A la rencontre sur la coopération décentralisée franco-Mauritanien du 31 mai 2013 en région parisienne, le Président du Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe -RAME- Mr Camara Bakari a interpelé les officiels mauritaniens présents -Ministres, l'ambassadeur, les maires- sur les conditions inacceptables imposées à la diaspora en Europe en particulier en France.
Cette intervention a surpris l'assistance en particulier les partenaires Français qui ont été indignés et surpris et n'ont pas compris comment un pays peut-il traiter et imposer à ses nationaux ces conditions aussi inacceptables sous prétexte du respect des conditions du pays hôte?
Voici ci-dessous la déclaration du président du RAME:
Rencontres de la coopération décentralisée franco-mauritanienne
31 Mai 2013 à Savigny-le-Temple
M. président des Cités Unies France;
Mr l’Ambassadeur ;
Mmes et Mrs les maires ;
Mmes et Mrs les responsables des associations de la société civile ; Mmes et Mrs les invités ; C’est un réel plaisir et avec beaucoup d’espoirs, que nous venons représenter le Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe ( RAME) à cette rencontre sur la coopération décentralisée franco-mauritanienne.
Rappelons d’abord que cette rencontre sur la coopération décentralisée franco-mauritanienne était initialement prévues les 2 et 3 mars 2013 à Nouakchott, elle a été reportée- en raison du climat de tension dans la sous-région, notamment au Mali et qui pourrait avoir des répercutions prévisibles sur la sérénité de ces rencontres- au 31 mai 2013 en France et en 2014 en Mauritanie- après la tenue des élections municipales en France et en Mauritanie.
Le sujet qui à l’ordre du jour de la rencontre d’aujourd’hui est :
Comment conjuguer légitimité institutionnelle et besoins de la population ? Ce thème est d’une importance capitale pour le RAME, car la conjugaison des besoins de la population et la légitimité institutionnelle permettront aux organisations comme la nôtre de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le cadre de la coopération décentralisée.
En effet avoir comme interlocuteurs des collectivités locales qui ont la capacité à élaborer et à mettre en oeuvre des politiques qui leur soient propres pour améliorer les conditions de vie des populations qui est le fondement même d’une double légitimité : une légitimité institutionnelle concrétisée par le transfert de compétences inscrit dans les lois de décentralisation et une légitimité plus discrète, conquise au quotidien sur les scènes politiques locales, est pour nous fondamental.
Nous estimons également que la coopération doit avoir pour but d’améliorer le bien- être des populations. Dans ce cadre la société civile doit être un acteur essentiel c’est-à-dire être au cœur de cette coopération. Les collectivités doivent agir en concertation régulière avec elle. Son implication est plus que nécessaire pour connaître les besoins réels.
Dans le cadre de la coopération décentralisée, nous avons quelques interrogations : Quel est alors le rôle des comités de jumelage ? Comment entendre à la fois la voix des élus et celle de la population ? Des réflexions doivent être menées pour aboutir à des réponses concrètes et idoines. Les associations de migrants réclament leur rôle à cet égard.
La rencontre d’aujourd’hui se présente dans un contexte qui est particulièrement grave pour la diaspora mauritanien en France. Le RAME en tant que porte-parole des migrants et de la diaspora d’une façon générale est obligé d’interpeller les officiels ici présents, sur la situation préoccupante du recensement des Mauritaniens de la diaspora en Europe et plus particulièrement en France.
Le RAME a saisi le président de la république par la voix diplomatique (ambassade) sur ce sujet depuis le début notre lettre est restée sans réponse. Le RAME soutient l’OTMF (Organisation des travailleurs Mauritaniens en France) dans toutes les démarches qu’elle entreprend pour obtenir le recensement de tous les Mauritaniens de la diaspora.
Faces aux immenses problèmes de l’immigration Le recensement de la population lancé le 28 Novembre 2010 en Mauritanie par le Gouvernement en vue, affirme-t-il, de doter le pays d’un fichier d’état-civil plus fiable dans le prolongement de celui de 1998,( qui d’ailleurs n’été pas achevé) s’est révélé dans ses conditions et modalités d’application humiliant et discriminant contre une partie des mauritaniens particulièrement négro-africains, suscitant alors dénonciation et contestation.
C’est dans ce contexte particulièrement chargé, qu’une Commission de recensement qui en constitue la modalité opérationnelle, logée dans l’enceinte de l’Ambassade de Mauritanie à Paris, a commencé ses opérations d’ ‘’enrôlement’’ dans des conditions humainement inacceptables, juridiquement contestables et politiquement condamnables.
Opérant pour toute l’Europe, cette commission oblige les Mauritaniens venant des quatre coins de France et d’Europe à s’entasser dans un rang, Femmes et enfants compris, dès 4 h du matin pour la quarantaine retenue par jour travaillé, les autres devant attendre les jours et mois suivants, le tout dans des conditions humainement inacceptables, de gêne sur la voie publique et pour les voisins, faute de d’organisation et d’informations claires de la part de l’Ambassade de Mauritanie.
