Messaoud Ould Boulkheïr, président de l'Assemblée nationale, leader de l'Alliance Populaire Progressiste (APP) et opposant historique, était face à la presse le mercredi 31 octobre, en fin d'après-midi.
Une rencontre organisée juste après un entretien téléphonique de sept minutes - premier du genre depuis l'incident du samedi 13 octobre - avec le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, blessé par des balles " amies ", selon la thèse officielle, et en convalescence en France, après son évacuation, par avion médicalisé, le dimanche 14 octobre dernier. Au plan du timing, le face à face, entre Ould Boulkheïr et la presse, est intervenu dans un contexte de grande confusion et de forte inquiétude, quant à la santé du citoyen n°1 du pays. Une ambiance délétère qui a connu un pic, au cours de la soirée du samedi 27 octobre, où les plus folles rumeurs, voire la grande peur, ont parcouru l'opinion.
Rassurer les Mauritaniens
De fait, l'objectif du président de l'Assemblée semblait bien de rassurer les Mauritaniens, de plus en plus inquiets, entre demi-vérités, rumeurs, amalgames, mensonges et, parfois, manœuvres de désinformation. " Le président Mohamed Ould Abdel Aziz se porte mieux ", a annoncé, d'entrée, le leader de l'APP, soucieux de tranquilliser l'auditoire, " il n'y a ni vide constitutionnel ni vacance de pouvoir, en Mauritanie ".
La suite est un appel au calme et à l'unité de tous les Mauritaniens. " On évalue, généralement, la responsabilité des peuples et leur degré de conscience, à travers leur attitude devant les situations difficiles. Nous prétendons être mieux que les autres. Cette prétention doit se refléter dans nos attitudes et notre comportement, face à l'accident dont a été victime le président de la République. C'est l'occasion de resserrer nos rangs et de montrer que nous sommes capables de nous unir, au-delà des divergences partisanes. Je demande aux citoyens de prier pour la guérison du président de la République et pour son retour rapide parmi nous, en espérant une nette amélioration de nos rapports à l'avenir". Mais une lecture entre les lignes de ce passage suggère que la convalescence du président de la République prendrait plus de temps que prévu. Ce qui laisse la porte encore ouverte à tous les scénarios, au plan constitutionnel et, même, par des voies moins conventionnelles, conformément à l'histoire politique du pays depuis près de 35 ans.
Un leader sur les nerfs
Tribun devant l'Eternel, redoutable polémiste doté d'un sens, aigu, de la rhétorique, le vieux lion est paru particulièrement tendu, en cette après-midi du mercredi 31 octobre. Résultat des courses : quelques échanges aigre-doux et accrochages avec, au moins, deux journalistes qui ont posé les problèmes du "bulletin de santé" du président, du "vide constitutionnel " et de "la vacance du pouvoir ".
Une nervosité nettement perceptible, de la part d'un personnage qu'on a, certes, déjà vu, de temps à autre, s'en prendre à un journaliste mais qui est allé, cette fois, bien au-delà des petites bisbilles habituelles. Une attitude surprenante qui semble avoir produit l'effet contraire à l'objectif initial de l'exercice, en faisant monter d'un cran le psychodrame d'une Mauritanie dont les regards sont tournés vers l'Hexagone. Un coin de l'Europe occidentale où se joue une importante partie de son avenir politique immédiat. Surtout dans un contexte de "quasi-constitutionnalité" des putschs militaires. Triste réalité toujours asservie à des officiers parfaitement " conscients " que le détenteur du pouvoir ne perd jamais une élection présidentielle, au pays du million de poètes.
Par ailleurs, la communication téléphonique, entre le président de l'Assemblée nationale et le chef convalescent de l'Etat intervient quelque vingt-quatre heures avant un meeting de la Coordination de l'Opposition Démocratique (COD). Ce qui n'a pas manqué de faire dire à certains qu'il s'agit ni plus, ni moins, d'une manœuvre visant à la saborder. Un rassemblement où la frange la plus radicale de l'opposition a réitéré sa réclamation, non seulement, d'une enquête sur "le déroulement de la fusillade" de la soirée du 13 octobre, la véritable identité de ses auteurs et leurs mobiles ; mais, aussi, un bulletin de santé du président de la République.
Ras-le-bol
Contiguïté nullement fortuite dans le contexte actuel. Le pouvoir et l'opposition modérée cherchent, évidemment, à faire barrage à la "propagande pernicieuse" d'une COD qui a repris service pour réinvestir la rue et les places publiques, dans une atmosphère de grande incertitude politique. Surtout qu'une importante frange de l'opinion nationale partage l'analyse de l'opposition radicale, criant à la confiscation permanente de l'Etat, de Taya à Aziz, par une classe d'officiers qui auraient repris les commandes, depuis la blessure de l'actuel président de la République. Tout le reste n'étant qu'une démocratie factice, configurée dans un jeu de dupes, avec des institutions républicaines fantômes, au pouvoir apparent rachitique, comparé à celui, occulte, des militaires. L'interruption brutale du mandat du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, un certain 6 août 2008, en aura été la plus éloquente illustration.
Les Mauritaniens prient, pour que l'arroseur de l'été de cette année-là, ne prenne pas, à son tour, une douche glacée. Non pas par amour béat pour celui-ci mais en l'espoir d'une rupture, définitive, avec le piège infernal du coup d'Etat permanent.
