News :
Officiel : le Président Ghazouani plus que jamais déterminé à solder toutes les injustices en premier le passif humanitaire Révélation officielle des efforts déployés par Ghazouani de concert avec les parents des victimes pour régler le passif humanitaire Capitaine Sidi Mohamed Ould Vaida — une réponse d’Abou SARR Un ancien officier de l’armée nationale dénonce une campagne de diffamation ciblée sur les réseaux sociaux 𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬é𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 : 𝐑é𝐟𝐥𝐞𝐱𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬é 𝐚𝐮𝐱 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐚𝐜𝐜𝐨𝐫𝐝é 𝐚𝐮𝐱 𝐏𝐚𝐥𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧𝐢𝐞𝐧𝐬. Défilé du 28 novembre "une vitrine sans armée" déclare le général à retaite  Mauritanie : libération de la militante Dieynaba Ndiom, après quatre jours de détention 3 décembre 1987,  Jreida : souvenirs d’un jeune soldat Mauritanie : Pourquoi faut-il abroger la loi d’amnistie de 1993 pour aller à la vérité, à la justice et enfin à l’unité et à la réconciliation Passif humanitaire : un collectif des veuves et une Alliance des orphelins et des victimes civiles et militaires empêchés de tenir une conférence de presse

Mohamed Ould Maguett, parrain controversé d’une compétition de lutte traditionnelle à Nouakchott



Le vendredi 27 décembre 2024, Nouakchott a été le théâtre d’un événement sportif sous haute tension : des combats de lutte traditionnelle pulaar organisés par MBODJ Abou Mariayata, animateur radio, et Dieng Mamadou Farba, ancien technicien de Radio Mauritanie. Placée sous le haut patronage de Mohamed Ould Maguett, président de l’Assemblée nationale mauritanienne, cette manifestation a rapidement tourné à la polémique en raison des accusations graves pesant sur le parrain.

Un parrain accusé de crimes passés

Mohamed Ould Maguett figure sur la liste des personnalités accusées d’avoir participé aux persécutions et exécutions de militaires noirs mauritaniens sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Parmi ces crimes, des témoins l’accusent d’avoir assassiné le lieutenant de la Marine TAMBADOU Abdoulaye. Ce lourd passé a refait surface à l’occasion de l’événement, déclenchant la colère des veuves et des orphelins des victimes, qui se sont rassemblés dans l’arène de lutte traditionnelle à Sebkha, située dans le 5ᵉ arrondissement de Nouakchott.

Les manifestants, scandant des slogans tels que « Juger Ould Maguett ! Ould Maguett assassin ! », ont exprimé leur indignation face à la présence de ce parrain controversé à une manifestation culturelle et sportive. Leur mobilisation visait à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une insulte à la mémoire des victimes et une tentative de blanchir le passé de ceux accusés de crimes graves.


Face à la montée des tensions, Dieng Mamadou Farba, co-organisateur de l’événement, s’est adressé aux manifestants dans une tentative d’apaisement. Il a invoqué son lien familial avec Ba Seydi Amadou, un officier noir mauritanien lui-même tué sous le régime de Taya, pour justifier son implication et celle de Mohamed Ould Maguett. Toutefois, cette tentative a été mal accueillie par les manifestants, qui ont vivement critiqué le choix d’Ould Maguett comme parrain.

Les manifestants ont suggéré qu’une autre personnalité aurait pu endosser ce rôle, citant des figures respectées comme Ibrahima Moctar Sarr, Khalli Diallo ou Kardiara Milick Diallo. Selon eux, associer l’événement à un homme accusé de tortures et de meurtres n’était rien d’autre qu’une provocation. Ils ont également dénoncé l’attitude de Dieng Mamadou Farba, qu’ils ont accusé de placer ses intérêts personnels au-dessus de la mémoire des victimes.


L’arène de Sebkha, qui aurait dû être un lieu de célébration de la culture pulaar et du sport traditionnel, s’est ainsi transformée en une plateforme de revendications politiques et mémorielles. Cet incident met une nouvelle fois en lumière les blessures profondes laissées par les décennies de discriminations et de répressions subies par les Noirs mauritaniens.

Le choix de Mohamed Ould Maguett comme parrain soulève des questions sur la réhabilitation de figures accusées de graves violations des droits humains. Pour de nombreux Mauritaniens, cette polémique est symptomatique d’un manque de justice et de reconnaissance pour les victimes des violences passées.


L’événement du 27 décembre montre à quel point la société mauritanienne reste divisée sur les questions de justice et de réconciliation nationale. Les veuves et orphelins des militaires noirs continuent de réclamer des procès équitables et une reconnaissance des crimes commis, tandis que certains acteurs politiques et culturels semblent minimiser ces revendications.

Dans un contexte où le sport et la culture pourraient être des outils d’unité nationale, le choix de parrains aussi controversés risque de raviver les tensions plutôt que de les apaiser. Pour beaucoup, la lutte pour la justice en Mauritanie reste loin d’être terminée.

Abou SARR

Samedi 28 Décembre 2024
Boolumbal Boolumbal
Lu 1499 fois



Recherche


Inscription à la newsletter