Elle exige, par ailleurs, de chaque candidat la présentation les pièces suivantes :
1-Une pièce d’identité nationale ;
2-Un passeport ;
3-Le recensement de l’année 1998 ;
Une carte de séjour - et refus des récépissés livrés par les autorités françaises- ;
- Ces exigences pour un recensement dit national cachent mal la volonté d’exclusion – l’objectif affiché est de rendre apatride tous ceux, disposant une pièce d’identité et un passeport mais ne pouvant pas fournir l’une des autres pièces pour une raison ou une autre. Sinon pourquoi ces pièces ne sont exigibles qu’en Europe ? Ces exigences auraient pour conséquence d’écarter un nombre très importants de mauritaniens vivants en Europe en particulier en France, les rendant apatrides en même temps les mettant en situation irrégulière vis-à-vis des pays d’accueils :
1 - Ceux dont les titres de séjour sont en cours de renouvellement, qui ne pourront pas retirer leurs titres, faute de pouvoir présenter un passeport en cours de validité et qu’ils ne pourront avoir faute d’avoir été recensés
2 - Ceux qui sont en cours de régularisation juridique de leurs situations, qui ne pourront avoir leurs titres de séjour que s’ils présentent un passeport en cours de validité, qu’ils ne pourront avoir faute de recensement.
3 - Ceux qui n’ont pas de titres de séjour qui cherchent à régulariser leur situation et qui ne pourront plus le faire, faute de recensement alors qu’ils sont bien mauritaniens et disposent de pièces d’identité valablement établies par les Autorités mauritaniennes. Tous ces mauritaniens seraient à terme des clandestins, perdraient leur travail et deviendraient apatrides, une situation que personne ne peut humainement, socialement et politiquement envisager.
1° le recensement a lieu à l’ambassade de Mauritanie qui est un territoire Mauritanien en vertu des conventions Internationales ;
2° l’Autorité Mauritanienne ne peut, pour établir la Nationalité Mauritanienne d’un candidat au recensement sur le territoire national, demander qu’une pièce d’identité (passeport, carte nationale d’identité ou une copie intégrale d’état civil ) établie par une Autorité Mauritanienne compétente, nonobstant la possibilité de demander une quittance de loyer d’EDF de Gaz ou de téléphone.
3° le non –respect du principe de la non -discrimination et du principe de l’égalité de traitement de tous les Mauritaniens devant le Service public. En effet, les Mauritaniens de France constatent qu’en Arabie Saoudite ou en Côte d’Ivoire, les mauritaniens peuvent se faire recenser avec une simple carte d’identité.
4° Enfin, le recensement en cours à Paris vise à priver le maximum de Mauritaniens de leurs droits civique, civil et politique en les privant de leur nationalité Mauritanienne. Ceux qui n’ont pas de titres de Séjour, qui sont Mauritaniens et disposent de pièces d’identité valablement établies par les Autorités mauritaniennes, tous ces mauritaniens seraient à terme des clandestins, perdraient leur travail et deviendraient apatrides, puisque du recensement dépend l’obtention des nouvelles pièces d’identité qui conféreront le droit à la nationalité avec toutes les conséquences de droit.
De plus, nous avons appris que les autorités mauritaniennes auraient saisi les préfectures en France, leur demandant à ne plus accepter les passeports non biométriques – ce qui est contraire à la loi- et met ainsi de nombreux mauritaniens en situation irrégulière.
Voilà Mmes, Mr la situation peu enviable de la diaspora mauritanienne en Europe.
Je vous remercie.
Bakary Kamara
Président du RAME.
Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe
MDA 18 15 passage Ramey – 75018 Paris – Siret : 483 665 683 00015 Creditcoop Gare De L’est – Rib : 42559 00003 21028248901 12 – IBAN FR76 4255 9000 0321 0282 4890 112
Source:RAME
Cette intervention a surpris l'assistance en particulier les partenaires Français qui ont été indignés et surpris et n'ont pas compris comment un pays peut-il traiter et imposer à ses nationaux ces conditions aussi inacceptables sous prétexte du respect des conditions du pays hôte?
Voici ci-dessous la déclaration du président du RAME:
Rencontres de la coopération décentralisée franco-mauritanienne
31 Mai 2013 à Savigny-le-Temple
M. président des Cités Unies France;
Mr l’Ambassadeur ;
Mmes et Mrs les maires ;
Mmes et Mrs les responsables des associations de la société civile ; Mmes et Mrs les invités ; C’est un réel plaisir et avec beaucoup d’espoirs, que nous venons représenter le Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe ( RAME) à cette rencontre sur la coopération décentralisée franco-mauritanienne.
Rappelons d’abord que cette rencontre sur la coopération décentralisée franco-mauritanienne était initialement prévues les 2 et 3 mars 2013 à Nouakchott, elle a été reportée- en raison du climat de tension dans la sous-région, notamment au Mali et qui pourrait avoir des répercutions prévisibles sur la sérénité de ces rencontres- au 31 mai 2013 en France et en 2014 en Mauritanie- après la tenue des élections municipales en France et en Mauritanie.
