Nos dirigeants des différentes périodes, nos hommes politiques de toutes les générations ont dans des moments décisifs de l’évolution du pays commis des erreurs historiques dont le peuple continue de payer le lourd tribut.
Chaque dirigeant en exercice ou déchu porte sur les épaules des maladresses qui ont le plus souvent précipité sa chute. Au commencement fut l’erreur de la guerre du Sahara dans laquelle la Mauritanie s’est embourbée avec des préjudices énormes en vie humaines, une ruine économique à l’endroit de nos ressources naturelles alors que le pays était sur une bonne ligne de départ.
Avec à la clé la nationalisation de ses entreprises minières. Le pouvoir de maître Moktar Ould Daddah sous pression du Maroc payera une sévère facture sans autre contrepartie que de renoncer à une partie du territoire qu’elle avait annexée avant de l’abandonner avec ses vaillants soldats ensevelis dans les profondeurs du sable mouvant.
Sur le plan diplomatique la Mauritanie tentait de s’accrocher aux deux pôles qui constituent sa vocation de pays arabo-africain. Mais des choix politiques notamment au plan éducatif faisaient apparaitre des frictions identitaires provoquant des incidents à caractère communautaires. Le règne de feu Moktar aura tout de même su contre vents et marées préserver l’unité nationale contre des fractures épidermiques.
Fort d’une politique de recherche de solutions à la hauteur des crises, le régime de la première République sera la victime de sa propre armée inspirée des exemples des révolutions de palais en vogue en Afrique. Après Daddah ce fut le déluge ! Mille et une instabilités institutionnelles continuent d’ébranler le pays. Les senteurs du palais ocre piquaient au nez la grande muette qui refusa de céder au changement par la bâillonnette. De crises en crises la Mauritanie plongea dans la tourmente.
La succession des cliques militaires se suivait et se ressemblait. Les courtes parenthèses des colonels Salek Louli puis Haidalla ajoutées au long règne de Taya consacrent la mainmise incontournable de l’armée sur les institutions de l’Etat et du coup les militaires décident du sort de la classe politique vouée à la clochardisation et à l’opportunisme aveugle. Les intellectuels se choisissent une vocation de collaborateurs infatigables et zélés.
Cette classe d’arrivistes prête à tous les boulots colle à tous les pouvoirs kaki comme des cactus. Le vent de la démocratie qui souffla sur l’Afrique effleura timidement les rêves d’une génération étouffée par la pensée unique et biscornue d’une soldatesque qui refuse de quitter les commandes.
Avec le multipartisme et ses lots de partis politiques, l’armée a réussi à dribbler tous les politiciens en les entrainant dans le jeu d’une démocratie kaki « sans botte ni béret mais qui monte la sentinelle pour garder sa forteresse » ! C’est à ce prix que les militaires tiendront encore longtemps les rennes du pouvoir « démoncratique » pour maîtriser les civils. La Mauritanie en sera pour toujours malade et malheureuse.
Cheikh Tidiane Dia
Source : Journal « Le Rénovateur Quotidien
Chaque dirigeant en exercice ou déchu porte sur les épaules des maladresses qui ont le plus souvent précipité sa chute. Au commencement fut l’erreur de la guerre du Sahara dans laquelle la Mauritanie s’est embourbée avec des préjudices énormes en vie humaines, une ruine économique à l’endroit de nos ressources naturelles alors que le pays était sur une bonne ligne de départ.
Avec à la clé la nationalisation de ses entreprises minières. Le pouvoir de maître Moktar Ould Daddah sous pression du Maroc payera une sévère facture sans autre contrepartie que de renoncer à une partie du territoire qu’elle avait annexée avant de l’abandonner avec ses vaillants soldats ensevelis dans les profondeurs du sable mouvant.
Sur le plan diplomatique la Mauritanie tentait de s’accrocher aux deux pôles qui constituent sa vocation de pays arabo-africain. Mais des choix politiques notamment au plan éducatif faisaient apparaitre des frictions identitaires provoquant des incidents à caractère communautaires. Le règne de feu Moktar aura tout de même su contre vents et marées préserver l’unité nationale contre des fractures épidermiques.
Fort d’une politique de recherche de solutions à la hauteur des crises, le régime de la première République sera la victime de sa propre armée inspirée des exemples des révolutions de palais en vogue en Afrique. Après Daddah ce fut le déluge ! Mille et une instabilités institutionnelles continuent d’ébranler le pays. Les senteurs du palais ocre piquaient au nez la grande muette qui refusa de céder au changement par la bâillonnette. De crises en crises la Mauritanie plongea dans la tourmente.
La succession des cliques militaires se suivait et se ressemblait. Les courtes parenthèses des colonels Salek Louli puis Haidalla ajoutées au long règne de Taya consacrent la mainmise incontournable de l’armée sur les institutions de l’Etat et du coup les militaires décident du sort de la classe politique vouée à la clochardisation et à l’opportunisme aveugle. Les intellectuels se choisissent une vocation de collaborateurs infatigables et zélés.
Cette classe d’arrivistes prête à tous les boulots colle à tous les pouvoirs kaki comme des cactus. Le vent de la démocratie qui souffla sur l’Afrique effleura timidement les rêves d’une génération étouffée par la pensée unique et biscornue d’une soldatesque qui refuse de quitter les commandes.
Avec le multipartisme et ses lots de partis politiques, l’armée a réussi à dribbler tous les politiciens en les entrainant dans le jeu d’une démocratie kaki « sans botte ni béret mais qui monte la sentinelle pour garder sa forteresse » ! C’est à ce prix que les militaires tiendront encore longtemps les rennes du pouvoir « démoncratique » pour maîtriser les civils. La Mauritanie en sera pour toujours malade et malheureuse.
Cheikh Tidiane Dia
Source : Journal « Le Rénovateur Quotidien
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