En Mauritanie, il existe une catégorie d’acteurs politiques et idéologiques dont l’objectif réel n’a jamais été la réforme, encore moins la refondation nationale. Leur seule doctrine tient en une formule brutale mais efficace : rien ne doit bouger.
Derrière les discours institutionnels et les appels de façade au dialogue, une mécanique de blocage continue de structurer le pouvoir. Cette architecture repose sur deux piliers complémentaires : le verrouillage politique et la garantie sécuritaire.
Le premier s’incarne dans le ministère de l’Intérieur, devenu bien plus qu’un appareil administratif. Il constitue le centre nerveux de la conservation du système : contrôle des équilibres politiques, filtrage des acteurs, régulation des oppositions, cadrage du débat public. Ce ministère agit comme la véritable caution idéologique d’un pouvoir qui craint toute redistribution des cartes.
Le second pilier relève du champ sécuritaire et militaire, où certaines figures servent de garantie interne pour rassurer les centres de pouvoir traditionnels. Le message est clair : stabilité avant justice, contrôle avant réforme.
Cette alliance n’a qu’un objectif : empêcher toute dynamique susceptible de modifier les rapports de force historiques.
Car tout changement porte en lui une menace pour ceux qui bénéficient du déséquilibre actuel. Réformer, c’est redistribuer. Reconnaître, c’est créer des droits. Ouvrir, c’est faire émerger de nouveaux acteurs politiques et sociaux. Or, pour les tenants du statu quo, toute nouvelle reconnaissance est perçue comme une perte.
Ils refusent donc tout rééquilibrage institutionnel, toute décentralisation réelle, toute redistribution symbolique ou politique. Leur projet est celui d’une centralisation permanente du pouvoir, d’un monopole sur la définition du national et d’un contrôle strict des conditions d’accès à la citoyenneté effective.
Même leur prétendu humanisme relève davantage de la gestion passive que de la volonté transformatrice : administrer les urgences, accompagner les crises, sans jamais s’attaquer aux structures qui les produisent.
La question haratine cristallise parfaitement cette logique. Pour une partie du nationalisme arabe, la question haratine ne doit surtout pas être pensée politiquement. Leur raisonnement est simple : les Haratines étant considérés comme Arabes, leur situation ne relèverait que d’un problème social ou économique.
Cette lecture n’est pas neutre ; elle est profondément politique.En réduisant la question haratine à une simple variable sociale, ils neutralisent toute possibilité d’en faire un enjeu de représentation, de pouvoir, de mémoire ou de réorganisation nationale.
Les Haratines sont ainsi maintenus dans une position ambiguë : suffisamment reconnus pour être intégrés symboliquement, mais jamais assez pour constituer un sujet politique autonome.
Leur rattachement à des structures tribales ou clientélistes n’est pas accidentel ; il participe d’une stratégie plus large visant à empêcher l’émergence d’une conscience collective indépendante.
Dans cette perspective, toute tentative de formuler une question politique haratine est immédiatement disqualifiée comme manipulation extérieure, souvent attribuée aux Noirs mauritaniens, accusés de chercher à fragmenter l’ensemble maure.
Ce mécanisme rhétorique permet d’éviter le débat de fond : celui des hiérarchies internes, des rapports de domination et des contradictions non résolues au sein même de l’espace social maure.
Leur soutien à Messaoud Ould Boulkheir n’est pas seulement politique ; il est doctrinal. Il représente une lecture acceptable de la question haratine : une entité reconnue, certes, mais maintenue dans l’orbite de l’ensemble maure, sans autonomie politique disruptive.
Autrement dit : inclusion contrôlée, reconnaissance plafonnée, émancipation interdite. Leur calcul est limpide : retarder autant que possible toute confrontation sérieuse avec les questions structurelles du pays.
Soit le dialogue n’aura pas lieu dans sa forme authentique, soit il sera vidé de sa substance, encadré, dilué, neutralisé. L’objectif est de faire glisser le calendrier politique jusqu’en 2027, moment où l’attention nationale sera captée par une autre bataille, jugée bien plus stratégique par les élites du système : celle de la succession et du dauphin de Mohamed Ould Ghazouani.
Ainsi, pendant que le pays attend toujours un véritable débat sur la justice historique, la redistribution du pouvoir, la citoyenneté inclusive et la refondation du pacte national, certains travaillent déjà à préserver l’essentiel : la continuité du système sous de nouveaux visages.
