direction générale de la Société nationale de Distribution de Poisson.

Il aura fallu trois ans pour que les autorités de ladite commune puissent obtenir une suite favorable aux différentes requêtes adressées à deux reprises à la présidence de la République, au ministère de la pêche, à la société et au gouverneur de la région du Brakna pour accorder au département un dépôt de poissons. La SNDP favorise, surtout, les capitales régionales et les grandes villes du pays. Le département de Bababé est le quatrième de la région du Brakna après Aleg, Boghe et Maghtalahjar.

La société débloque, pour toute la commune, une tonne par jour, pendant quatre jours par semaine, qui sera partagée entre les sites de jakka, du marché municipal, de Gallé Yahya Moggo et celui situé près de l’école 3. « Toutes les familles de la commune ne peuvent pas partager les 1000 kilogrammes qu’on a négociés avec la direction de la société. Les responsables locaux, considérant, tout le monde comme éligible, n’ont pas fait de distinction pour ajuster l’offre à la demande« , explique le maire.

Le comportement, déplorable, de certains clients fait que ceux qui sont loin des sites de vente n’arrivent pas à s’approvisionner de l’offre. C’est le cas, par exemple, d’un groupe de jeunes filles, venant de Dioudé Dierri qui retraient, un lundi matin. Elles n’avaient pas pu obtenir de poissons à cause du problème d’organisation.

Les produits halieutiques vendus par la SNDP proviennent des bateaux qui pratiquent la pêche illégale dans les eaux mauritaniennes et un quota de 5 % appliqué sur la pêche des bateaux de l’Union européenne. Ils sont redistribués, à des prix qui défient toute concurrence, dans toutes les régions du pays et au profit des populations démunies.

Oumar Ba

Source:http://kabarujakka.com

Mardi 9 Octobre 2018
Boolumbal Boolumbal
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