Les jours passent et avec eux leur lot d’interrogations. Une question devient de plus en plus prégnante, celle de savoir si le président Mohamed Ould Abdel Aziz va encore revenir au pouvoir. Avec toutes ses capacités physiques et intellectuelles qui lui ont permis, depuis le 03 août 2005, d’être, véritablement, l’homme fort de la Mauritanie.
La réponse à cette question, et à tant d’autres, n’est vraiment pas facile à l’heure actuelle. Du fait même que les informations sur l’état de santé du président sont quasi inexistantes, ce qui ouvre la brèche à toutes sortes de supputations. Par exemple, que la succession de l’homme de la succession de l’homme aux deux coups d’état se prépare déjà. A deux niveaux : celui de l’Armée, où les généraux du Haut Conseil de Sécurité se mettraient déjà à envisager l’après Aziz, et de la Majorité présidentielle qui, tout en continuant à défendre les " acquis " à travers la continuation d’un semblant de gestion du pouvoir par le président absent-présent, et à travers la mise en avant du Premier ministre et des membres du Gouvernement, se prépare aussi au pire. D’ailleurs, cette ambivalence au niveau du camp du président n’a pas échappé à la Coordination de l’Opposition Démocratique COD). Le président en exercice de celle-ci, Saleh Ould Hannena, parle déjà de rudes batailles au sein du camp présidentiel sur l’héritage du rais malade.
Pour le président du parti " Hatem ", la Coalition de la Majorité Présidentielle (CPM) cache mal son jeu. Et les divisions qui la minent. Entre ceux qui appellent déjà à la tenue d’élections présidentielles anticipées, enterrant déjà le président, politiquement au moins, et ceux qui entrent déjà dans une sorte de période de " veillée funèbre ", et attendent que les généraux dévoilent leurs intentions, le torchon brûle. Détournant même les regards de ce qui faisait jusqu’à présent l’essentiel de la crise politique en Mauritanie, à savoir la volonté de la COD de " " dégager " Aziz et les ripostes musclées du pouvoir.
La COD se prépare aussi
Mais si la situation devait évoluer vers la tenue inéluctable d’élections présidentielles anticipées (un site de la place a évoqué la période de 6 mois, selon la volonté des militaires du HCS), on entrerait à nouveau dans une lutte sans merci entre partisans du pouvoir et partis d’oppositions. La COD a déjà décidé de reprendre le chemin de la rue pour marcher, et de la Place Ibn Abass, pour tenter de convaincre. Après avoir réussi à faire peur au pouvoir, par ses premières sorties, la COD avait réellement perdu du terrai parce qu’elle avait placé la barre très haut. Trop haut même. A tel point que sa stratégie de pression accrue sur le pouvoir s’est retournée contre elle-même par le fait que ceux qui espéraient le changement ont compris, finalement, qu’il ne viendrait pas d’une opposition pas encore prête aux sacrifices. On peut cependant dire aujourd’hui que l’effacement du président Aziz permet à la COD de reprendre la main. Surtout que, dans le camp adverse, il n’y a pas de vrais chefs autres que les compagnons d’arme du président Aziz. Ce qui laisse supposer qu’on tentera, une fois encore, de rééditer l’exploit de 2007, en propulsant en avant un candidat civil, soutenu énergiquement par les militaires et " l’aile civile " qui pense que rien ne peut encore se faire sans eux. La COD, déjà au fait de la manière de procéder des militaires, fera tout pour ne pas tomber dans le même piège : La précipitation qui a fait que, sans préparation aucune, elle s’était engagée dans des élections perdues d’avance. C’est dire qu’en réalité, on ne peut pas encore miser sur un changement de perspectives sans savoir, réellement, le degré d’incapacité ou non du président Aziz. D’ailleurs le fait même que l’on nage aujourd’hui dans le flou dicte une certaine prudence à des personnalités politiques du régime qu’on a souvent entendu, dans les empoignades avec la COD mais qui adoptent un profil bas pour mieux s’adapter à la confusion générale de ces deux dernières semaines.
CAP et RN même combat
La déclaration faite dimanche par Moustapha Ould Abeiderrahmane, président du parti " Renouveau Démocratique " et membre d’une coalition au sein de la Majorité regroupant avec lui le Mouvement pour la Rénovation (MPR) de Kane Hamidou Baba ainsi que le parti " Adil " de l’ex Premier ministre Yahya Ould Waghef, va dans le sens d’une alliance plus large avec la Convergence pour une Alternance Pacifique (CAP) des partis Alliance populaire progressiste (APP), Al Wiam et Sawab. Pour Ould Abeiderrahmane, l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, préconisant un large consensus et la formation d’un gouvernement d’union nationale, offre le cadre approprié pour sortir de la crise. Et même si le président du RD ne le dit pas clairement, les évènements de ces deux dernières semaines semblent avoir forcé la décision d’une Rencontre Nationale qui a toujours affiché ses positions " dissidentes " au sein de la Majorité sans aller pourtant jusqu’au bout de sa logique. Maintenant que la donne a changé, même si le départ d’Aziz n’est encore qu’une hypothèse de travail comme tant d’autres, il est évident que le jeu des alliances est déjà bien lancé. Pour une " succession ouverte ".
