Mauritanie:Crise : Front social en ébullition

Ainsi Mohamed Ould Abdel Aziz est confronté à une gronde sociale qui ne cesse de prendre de l’ampleur. La dernière réprimande vient des syndicats CGTM et CNTM qui revendiquent une amélioration des conditions de vie des travailleurs qui ne s’en sortent plus durant cette période de crise. Dans le mémorandum en 11 points présenté au Premier Ministre, ces centrales réclament l’application de revendications qui n’auraient pas été satisfaites.



Mauritanie:Crise : Front social en ébullition
Le moins que l’on puisse dire est qu’un malaise social est perceptible en Mauritanie, en témoigne les différents mouvements de contestation enregistrés quotidiennement à Nouakchott et même à l’intérieur du pays ?Des étudiants, en passant par les diplômés chômeurs, puis des fonctionnaires de l’éducation et de la santé, les travailleurs journaliers de la SNIM et de la SOMELEC, les indignés de Nouadhibou, les manifestants de Mederdra, deux grandes centrales syndicales…
Les réponses apportées par ci et là ne semblent pas être des meilleures et même le fameux programme El Emel 2012 censé soulagé les populations nécessiteuses et même au-delà, est décrié.

Pas un jour ne se passe aujourd’hui sans que les murs de la Présidence ne soient pris d’assaut par des mouvements de contestation. L’on vient ainsi afficher au Président son mécontentement puisque étant en fait le seul détenteur de pouvoir et capable d’apporter des changements. Cette propension à se plaindre directement au Chef de l’Etat ne répond pas uniquement d’une forte centralisation du pouvoir mais également à un malaise social manifeste qui touche tous les secteurs d’activités et les populations dans leur vécu quotidien. Alors que dans le passé, les mauritaniens avaient pour habitude d’encaisser sans broncher même les injustices les plus flagrantes, les choses ont changé aujourd’hui. En effet, grâce à une nouvelle conjoncture sous- régionale (printemps arabe notamment), les mauritaniens ont appris à sortir quand il le fallait et surtout ils n’ont plus peur dénoncer les injustices dont ils sont victimes.

Ainsi Mohamed Ould Abdel Aziz est confronté à une gronde sociale qui ne cesse de prendre de l’ampleur. La dernière réprimande vient des syndicats CGTM et CNTM qui revendiquent une amélioration des conditions de vie des travailleurs qui ne s’en sortent plus durant cette période de crise. Dans le mémorandum en 11 points présenté au Premier Ministre, ces centrales réclament l’application de revendications qui n’auraient pas été satisfaites. A cette levée de bouclier syndicale il faut ajouter les rafles et expulsions d’étrangers noirs de Nouadhibou que de nombreuses associations de la société civile ont condamné. Ces associations s’insurgent contre ces expulsions sélectives à caractère racial et mettent en garde contre des mesures similaires des pays africains concernés par cette rafle, notamment le Sénégal.

L’on se rappelle que c’est également à partir de la capitale économique qu’une marche d’indignés (entre Nouadhibou et Nouakchott) avait été organisée. Les marcheurs étaient arrivés à Nouakchott dans le but de remettre au Président des doléances concernant principalement les difficiles conditions de vie dans la capitale économique. La semaine dernière c’est Mederdra qui entrait dans la danse en réclamant la construction d’une voie goudronnée la reliant à Tiguent. Une manifestation des jeunes de cette ville sévèrement réprimandée par les forces de l’ordre.

Une répression qui rappelle celles contre l’université de Nouakchott, l’Iseri, le mouvement « Touche pas ma nationalité », IRA Mauritanie etc. Il est clair que quelque chose ne tourne pas rond dans le pays alors que le Président continue de garder un Premier Ministre des plus impopulaires et un gouvernement qui a pratiquement échoué sur toute la ligne. Et encore que la liste de points de tension sociale est loin d’être exhaustive : les déportés de retour du Sénégal vivent dans des conditions extrêmement difficiles alors que la gestion de l’épineux dossier du passif humanitaire semble chaotique. Et pour ne rien arranger le programme Emel 2012 n’est pas un franc succès. Les quantités proposés sont infimes et les produits ne sont pas variés ; s’y joint des suspicions de gestion opaque.

Au finish, le front social qui avait été une des priorités du Général Aziz lors du putsch de 2008, est aujourd’hui source d’inquiétude. C’est ce ras le bol que cherche à récupérer l’opposition dite radicale afin de mettre la pression sur le régime. Si le meeting du 12 mars 2012 à Nouakchott avait été un succès, les autres actions menées jusque là par la COD ont été en deçà des attentes.

Toutefois, le pouvoir se doit de réagir au plus vite afin d’apporter des solutions aux nombreux problèmes sociaux qui étranglent les classes moyennes et pauvres. Il semble qu’un changement de l’attelage gouvernemental soit déjà une priorité.

Amadou Diaara
renovateur

Dimanche 15 Avril 2012
Boolumbal Boolumbal
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