La Mauritanie mérite mieux qu’un dialogue transformé en salle d’attente. Elle mérite une confrontation honnête avec ses fractures historiques, ses exclusions structurelles et ses non-dits fondateurs. Car différer indéfiniment les questions centrales n’a jamais produit la stabilité. Seulement l’illusion temporaire du contrôle….. Wetov
Source: Sy Mamadou
Derrière les discours institutionnels et les appels de façade au dialogue, une mécanique de blocage continue de structurer le pouvoir. Cette architecture repose sur deux piliers complémentaires : le verrouillage politique et la garantie sécuritaire.
Le premier s’incarne dans le ministère de l’Intérieur, devenu bien plus qu’un appareil administratif. Il constitue le centre nerveux de la conservation du système : contrôle des équilibres politiques, filtrage des acteurs, régulation des oppositions, cadrage du débat public. Ce ministère agit comme la véritable caution idéologique d’un pouvoir qui craint toute redistribution des cartes.
Le second pilier relève du champ sécuritaire et militaire, où certaines figures servent de garantie interne pour rassurer les centres de pouvoir traditionnels. Le message est clair : stabilité avant justice, contrôle avant réforme.
Cette alliance n’a qu’un objectif : empêcher toute dynamique susceptible de modifier les rapports de force historiques.
Car tout changement porte en lui une menace pour ceux qui bénéficient du déséquilibre actuel. Réformer, c’est redistribuer. Reconnaître, c’est créer des droits. Ouvrir, c’est faire émerger de nouveaux acteurs politiques et sociaux. Or, pour les tenants du statu quo, toute nouvelle reconnaissance est perçue comme une perte.
Ils refusent donc tout rééquilibrage institutionnel, toute décentralisation réelle, toute redistribution symbolique ou politique. Leur projet est celui d’une centralisation permanente du pouvoir, d’un monopole sur la définition du national et d’un contrôle strict des conditions d’accès à la citoyenneté effective.
Même leur prétendu humanisme relève davantage de la gestion passive que de la volonté transformatrice : administrer les urgences, accompagner les crises, sans jamais s’attaquer aux structures qui les produisent.
La question haratine cristallise parfaitement cette logique. Pour une partie du nationalisme arabe, la question haratine ne doit surtout pas être pensée politiquement. Leur raisonnement est simple : les Haratines étant considérés comme Arabes, leur situation ne relèverait que d’un problème social ou économique.
Cette lecture n’est pas neutre ; elle est profondément politique.En réduisant la question haratine à une simple variable sociale, ils neutralisent toute possibilité d’en faire un enjeu de représentation, de pouvoir, de mémoire ou de réorganisation nationale.
Les Haratines sont ainsi maintenus dans une position ambiguë : suffisamment reconnus pour être intégrés symboliquement, mais jamais assez pour constituer un sujet politique autonome.
Leur rattachement à des structures tribales ou clientélistes n’est pas accidentel ; il participe d’une stratégie plus large visant à empêcher l’émergence d’une conscience collective indépendante.
Dans cette perspective, toute tentative de formuler une question politique haratine est immédiatement disqualifiée comme manipulation extérieure, souvent attribuée aux Noirs mauritaniens, accusés de chercher à fragmenter l’ensemble maure.
Ce mécanisme rhétorique permet d’éviter le débat de fond : celui des hiérarchies internes, des rapports de domination et des contradictions non résolues au sein même de l’espace social maure.
Leur soutien à Messaoud Ould Boulkheir n’est pas seulement politique ; il est doctrinal. Il représente une lecture acceptable de la question haratine : une entité reconnue, certes, mais maintenue dans l’orbite de l’ensemble maure, sans autonomie politique disruptive.
Autrement dit : inclusion contrôlée, reconnaissance plafonnée, émancipation interdite. Leur calcul est limpide : retarder autant que possible toute confrontation sérieuse avec les questions structurelles du pays.
Soit le dialogue n’aura pas lieu dans sa forme authentique, soit il sera vidé de sa substance, encadré, dilué, neutralisé. L’objectif est de faire glisser le calendrier politique jusqu’en 2027, moment où l’attention nationale sera captée par une autre bataille, jugée bien plus stratégique par les élites du système : celle de la succession et du dauphin de Mohamed Ould Ghazouani.
Ainsi, pendant que le pays attend toujours un véritable débat sur la justice historique, la redistribution du pouvoir, la citoyenneté inclusive et la refondation du pacte national, certains travaillent déjà à préserver l’essentiel : la continuité du système sous de nouveaux visages.
La Mauritanie mérite mieux qu’un dialogue transformé en salle d’attente. Elle mérite une confrontation honnête avec ses fractures historiques, ses exclusions structurelles et ses non-dits fondateurs. Car différer indéfiniment les questions centrales n’a jamais produit la stabilité. Seulement l’illusion temporaire du contrôle….. Wetov
Source: Sy Mamadou

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