Perspectives : Avec ou sans Aziz…



Perspectives : Avec ou sans Aziz…
Depuis deux semaines, la Mauritanie " comme elle va " va très mal. Le risque de déflagration sociale qui menace l’existence même du pays n’a jamais été si grand. Pas même quand le coup d’Etat contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, en août 2008, avait mobilisé tous les démocrates mauritaniens pour dire non à une " Rectification " qui ne s’imposait pas en réalité.

Parce que comme le disent actuellement les partisans du président Aziz, Sidi devait, lui aussi, terminer son quinquennat, malgré tous les reproches qu’on lui faisait. Mais ceci c’est du passé et ce qui préoccupe vraiment les mauritaniens c’est de ne pas voir l’histoire se répéter avec Ould Abdel Aziz dans le rôle de la victime.

C’est d’autant plus vrai que la " vérité " de l’incident de Tweila est de plus en plus mise en doute. Certains se demandent même s’il ne s’agissait pas, véritablement, d’une tentative de coup d’état - qui pourrait bien se poursuivre à l’heure actuelle - avec tout le mystère qui entoure la santé du président, la gestion du pouvoir - par le général Ould Ghasouani ou les membres du Haut conseil de sécurité - la possibilité ou non de mettre fin à un mandat présidentiel dans des conditions d’incapacité physique de plus en plus évoquée.

Tout cela pour dire que la Mauritanie, en tant qu’Etat qui a toujours su géré avec un brin de sagesse les crises qu’il traverse, a besoin aujourd’hui encore de surpasser. Cela pousse à se poser cette question : y a-t-il des Mauritaniens qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, à envisager, sérieusement l’avenir immédiat du pays en fonction non seulement d’une solution " circonstanciée " de la crise qui oppose le pouvoir, depuis 2009, à la COD, mais aussi de cette affaire qui de " vacation " du pouvoir, de " vide constitutionnel " qui est venue se greffer sur l’autre et même l’inhiber.

Ce qui doit être envisagé comme solution ne doit pas l’être sous forme de demi-mesure. L’incapacité physique du président Aziz a levé le voile sur la vraie nature du pouvoir. Le président, tant qu’il est là, est tout. L’armée d’où il est issu, se tient à l’écart, en apparence, mais resurgit quand il y a risque ou nécessité de reprendre le processus de désignation du Chef.

Les hommes politiques ne sont là que pour servir de moyens d’accomplissement de la volonté de l’armée, à monter que la politique, comme activité et comme " business " a toujours été le support pour faire passer la volonté des militaires qui ont " conquis " le pouvoir depuis un certain 10 juillet 1978 et ne sont pas prêts à le céder aux civils.

L’armée et le pouvoir


Pour une fois, les partis politiques mauritaniens, de la majorité et de l’opposition, dont la raison d’être est d’être au service du développement économique, politique et social de la Mauritanie, doivent jouer pleinement le rôle qui est le leur : réglementer la gestion du pouvoir à travers l’entente sur le partage des rôles dans une démocratie apaisée. Certes, les scenarii qu’il faut envisager maintenant ne sont que deux.

Avec ou sans Aziz. Avec le retour du président, doté de toutes ses facultés, la gestion des affaires ne sera pourtant pas comme avant. On dit que l’expérience douloureuse assagi et Aziz ne fera sans doute exception à la règle. Ceux qui l’ont toujours critiqué pourraient s’tonner de voir re-naitre un autre homme, un autre président plus ouvert à la discussion avec sa majorité mais surtout plus conciliant avec son opposition ; on peut même ne pas être surpris de le voir accepter l’initiative de Messaoud Ould Boulkheir de mettre en place un gouvernement d’union nationale.


Une idée que la Majorité a toujours considérée comme une hérésie politique puisque, quand le pouvoir rejette toute idée de partage du pouvoir avec l’opposition, il n’enfreint nullement la sacrosainte règle qui préside au jeu démocratique en cours dans la plupart des systèmes républicains.

Même si la majorité a toujours eu un malin plaisir à entretenir la confusion autour du lien qu’elle établit entre ce refus et l’absence de dialogue. De même, quand l’opposition fustige la manière dont le gouvernement mène les affaires du pays, elle joue " admirablement " bien son rôle mais ce n’est pas à elle de dicter la bonne conduite à celui que le peuple à choisi.

La deuxième hypothèse est de ne pas voir revenir Ould Abdel Aziz au pouvoir. Pour incapacité physique ou par une simple répétition de l’histoire qui verrait l’un des généraux, ou peut être tous, profiter de la diminution de l’homme pour le mettre à l’écart ! Une idée largement répandue aujourd’hui et qui, pour dire vrai, n’est pas si aberrante qu’on le laisse croire.

Le pouvoir attire comme un aimant l’ambition sommeille en tout homme. Le plus souvent, c’est un simple déclic qui fait dire à quelqu’un : pourquoi pas moi ? Blaise Campaoré a peut-être eu ce réflexe, en 1987, quand il a écarté de sa route son ami Thomas Sankara et Aziz a " rectifié " le processus démocratique engagé sous Ely pour précipiter les évènements et empêcher son ainé et cousin de revenir à la ATT (Amadou Toumani Touré). Alors… ?

Sneiba Mohamed


Mercredi 31 Octobre 2012
Boolumbal Boolumbal
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