La sortie publique de l’UPR dimanche dernier se veut une réponse cinglante aux attaques de la COD. Le parti au pouvoir accuse cette dernière de chercher, à travers ses attaques " déplacées " à faire oublier l’erreur commise en ne s’engageant pas dans le dialogue politique entamé, en octobre dernier, par le pouvoir et quatre partis d’opposition. Le choix du discours (allant même jusqu’à appeler à la chute du président Aziz) et des moyens (la rue) ne semblent pas plaire à une majorité qui en appelle au respect des institutions démocratiques et aux principes qui en commandent le fonctionnement.
C’est pour dire que les partis politiques (de la majorité et de l’opposition) occupent à nouveau la scène non plus pour vanter - ou critiquer - un dialogue qui était, jusqu’à peu encore, le principal enjeu de la crise qui secoue le pays depuis trois ans mais pour œuvrer à la réalisation d’objectifs diamétralement opposés à ceux de l’opposition. On n’est plus au stade où les partisans du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et leurs " alliés " de circonstance (les partis d’opposition qui ont participé au dialogue) parlent de " succès éclatant ", au moment où leurs contradicteurs de la COD évoquent, eux, une " comédie destinée à détourner l’attention des citoyens de ce qui les occupe " - et les préoccupe - à savoir ces prix qui atteignent des pics jamais égalés, ce chômage endémique des jeunes diplômés et, pour compliquer la tâche du gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf, cette sécheresse qui sème le désarroi dans les rangs des éleveurs. Aujourd’hui, c’est le sort même du président Aziz qui est en jeu : Aux " Aziz dégage " de l’Opposition radicale, l’UPR, qui est pratiquement le seul parti de la Majorité à montrer au front, répond par la mise en avant de la légalité (conférée par l’élection présidentielle du 18 juillet 2009) et de la légitimité populaire qui fait que les nombreuses manifestations de la COD n’ont pas réussi à ébranler les assises d’un pouvoir qui, sentant la menace, utilise les mêmes armes que son opposition.
Reprendre la main
Souvent surpassée dans les débats politiques au niveau de l’Assemblée nationale par une opposition pourtant minoritaire, la majorité (l’UPR en tête) tente de se rattraper dans les " ébats de rue " (les meetings) où les discours des uns et des autres volent très bas. Dans ces " combats de rue " -, l’Union pour la République n’a pas l’appui du reste de la Majorité. Plusieurs partis de la coalition présidentielle sont aux abonnés absents, laissant l’UPR et les partis de l’opposition participationniste (APP, Al Wiam, Hamam et Sawab) seuls dans cette " guérilla verbale " face à dix partis membres de la COD (Coordination de l’opposition démocratique) bien aguerris à ce genre de situation.
Usant des mêmes armes, l’UPR cherche à affirmer pourtant son statut de chef de file de la Majorité et, même si son leadership sur le plan national a encore un statut " informel ", qu’elle est le premier parti de Mauritanie. Et qu’elle n’attend que la tenue des élections municipales et législatives pour le confirmer. C’est pour cela que l’UPR a d’abord cherché à faire du dialogue son affaire personnelle. C’est ce qu’avait déjà laissé entendre son président, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine - notre photo- , et c’est également ce qui ressortait des discours tenus par ses principaux responsables dans les différents meetings d’explication et de sensibilisation sur les résultats du dialogue et, maintenant, de la " Défense et illustration " des acquis du pouvoir actuel. Qu’un membre du gouvernement attaque la COD c’est son droit. Personne ne peut reprocher à un membre influent du parti au pouvoir, de surcroit ministre de la Troisième République " rectifiée ", de faire l’apologie du pouvoir, mais ce qu’il faut reconnaître tout de même c’est l’absurdité, au sens camusien en du terme, d’une situation politique équivoque où tout le monde accuse tout le monde. A propos de tout et de rien.
Et dans ce nouveau cas de figure, les cartes étant redistribuées, il faut bien que le discours des hommes politiques sorte de l’à peu près. Il faudra, par exemple, que les autres partis de la Majorité s’engagent à fond à côté de l’UPR, pour donner plus de crédit au discours panégyrique du parti-Etat, ou qu’ils disent aux mauritaniens que leur position de retrait, effectif mais non déclaré, provient d’un mécontentement sur la manière dont le pays est géré par Mohamed Ould Abdel Aziz et le Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf.
Sur le plan de l’unicité du discours, la majorité doit revoir sa copie. Non pas que les autres partis laissent l’UPR passer à l’offensive seule mais parce que dans cette contre-offensive tous azimuts, c’est cette formation qui, faisant cavalier seul, fait douter du caractère " national " et, à un degré moindre, " majoritaire ", au sein des soutiens du pouvoir, du choix politique tourné vers le dialogue à minima avec une partie de l’opposition. A ce sujet, Adil, la formation de l’ex Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ne cesse de réclamer un dialogue bis destiné à impliquer la COD. Une dissonance, en fait, qui laisse penser que tout est à refaire. Ou à repenser.
