Un général mauritanien «tortionnaire» recruté par l’Onu crée un malaise



C’est une lettre au vitriol qui risque de secouer la tranquillité du siège des Nations Unies. De Paris, où Demba Niang, Président du Cadre de concertation des rescapés mauritaniens Europe/Etats-Unis se trouve, il a trempé sa plume dans l’amertume pour se plaindre auprès du secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres du recrutement d’un tortionnaire mauritanien à l’Onu. Les mots sont choisis avec soin, l’homme a fouillé dans les archives pour dispenser un cours d’histoire. Dans le premier chapitre de cette leçon d’histoire. Il écrit ceci : «Je vous écris pour vous faire part de ma stupeur et profonde consternation suite à la nomination du Général de Division Ali Zayed Moubarak Al-Khair de l’armée mauritanienne au poste de Commandant de l’Etat-major conjoint au sein de la MINUSCA en RCA.Dans les années 1990, Général Zaed servait au grade de Lieutenant en charge des renseignements à F’derik dans le nord-est de la Mauritanie. Durant cette période, des centaines d’éléments de l’armée mauritanienne, Afro-Mauritaniens originaires de la vallée du Fleuve Sénégal, furent arrêtés pour tentative de renversement des institutions de l’Etat. Une répression particulièrement meurtrière s’en est suivie. Durant ces années-là, plusieurs centaines d’éléments Afro-Mauritaniens de l’Armée ont été victimes de tortures, traitements inhumains et dégradants et d’exécutions extrajudiciaires. Les survivants de ces violations graves des droits humains et des ONG internationales des droits de l’homme ont établi une liste des auteurs de ce que celles-ci avaient, à l’époque, qualifié de crimes contre l’humanité et d’épuration ethnique. Le nom du Général Zayed figure sur cette liste.

En 1993, le régime d’alors a fait adopter par l’Assemblée nationale une loi d’amnistie consacrant de jure une impunité et une immunité totales pour les présumés auteurs des faits parmi lesquels le Général Zayed. Par pudeur et respect pour la personne humaine, je ne vais pas décrire dans les details la cruauté et les circonstances les plus inhumaines dans lesquelles certains de ces Afro-mauritaniens ont été exécutés.»

Demba Niang ne se contente pas d’avancer des accusations aussi graves sans brandir des preuves. Il dit : «Je voudrais attirer votre attention sur le faisceau indiscutable de preuves tendant à prouver l’implication personnelle du Général Zayed dans la commission de ces crimes et de l’exécution de certains éléments militaires Afro-Mauritaniens. Il aurait notamment pris part à l’élimination physique du Lieutenant Sarr Yaya par électrocution sur ses parties génitales.

Plusieurs rescapés, victimes et témoins en Mauritanie ou réfugiés depuis 1989 au Sénégal, en France et aux USA sont disposés à apporter leurs témoignages.»

En tout cas son recrutement a réveillé de mauvais souvenirs chez certaines victimes. «Lorsque la nomination du Général Zayed a été rendue publique mi-août, des survivants et associations des victimes des faits allégués ont alerté les institutions et services concernés au sein des Nations unies à Bangui, à Genève et à New York. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme à Genève a été saisi. En dépit de toutes ces alertes et démarches, le Général Zayed a pris fonction le 31 août. Pour défier les initiateurs de ces alertes, il a fait publier les photos de la cérémonie de sa prise de fonction sur les réseaux sociaux. Une désinvolture synonyme d’insulte à la mémoire des victimes des exécutions extrajudiciaires et de l’épuration des Afro-Mauritaniens de l’armée mauritanienne.

Le maintien du Général Zayed au sein de l’Etat-major conjoint de la MINUSCA serait une violation flagrante des principes et valeurs des Nations unies.» C’est pourquoi, Demba Niang demande face à la gravité des faits dont Général Zayed est accusé; eu égard à votre combat pour la Justice, le respect des principes et la protection des droits humains, je fais appel à votre sens élevé de l’Humanisme. Il prie d’ordonner aux services Onusiens concernés de prendre sans délai les mesures destinées à l’annulation immédiate de la nomination du Général Zaed. Une telle décision serait juste, car fondée sur des principes universels inaliénables. Le “deux poids deux mesures” serait fâcheux et particulièrement dommageable pour les Nations unies.

Il faut rappeler qu’en 2016, le déploiement d’un officier burundais à la MINUSCA à été révoqué pour des accusations de torture.

En 2019, l’Onu a annulé la nomination de Workneh Gebeyehu Negewo au poste de Directeur Général du Bureau des Nations à Nairobi. Des violations des droits humains lui seraient imputées.

La même année au Mali, l’Onu a également demandé le départ d’un officier Sri Lankais accusé de crimes contre l’humanité dans son pays.

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Jeudi 9 Septembre 2021
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