Amadou Seck
Une rencontre organisée juste après un entretien téléphonique de sept minutes - premier du genre depuis l'incident du samedi 13 octobre - avec le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, blessé par des balles " amies ", selon la thèse officielle, et en convalescence en France, après son évacuation, par avion médicalisé, le dimanche 14 octobre dernier. Au plan du timing, le face à face, entre Ould Boulkheïr et la presse, est intervenu dans un contexte de grande confusion et de forte inquiétude, quant à la santé du citoyen n°1 du pays. Une ambiance délétère qui a connu un pic, au cours de la soirée du samedi 27 octobre, où les plus folles rumeurs, voire la grande peur, ont parcouru l'opinion.
Rassurer les Mauritaniens
De fait, l'objectif du président de l'Assemblée semblait bien de rassurer les Mauritaniens, de plus en plus inquiets, entre demi-vérités, rumeurs, amalgames, mensonges et, parfois, manœuvres de désinformation. " Le président Mohamed Ould Abdel Aziz se porte mieux ", a annoncé, d'entrée, le leader de l'APP, soucieux de tranquilliser l'auditoire, " il n'y a ni vide constitutionnel ni vacance de pouvoir, en Mauritanie ".
La suite est un appel au calme et à l'unité de tous les Mauritaniens. " On évalue, généralement, la responsabilité des peuples et leur degré de conscience, à travers leur attitude devant les situations difficiles. Nous prétendons être mieux que les autres. Cette prétention doit se refléter dans nos attitudes et notre comportement, face à l'accident dont a été victime le président de la République. C'est l'occasion de resserrer nos rangs et de montrer que nous sommes capables de nous unir, au-delà des divergences partisanes. Je demande aux citoyens de prier pour la guérison du président de la République et pour son retour rapide parmi nous, en espérant une nette amélioration de nos rapports à l'avenir". Mais une lecture entre les lignes de ce passage suggère que la convalescence du président de la République prendrait plus de temps que prévu. Ce qui laisse la porte encore ouverte à tous les scénarios, au plan constitutionnel et, même, par des voies moins conventionnelles, conformément à l'histoire politique du pays depuis près de 35 ans.
Un leader sur les nerfs
Tribun devant l'Eternel, redoutable polémiste doté d'un sens, aigu, de la rhétorique, le vieux lion est paru particulièrement tendu, en cette après-midi du mercredi 31 octobre. Résultat des courses : quelques échanges aigre-doux et accrochages avec, au moins, deux journalistes qui ont posé les problèmes du "bulletin de santé" du président, du "vide constitutionnel " et de "la vacance du pouvoir ".
Une nervosité nettement perceptible, de la part d'un personnage qu'on a, certes, déjà vu, de temps à autre, s'en prendre à un journaliste mais qui est allé, cette fois, bien au-delà des petites bisbilles habituelles. Une attitude surprenante qui semble avoir produit l'effet contraire à l'objectif initial de l'exercice, en faisant monter d'un cran le psychodrame d'une Mauritanie dont les regards sont tournés vers l'Hexagone. Un coin de l'Europe occidentale où se joue une importante partie de son avenir politique immédiat. Surtout dans un contexte de "quasi-constitutionnalité" des putschs militaires. Triste réalité toujours asservie à des officiers parfaitement " conscients " que le détenteur du pouvoir ne perd jamais une élection présidentielle, au pays du million de poètes.
Par ailleurs, la communication téléphonique, entre le président de l'Assemblée nationale et le chef convalescent de l'Etat intervient quelque vingt-quatre heures avant un meeting de la Coordination de l'Opposition Démocratique (COD). Ce qui n'a pas manqué de faire dire à certains qu'il s'agit ni plus, ni moins, d'une manœuvre visant à la saborder. Un rassemblement où la frange la plus radicale de l'opposition a réitéré sa réclamation, non seulement, d'une enquête sur "le déroulement de la fusillade" de la soirée du 13 octobre, la véritable identité de ses auteurs et leurs mobiles ; mais, aussi, un bulletin de santé du président de la République.
Ras-le-bol
Contiguïté nullement fortuite dans le contexte actuel. Le pouvoir et l'opposition modérée cherchent, évidemment, à faire barrage à la "propagande pernicieuse" d'une COD qui a repris service pour réinvestir la rue et les places publiques, dans une atmosphère de grande incertitude politique. Surtout qu'une importante frange de l'opinion nationale partage l'analyse de l'opposition radicale, criant à la confiscation permanente de l'Etat, de Taya à Aziz, par une classe d'officiers qui auraient repris les commandes, depuis la blessure de l'actuel président de la République. Tout le reste n'étant qu'une démocratie factice, configurée dans un jeu de dupes, avec des institutions républicaines fantômes, au pouvoir apparent rachitique, comparé à celui, occulte, des militaires. L'interruption brutale du mandat du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, un certain 6 août 2008, en aura été la plus éloquente illustration.
Les Mauritaniens prient, pour que l'arroseur de l'été de cette année-là, ne prenne pas, à son tour, une douche glacée. Non pas par amour béat pour celui-ci mais en l'espoir d'une rupture, définitive, avec le piège infernal du coup d'Etat permanent.
Amadou Seck
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