Urgent : Un jeune esclave échappe à ses ravisseurs et rejoint ses parents à M’Bagne

Pendant ce temps, les maîtres eux s’étaient camouflés quelque part dans l’espoir de récupérer et emmener l’enfant. Et c’était sans compter avec la détermination de la population, Négros africains et Haratines confondus qui menaçaient de mettre à feu la ville si jamais Oumar était remis à ses ravisseurs. Les policiers demandent au père de Oumar d’apporter les pièces d’état civil de Ali pour prouver qu’il est son ascendant. Ce qu’il ne tarda pas à faire.



Urgent : Un jeune esclave échappe à ses ravisseurs et rejoint ses parents à M’Bagne
C’est un miracle qui s’est produit ce mardi après-midi, 22 mai 2012 ) à M’Bagne. Oumar O Ali, un jeune garçon de moins de 20 ans disparu depuis 2003 est réapparu dans la ville miraculeusement et s’est retrouvé dans les mains de ses parents, Ali O Inalla et Aminettou qui ont fondu en larmes. Le jeune garçon selon nos sources avait disparu avec un commerçant de la place qui l’utilisait comme Wogav (courtier).

Après plusieurs mois de silence, son père décide d’aller à sa recherche à Kaédi après avoir obtenu des informations signalant sa présence dans cette zone. Mais les recherches du père s’avéreront infructueuses dans la capitale régionale du Gorgol.

Il se tourne encore vers la localité de Azlatt, située entre Boghé et Aleg où des témoins oculaires affirment avoir aperçu le jeune garçon. Pas de trace encore de ce côté. Plus le temps file, les parents de Oumar perdent l’espoir.

Oumar, captif d’une famille de maures blancs établis dans la Moughataa de Maghta Lahjar, servait de domestique mais aussi de gardien de troupeaux de bétail pour son maître. Le commerçant qui “l’adoptait” à des fins serviles au départ, l’avait entre temps presque cédé à un autre. Devenu majeur, les maîtres d’Oumar décidèrent de l’initier à la conduite des voitures.

Pour le maintenir dans la servilité, ses maîtres se sont toujours débrouillés à l’éloigner des centres urbains. Partit avec le chauffeur de son maitre à M’Bagne pour acheter des aliments de bétail, Oumar qui garde bien les souvenirs de son village natale, profite d’un bref arrêt de la voiture dans une boutique pour fausser compagnie à ses ravisseurs.

Le rescapé se dirige directement vers l’ancienne demeure familiale. Mais il ne trouve personne. Il demande aux voisins immédiats qui lui signalent que les occupants de la demeure ont déménagé en lui indiquant la nouvelle maison de ses parents.

Arrivé sur les lieux, sa tante le reconnait aussitôt et informe immédiatement son père qui n’y croyait plus. Las d’attendre Oumar, le chauffeur va à sa recherche et le retrouve entre les mains de ses parents. Il tenta vainement de récupérer le gosse mais il buta devant l’opposition farouche de Ali, le père de Oumar.

Le lendemain, le chauffeur porte l’affaire devant le commissariat de police. Aussitôt, la nouvelle circule dans la ville comme une trainée de poudre. Et les locaux du commissariat sont pris d’assaut par les populations, les Haratines en grande majorité. Entre temps, les maîtres d’Oumar, font venir une autre personne accompagnée par un groupe de jeunes et qui affirment être les vrais ascendants et frères de Oumar. Le bras de fer est engagé pour la garde de l’enfant.

Pendant ce temps, les maîtres eux s’étaient camouflés quelque part dans l’espoir de récupérer et emmener l’enfant. Et c’était sans compter avec la détermination de la population, Négros africains et Haratines confondus qui menaçaient de mettre à feu la ville si jamais Oumar était remis à ses ravisseurs. Les policiers demandent au père de Oumar d’apporter les pièces d’état civil de Ali pour prouver qu’il est son ascendant. Ce qu’il ne tarda pas à faire.

Mieux, avant même que l’adjudant qui assurait l’intérim du commissaire ne termine de parler à son père, Oumar lui dit « moi je te connais bien car, je te faisais du thé ici, toi et le Commandant de Brigade». Un directeur d’école à la retraite nous a confirmé au téléphone que Oumar est bel et bien le fils de Ali et que cet enfant était scolarisé avant sa captivité à l’école 1 qu’il dirigeait lui-même.

Depuis, la police a remis l’enfant à sa famille et les maîtres ont été renvoyés en attendant la fin de l’enquête pour tirer au clair cette affaire qui défraie la chronique dans la ville de M’Bagne.

C’est un coup dur pour le président Mohamed O Abdel Aziz et son régime ainsi que tous les Ulemas de salon qui justifient cette pratique dans la religion musulmane. N’affirmaient –ils pas tout récemment, que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie ? N’ont-ils pas emprisonné Birama O Abeîd, président de l’IRA pour avoir incinéré des livres de l’Islam qui justifiaient selon le mouvement abolitionniste la pratique de l’esclavage dans notre pays. (Affaire à suivre).

Thièrno Souleymane
Quotidien

Vendredi 25 Mai 2012
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