La joie ressentie face à la libération de citoyens injustement arrêtés à Kaédi et arbitrairement maltraités ne doit pas nous berner.
La vérité est que si nous avons une justice qui peut évoluer vers un véritable appareil respectable, son premier support, la police, mérite d’être retouchée. L’on ne dit pas toute la police.
Il s’agit de ces agents laissés à eux-mêmes qui n’ont de compte à rendre qu’à eux. Les récits des tortures atroces, les traitements abjects, les humiliations insupportables infligés par les « enquêteurs » aux personnes qui avaient été gardées à vue, nous font honte à tous.
Cette police judiciaire que les jeunes arrêtés ont pointé du doigt, affirmant qu’elle a essayé de fabriquer des preuves et forcé les suppliciés à signer des preuves, n’est pas digne de respect.
Le corps de l’homme est trop précieux pour être maltraité. Ceux qui s’adonnent à la maltraitance et qui s’aventurent à agresser l’humain, ne méritent que mépris et dédain.
Nous aurions honte, si nous appuyons ceux qui s’adonnent aux pratiques ignobles. Nous aurons aussi honte, si nous nous taisions devant de telles pratiques.Les jeunes détenus dans leur ensemble ont été unanimes à dire que la période de garde à vue qu’ils ont passée à la police était un cauchemar pour eux.
Les éléments dits « errants » de la police ne doivent pas être laissés à eux-mêmes et n’en faire qu’à leur tête, en disposant de la vie et de la liberté des autres. La Mauritanie a changé de cap. L’heure n’est plus à la répression.
La police doit nécessairement suivre le mouvement. Une police dressée dans l’art de la répression et très peu surveillée, ne peut que faire des dégâts.
Et ces dégâts, nous les vivons à tous les niveaux de la vie. Mais ceux qui les vivent le plus sont sans nul doute ses habitants qui résident dans les régions de l’intérieur de la Mauritanie.
Là-bas, c’est loin de Nouakchott. C’est surtout loin des regards indiscrets et du contrôle de Nouakchott. Là-bas, il suffit juste d’avoir le moindre contact avec cette police, et vous verrez bien le peu de cas qu’elle fait de la loi, du droit des autres.
Surtout, vous mesurerez ce qu’elle pense de l’intégrité physique de la personne humaine, de la démocratie, du droit et de la liberté. L’affaire des jeunes de Kaédi risque de ressembler à toutes les autres du genre qui l’ont précédée ; avec un dossier classé et l’impossible recours des suppliciés.
L’opportunité était là pour débattre de cette pratique d’un autre âge. Ceux qui se sont adonné à la maltraitance et qui ont été cités par les jeunes, devaient comparaître devant la justice et répondre des accusations portées contre eux.
Et là aussi, la justice étant pour tous, les personnes indexées devraient se défendre et avoir la possibilité d’expliquer ce qu’elles pensent des accusations portés contre elles.
Un climat ainsi créé de justice et d’égalité de l’ensemble des citoyens devant la loi, ne peut qu’aider à proscrire la torture. La torture est une pratique grave que nous ne devons plus tolérer, sous n’importe quel prétexte.
Nous devons sévir légalement contre elle. Nous devons dire à tous les tortionnaires que désormais la Mauritanie n’est plus cette île de l’impunité et du silence des agneaux.
Les temps ont changé, il faut que les hommes aussi changent. Le cas contraire, le vent de la liberté qui s’élève du Printemps des pays arabes, et dont nous sommes en train de sentir la brise, ne dépasserait jamais les dunes du Sahara qui nous séparent aux pays cibles.
JOB
Source: L'Authentique via cridem
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