Mauritanie : la diaspora contre l’oubli et l’enrôlement discriminatoire



Mauritanie : la diaspora contre l’oubli et l’enrôlement discriminatoire

La diaspora dans les rues de Paris le 27 avril prochain pour commémorer les déportations des noirs dans les années 81 à 91 sous le régime de Ould Taya à l’appel du collectif des organisations mauritaniennes de France qui entend revisiter l’une des pages les plus sombres de l’histoire du pays dans laquelle sont gravés pour toujours près de 120 000 déportés au Sénégal et au Mali 28 soldats assassinés en 90 à Inal et près de 355 morts en 89 à Sorimalé.

L’occasion également pour les manifestants de dénoncer l’enrôlement discriminatoire en France comme en Mauritanie.

En cette veille du 27 avril, les organisations mauritaniennes en France montent au créneau pour commémorer les évènements de 89 à 91 qui ont saigné la communauté négro mauritanienne. Près de 120 000 personnes ont été déportés au Sénégal et au Mali et 355 pêcheurs et éleveurs enterrés dans des fosses communes à Sorimale...

... un village au Sud du pays au bord du fleuve Sénégal et pour comble de malheur 28 soldats innocents exécutés extra judiciairement à Inal au Nord du pays dans la région de Dakhlet-Nouadhibou pour fêter l’anniversaire de la Mauritanie.

Afin de ne pas céder au seul vertige de cet hécatombe dont le principal responsable est l’ancien président Ould Taya, la diaspora entend descendre dans les rues de Paris pour interpeller les citoyens sur cette tragédie que la Mauritanie n’ait jamais connu depuis son indépendance en 1960.Mais pour les manifestants c’est surtout un devoir de mémoire pour les générations futures.

Cela fait partie de l’histoire de la Mauritanie laquelle doit être écrite par les historiens et enseignée dans les écoles. Et si on regarde l’avenir les choses ne semblent pas bouger à Nouakchott ou du moins à pas de caméléon. Plus de trois décennies après ces crimes odieux les mauritaniens ne sont pas toujours réconciliés avec eux-mêmes malgré quelques avancées au plan de la réparation financière des rapatriés.

Faute de volonté politique pour résoudre complètement le passif humanitaire le régime de Ould Aziz installé depuis juillet 2009 a tourné le dos à l’impunité. Et ironie de l’histoire la communauté noire a l’impression de vivre un autre calvaire sur un autre chapitre de la cohabitation symbolisé par le recensement biométrique. Raison pour laquelle cette année la commémoration de la déportation revêtira une triple signification contre l’oubli et contre l’enrôlement discriminatoire en France et en Mauritanie et contre l’esclavage.

Cette résistance citoyenne s’impose parce qu’elle touche la communauté noire et Hratine victimes depuis des années du racisme d’Etat de la majeure partie des locataires du palais de Nouakchott. Cette « minorité visible » du pays vit douloureusement ce sentiment d’une impasse politique aggravée par le discrédit de la classe dirigeante qui a recours le plus souvent à des comportements qui portent atteintes aux droits de l’homme.

A Paris la spécificité de l’évènement marque un nouveau tournant dans la séquence mémorielle des événements entre le Sénégal et la Mauritanie.

Source : Baba Kane

Samedi 27 Avril 2013
Boolumbal Boolumbal
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