Mauritanie:Solution de sortie de crise : Un nouveau dialogue est-il possible ?

De plus en plus, des voix autorisées au sein de la majorité présidentielle, font entrevoir la possibilité d’un nouveau dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition. Le comportement de cette dernière par rapport au drame qui a touché le président de la République semble avoir ramolli bien des consciences. Ce dialogue est-il encore possible, alors que l’autre opposition, la CAP, semble totalement si opposée ?



Mauritanie:Solution de sortie de crise : Un nouveau dialogue est-il possible ?
Il y a quelques semaines, un des députés de la majorité présidentielle avait entrouvert une possibilité d’un dialogue bis avec la Coordination de l’opposition démocratique (COD). L’opinion était encore sous le choc du drame qui avait failli coûter la vie au Chef de l’Etat, lequel selon la version officielle venait d’essuyer par erreur des coups de feu à un barrage militaire. En effet, ceux qui croyaient que l’opposition allait profiter de l’occasion pour faire monter les enchères politiques, semblent avoir été surpris par la décision de leurs plus farouches adversaires de surseoir à toute activité hostile jusqu’au prompt rétablissement du président Mohamed Ould Abdel Aziz et son retour au pays.


Proposition de Messaoud Ould Boulkheïr : Rappel

Le président de l’Assemblée Nationale et du parti Alliance Populaire Progressiste (APP), Messaoud Ould Boulkheïr, avait proposé un "Plan de sortie de crise politique Selon certaines sources, le plan concocté tournerait autour de points qui devaient satisfaire aussi bien l’opposition que le pouvoir en place. Le Plan suggère que toute la période allant du 8 août 2008, date du coup d’état militaire mené par Mohamed Ould Abdel Aziz contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, jusqu’à l’échéance présidentielle de 2014, soit considérée comme une transition politique non constitutionnelle. Ce qui sera de nature à permettre au président Mohamed Ould Abdel Aziz de se présenter aux deux prochaines échéances présidentielles à venir, c’est-à-dire en 2014 et en 2019. Deuxième point, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale où le Premier ministre sera choisi dans le camp de la majorité, jusqu’à la tenue des élections législatives et municipales. Les autres portefeuilles ministériels devront être répartis à part égale entre la majorité et l’opposition. Messaoud Ould Boulkheïr devait soumettre ce Plan à l’appréciation président Mohamed Ould Abdel Aziz , avant de le soumettre à la classe politique. Beaucoup pensaient que cette proposition n’avait aucune chance de réussite vu les positions éloignées entre l’opposition et la majorité. Mais avec la donne actuelle où le pays est menacé de crise institutionnelle et sécuritaire, la donne semble avoir changé. Toutes les options pour une sortie de crise seront dorénavant prises considération.

Aujourd’hui, c’est un ténor de la majorité, le député Sidi Mohamed Ould Maham qui relance les débats sur un possible dialogue entre le pouvoir et la COD que le président Mohamed Ould Abdel Aziz devrait convoquer, selon lui, dès son retour. Le parlementaire, qui fait partie du cercle rapproché du pouvoir en place, aurait même apprécié le geste de la COD d’avoir préservé la stabilité politique pendant que le régime était en position de faiblesse morale après l’évacuation en France de son chef.

Même si ces propos attribués à Sidi Mohamed Ould Maham ne sont pas encore vérifiés, il est clair que la tendance largement prouvée par d’autres sources proches du pouvoir, indique qu’un pan important de la majorité serait favorable à des discussions franches avec la COD pour dépasser les clivages actuels. La nature de ce dialogue et ces modalités resteraient à définir, à l’heure où l’opinion souhaite l’apaisement du front intérieur au moment où les bruits de botte se font déjà entendre aux frontières orientales du pays, avec cette guerre qui s’annonce dans le Nord Mali. Pour le moment, aucune réaction n’est enregistrée au niveau de la COD par rapport à l’éventualité d’un dialogue bis avec le pouvoir encore moins sa position par rapport à cette option. Ce qui est clair, l’opposition a toujours évoqué sa prédisposition à discuter avec le pouvoir. Ce dernier aussi. Mais chacun campe sur des positions qui, jusqu’aux évènements actuels, étaient aux antipodes des uns et des autres. La COD a en effet toujours campé sur ce dialogue inclusif contenu dans les Accords de Dakar, alors que la majorité considérait ces accords comme désuets, convaincu que le mini dialogue mené avec une partie de l’opposition pouvait en tenir lieu. D’ailleurs, lors de toutes ces interventions, le président du parti-Etat, l’Union Pour la République (UPR) n’a cessé de répéter la disposition de son camp à dialoguer avec l’opposition, à condition que les acquis du dialogue avec les partis dialoguistes de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) soient préservés. Ce que la COD n’a jamais voulu accepter, arguant qu’elle ne pouvait entériner les résultats d’un dialogue auquel elle n’était pas partie prenante.

Aujourd’hui, il est clair que tout le monde est favorable à une table rase et à une redistribution des cartes, à travers un dialogue national où l’ensemble des parties prenantes seront présentes.

Cheikh Aïdara



Jeudi 25 Octobre 2012
Boolumbal Boolumbal
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