Mauritanie/ 28 novembre: Communiqué de la CVE



8 Novembre 1990 – 28 Novembre 2019. Aujourd’hui, 29 longues années se sont écoulées après la pendaison lâche de 28 soldats négro-mauritaniens à Inal ; acte ignoble par lequel d’autres soldats, mus par des instincts macabres et l’esprit obscurci par une haine irraisonnée, avaient décidé de fêter, à leur manière, l’indépendance de la Mauritanie.

Cette barbarie sans nom était venue couronner une purge sanglante menée à pas de charge au sein de l’armée nationale à la fin de l’année 1990 et le début de l’année 1991, période pendant laquelle plus de 500 militaires négro-mauritaniens ont été lâchement assassinés à Azlat, à Jreida, à Inal…

La pendaison des 28 soldats, plus qu’une abomination, est aujourd’hui une souillure qui marque profondémentl’indépendance d’une Mauritanie qui continue de traîner ce lourd passif humanitaire encore non soldé.

Ces faits gravissimes font toujours planer sur le pays le spectre du ressentiment et mettent de solides entraves à une unité nationale malmenée, au point que le 28 Novembre n’est plus considéré par une bonne frange du peuple mauritanien comme un jour d’indépendance, mais plutôt comme un jour de deuil. Ce jour où des soldats ont été pendus et dont certains avaient pourtant donné leur sueur et leur sang pour défendre la patrieen danger.

L’entente, la paix des cœurs et des esprits, la référence de tousà la devise « Honneur – Fraternité – Justice » ont laissé place au doute et à la frustration à tous ceux qui, témoins de tant d’années d’injustices et d’atteintes à la dignité humaine, n’ont plus qu’une interrogation à la bouche : la diversité et l’identité plurielle de ce pays ne sont-elles pas un malheur pour eux ?

Les terribles épreuves que subissent les victimes, les veuves et les orphelins, la désacralisation de la vie humaine qui a accompagné les pendaisons d’Inal ont sapé les fondements du vivre ensemble. De telles épreuves ne sauraient perdurer et constituer des boulets de honte attachés aux basques d’une Mauritanie qui a besoin d’avancer vers le développement, dans la cohésion, l’égalité, la justice, l’équité et le respect des règles de la République.

Le cri, même muet, de tous ces martyrs interpelle la conscience de tous ; et il est grand temps que cette page macabre de la Mauritanie soit tournée. La Coalition Vivre Ensemble s’y attèle. Elle exige qu’un règlement rapide soit trouvé à ce problème qui jette le discrédit sur la face assombrie par d’autres passifs d’un pays confronté à de multiples préoccupations.

La CVE reste convaincue que la Mauritanie ne saurait faire l’économie d’un problème aussi grave ; elle demande en conséquence la mise en place, dans les plus brefs délais, d’une Commission indépendante pour solder le passif humanitaire sur la base des quatre Devoirs : Devoir de vérité, Devoir de justice, Devoir de réparation, Devoir de mémoire.

Nouakchott, le 28 Novembre 2019







Vendredi 29 Novembre 2019
Boolumbal Boolumbal
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