Mauritanie: l'expropriation des terres de la Vallée avance à grands pas



Depuis 89 les populations des régions du Sud de la Mauritanie sont confrontées à l'expropriation de leurs terres. De Rosso à Dar El Barka en passant par Boghé et Donnaye, le calvaire est le même. Les habitants semblent aujourd'hui à genou pour survivre. Une situation aggravée de plus en plus par la présence sur le terrain d'exploitants véreux nationaux avec la complicité des autorités locales et les investisseurs étrangers notamment saoudiens. Pour les autorités de Nouakchott il s'agit d'une mise en valeur des terres de la vallée pour satisfaire les 60 pour cent des besoins alimentaires de la Mauritanie alors que pour les ONG et associations nationales des Droits de l'Homme parlent de scandales fonciers du régime de Ould Aziz.

L'origine des litiges fonciers qui planent aujourd'hui sur les collectivités traditionnelles dans les régions du Sud remonte à l'ordonnance 83 révisée en 2000 et qui stipule que « les terres appartiennent à l'Etat et font partie de personnes privées et protégées en tant que telles les terres mises en valeur par ces dernières ». Autrement dit la terre appartient à ceux qui la travaillent et non qui la possèdent. C'est ainsi qu'en 89 après la déportation de près de trois quarts de la population de la vallée les terres ont été confisquées par l'Etat. Des milliers d'hectares sont entre les mains de nouveaux propriétaires c'est à dire l'Etat, les exploitants nationaux et les investisseurs étrangers au détriment des anciens propriétaires dont la plupart sont des rapatriés du Sénégal depuis 2009. Boghé, Dar El Barka et Donnaye au bord du Fleuve Sénégal sont les principales localités qui souffrent des dommages collatéraux des événements de 89. Le gouvernement de Ould Laghdaf ne cache plus ses ambitions. Les projets agricoles fleurissent dont le dernier en date avec les fonds saoudiens pour la construction d'une usine laitière à Boghé prochainement. L'objectif est de satisfaire les 60 pour cent en besoin alimentaire des mauritaniens. Et pendant ce temps des villages entiers dans cette contrée du Brakna sont réduits à un strict minimum de possession de surfaces cultivables pour eux-mêmes avec la complicité des autorités locales. Les habitants ont l'impression de vivre des cauchemars interminables et d'avoir tout perdu. Mais pour les pouvoirs publics il s'agit ni plus ni moins qu’une mise en valeur des terres de la vallée alors que les ONG et associations nationales des droits de l'homme parle de scandales fonciers. Ce qui inquiète surtout les observateurs c'est la progression de l'expropriation des terres de la vallée au profit de l'agro-business qui coïncide avec la dissémination des rapatriés du Sénégal dans le Sud du pays dont la réintégration sociale pose un casse-tête pour le régime de Ould Aziz. Ce sont les chefs de village qui font l'objet d' humiliations quotidiennes dans les postes de police pour des litiges fonciers .L'heure n'est pas à l'apaisement mais à la mobilisation..


Yaya Cherif Kane

Jeudi 11 Avril 2019
Boolumbal Boolumbal
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