Sneiba Mohamed
La réponse à cette question, et à tant d’autres, n’est vraiment pas facile à l’heure actuelle. Du fait même que les informations sur l’état de santé du président sont quasi inexistantes, ce qui ouvre la brèche à toutes sortes de supputations. Par exemple, que la succession de l’homme de la succession de l’homme aux deux coups d’état se prépare déjà. A deux niveaux : celui de l’Armée, où les généraux du Haut Conseil de Sécurité se mettraient déjà à envisager l’après Aziz, et de la Majorité présidentielle qui, tout en continuant à défendre les " acquis " à travers la continuation d’un semblant de gestion du pouvoir par le président absent-présent, et à travers la mise en avant du Premier ministre et des membres du Gouvernement, se prépare aussi au pire. D’ailleurs, cette ambivalence au niveau du camp du président n’a pas échappé à la Coordination de l’Opposition Démocratique COD). Le président en exercice de celle-ci, Saleh Ould Hannena, parle déjà de rudes batailles au sein du camp présidentiel sur l’héritage du rais malade.
Pour le président du parti " Hatem ", la Coalition de la Majorité Présidentielle (CPM) cache mal son jeu. Et les divisions qui la minent. Entre ceux qui appellent déjà à la tenue d’élections présidentielles anticipées, enterrant déjà le président, politiquement au moins, et ceux qui entrent déjà dans une sorte de période de " veillée funèbre ", et attendent que les généraux dévoilent leurs intentions, le torchon brûle. Détournant même les regards de ce qui faisait jusqu’à présent l’essentiel de la crise politique en Mauritanie, à savoir la volonté de la COD de " " dégager " Aziz et les ripostes musclées du pouvoir.
La COD se prépare aussi
Mais si la situation devait évoluer vers la tenue inéluctable d’élections présidentielles anticipées (un site de la place a évoqué la période de 6 mois, selon la volonté des militaires du HCS), on entrerait à nouveau dans une lutte sans merci entre partisans du pouvoir et partis d’oppositions. La COD a déjà décidé de reprendre le chemin de la rue pour marcher, et de la Place Ibn Abass, pour tenter de convaincre. Après avoir réussi à faire peur au pouvoir, par ses premières sorties, la COD avait réellement perdu du terrai parce qu’elle avait placé la barre très haut. Trop haut même. A tel point que sa stratégie de pression accrue sur le pouvoir s’est retournée contre elle-même par le fait que ceux qui espéraient le changement ont compris, finalement, qu’il ne viendrait pas d’une opposition pas encore prête aux sacrifices. On peut cependant dire aujourd’hui que l’effacement du président Aziz permet à la COD de reprendre la main. Surtout que, dans le camp adverse, il n’y a pas de vrais chefs autres que les compagnons d’arme du président Aziz. Ce qui laisse supposer qu’on tentera, une fois encore, de rééditer l’exploit de 2007, en propulsant en avant un candidat civil, soutenu énergiquement par les militaires et " l’aile civile " qui pense que rien ne peut encore se faire sans eux. La COD, déjà au fait de la manière de procéder des militaires, fera tout pour ne pas tomber dans le même piège : La précipitation qui a fait que, sans préparation aucune, elle s’était engagée dans des élections perdues d’avance. C’est dire qu’en réalité, on ne peut pas encore miser sur un changement de perspectives sans savoir, réellement, le degré d’incapacité ou non du président Aziz. D’ailleurs le fait même que l’on nage aujourd’hui dans le flou dicte une certaine prudence à des personnalités politiques du régime qu’on a souvent entendu, dans les empoignades avec la COD mais qui adoptent un profil bas pour mieux s’adapter à la confusion générale de ces deux dernières semaines.
CAP et RN même combat
La déclaration faite dimanche par Moustapha Ould Abeiderrahmane, président du parti " Renouveau Démocratique " et membre d’une coalition au sein de la Majorité regroupant avec lui le Mouvement pour la Rénovation (MPR) de Kane Hamidou Baba ainsi que le parti " Adil " de l’ex Premier ministre Yahya Ould Waghef, va dans le sens d’une alliance plus large avec la Convergence pour une Alternance Pacifique (CAP) des partis Alliance populaire progressiste (APP), Al Wiam et Sawab. Pour Ould Abeiderrahmane, l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, préconisant un large consensus et la formation d’un gouvernement d’union nationale, offre le cadre approprié pour sortir de la crise. Et même si le président du RD ne le dit pas clairement, les évènements de ces deux dernières semaines semblent avoir forcé la décision d’une Rencontre Nationale qui a toujours affiché ses positions " dissidentes " au sein de la Majorité sans aller pourtant jusqu’au bout de sa logique. Maintenant que la donne a changé, même si le départ d’Aziz n’est encore qu’une hypothèse de travail comme tant d’autres, il est évident que le jeu des alliances est déjà bien lancé. Pour une " succession ouverte ".
Sneiba Mohamed
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