Sneiba Mohamed.
authentic
C’est pour dire que les partis politiques (de la majorité et de l’opposition) occupent à nouveau la scène non plus pour vanter - ou critiquer - un dialogue qui était, jusqu’à peu encore, le principal enjeu de la crise qui secoue le pays depuis trois ans mais pour œuvrer à la réalisation d’objectifs diamétralement opposés à ceux de l’opposition. On n’est plus au stade où les partisans du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et leurs " alliés " de circonstance (les partis d’opposition qui ont participé au dialogue) parlent de " succès éclatant ", au moment où leurs contradicteurs de la COD évoquent, eux, une " comédie destinée à détourner l’attention des citoyens de ce qui les occupe " - et les préoccupe - à savoir ces prix qui atteignent des pics jamais égalés, ce chômage endémique des jeunes diplômés et, pour compliquer la tâche du gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf, cette sécheresse qui sème le désarroi dans les rangs des éleveurs. Aujourd’hui, c’est le sort même du président Aziz qui est en jeu : Aux " Aziz dégage " de l’Opposition radicale, l’UPR, qui est pratiquement le seul parti de la Majorité à montrer au front, répond par la mise en avant de la légalité (conférée par l’élection présidentielle du 18 juillet 2009) et de la légitimité populaire qui fait que les nombreuses manifestations de la COD n’ont pas réussi à ébranler les assises d’un pouvoir qui, sentant la menace, utilise les mêmes armes que son opposition.
Reprendre la main
Souvent surpassée dans les débats politiques au niveau de l’Assemblée nationale par une opposition pourtant minoritaire, la majorité (l’UPR en tête) tente de se rattraper dans les " ébats de rue " (les meetings) où les discours des uns et des autres volent très bas. Dans ces " combats de rue " -, l’Union pour la République n’a pas l’appui du reste de la Majorité. Plusieurs partis de la coalition présidentielle sont aux abonnés absents, laissant l’UPR et les partis de l’opposition participationniste (APP, Al Wiam, Hamam et Sawab) seuls dans cette " guérilla verbale " face à dix partis membres de la COD (Coordination de l’opposition démocratique) bien aguerris à ce genre de situation.
Usant des mêmes armes, l’UPR cherche à affirmer pourtant son statut de chef de file de la Majorité et, même si son leadership sur le plan national a encore un statut " informel ", qu’elle est le premier parti de Mauritanie. Et qu’elle n’attend que la tenue des élections municipales et législatives pour le confirmer. C’est pour cela que l’UPR a d’abord cherché à faire du dialogue son affaire personnelle. C’est ce qu’avait déjà laissé entendre son président, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine - notre photo- , et c’est également ce qui ressortait des discours tenus par ses principaux responsables dans les différents meetings d’explication et de sensibilisation sur les résultats du dialogue et, maintenant, de la " Défense et illustration " des acquis du pouvoir actuel. Qu’un membre du gouvernement attaque la COD c’est son droit. Personne ne peut reprocher à un membre influent du parti au pouvoir, de surcroit ministre de la Troisième République " rectifiée ", de faire l’apologie du pouvoir, mais ce qu’il faut reconnaître tout de même c’est l’absurdité, au sens camusien en du terme, d’une situation politique équivoque où tout le monde accuse tout le monde. A propos de tout et de rien.
Et dans ce nouveau cas de figure, les cartes étant redistribuées, il faut bien que le discours des hommes politiques sorte de l’à peu près. Il faudra, par exemple, que les autres partis de la Majorité s’engagent à fond à côté de l’UPR, pour donner plus de crédit au discours panégyrique du parti-Etat, ou qu’ils disent aux mauritaniens que leur position de retrait, effectif mais non déclaré, provient d’un mécontentement sur la manière dont le pays est géré par Mohamed Ould Abdel Aziz et le Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf.
Sur le plan de l’unicité du discours, la majorité doit revoir sa copie. Non pas que les autres partis laissent l’UPR passer à l’offensive seule mais parce que dans cette contre-offensive tous azimuts, c’est cette formation qui, faisant cavalier seul, fait douter du caractère " national " et, à un degré moindre, " majoritaire ", au sein des soutiens du pouvoir, du choix politique tourné vers le dialogue à minima avec une partie de l’opposition. A ce sujet, Adil, la formation de l’ex Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ne cesse de réclamer un dialogue bis destiné à impliquer la COD. Une dissonance, en fait, qui laisse penser que tout est à refaire. Ou à repenser.
Sneiba Mohamed.
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