Le sujet qui à l’ordre du jour de la rencontre d’aujourd’hui est :
Comment conjuguer légitimité institutionnelle et besoins de la population ? Ce thème est d’une importance capitale pour le RAME, car la conjugaison des besoins de la population et la légitimité institutionnelle permettront aux organisations comme la nôtre de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le cadre de la coopération décentralisée.
En effet avoir comme interlocuteurs des collectivités locales qui ont la capacité à élaborer et à mettre en oeuvre des politiques qui leur soient propres pour améliorer les conditions de vie des populations qui est le fondement même d’une double légitimité : une légitimité institutionnelle concrétisée par le transfert de compétences inscrit dans les lois de décentralisation et une légitimité plus discrète, conquise au quotidien sur les scènes politiques locales, est pour nous fondamental.
Nous estimons également que la coopération doit avoir pour but d’améliorer le bien- être des populations. Dans ce cadre la société civile doit être un acteur essentiel c’est-à-dire être au cœur de cette coopération. Les collectivités doivent agir en concertation régulière avec elle. Son implication est plus que nécessaire pour connaître les besoins réels.
Dans le cadre de la coopération décentralisée, nous avons quelques interrogations : Quel est alors le rôle des comités de jumelage ? Comment entendre à la fois la voix des élus et celle de la population ? Des réflexions doivent être menées pour aboutir à des réponses concrètes et idoines. Les associations de migrants réclament leur rôle à cet égard.
La rencontre d’aujourd’hui se présente dans un contexte qui est particulièrement grave pour la diaspora mauritanien en France. Le RAME en tant que porte-parole des migrants et de la diaspora d’une façon générale est obligé d’interpeller les officiels ici présents, sur la situation préoccupante du recensement des Mauritaniens de la diaspora en Europe et plus particulièrement en France.
Le RAME a saisi le président de la république par la voix diplomatique (ambassade) sur ce sujet depuis le début notre lettre est restée sans réponse. Le RAME soutient l’OTMF (Organisation des travailleurs Mauritaniens en France) dans toutes les démarches qu’elle entreprend pour obtenir le recensement de tous les Mauritaniens de la diaspora.
Faces aux immenses problèmes de l’immigration Le recensement de la population lancé le 28 Novembre 2010 en Mauritanie par le Gouvernement en vue, affirme-t-il, de doter le pays d’un fichier d’état-civil plus fiable dans le prolongement de celui de 1998,( qui d’ailleurs n’été pas achevé) s’est révélé dans ses conditions et modalités d’application humiliant et discriminant contre une partie des mauritaniens particulièrement négro-africains, suscitant alors dénonciation et contestation.
C’est dans ce contexte particulièrement chargé, qu’une Commission de recensement qui en constitue la modalité opérationnelle, logée dans l’enceinte de l’Ambassade de Mauritanie à Paris, a commencé ses opérations d’ ‘’enrôlement’’ dans des conditions humainement inacceptables, juridiquement contestables et politiquement condamnables.
Opérant pour toute l’Europe, cette commission oblige les Mauritaniens venant des quatre coins de France et d’Europe à s’entasser dans un rang, Femmes et enfants compris, dès 4 h du matin pour la quarantaine retenue par jour travaillé, les autres devant attendre les jours et mois suivants, le tout dans des conditions humainement inacceptables, de gêne sur la voie publique et pour les voisins, faute de d’organisation et d’informations claires de la part de l’Ambassade de Mauritanie.
Elle exige, par ailleurs, de chaque candidat la présentation les pièces suivantes :
1-Une pièce d’identité nationale ;
2-Un passeport ;
3-Le recensement de l’année 1998 ;
Une carte de séjour - et refus des récépissés livrés par les autorités françaises- ;
- Ces exigences pour un recensement dit national cachent mal la volonté d’exclusion – l’objectif affiché est de rendre apatride tous ceux, disposant une pièce d’identité et un passeport mais ne pouvant pas fournir l’une des autres pièces pour une raison ou une autre. Sinon pourquoi ces pièces ne sont exigibles qu’en Europe ? Ces exigences auraient pour conséquence d’écarter un nombre très importants de mauritaniens vivants en Europe en particulier en France, les rendant apatrides en même temps les mettant en situation irrégulière vis-à-vis des pays d’accueils :
1 - Ceux dont les titres de séjour sont en cours de renouvellement, qui ne pourront pas retirer leurs titres, faute de pouvoir présenter un passeport en cours de validité et qu’ils ne pourront avoir faute d’avoir été recensés
2 - Ceux qui sont en cours de régularisation juridique de leurs situations, qui ne pourront avoir leurs titres de séjour que s’ils présentent un passeport en cours de validité, qu’ils ne pourront avoir faute de recensement.
3 - Ceux qui n’ont pas de titres de séjour qui cherchent à régulariser leur situation et qui ne pourront plus le faire, faute de recensement alors qu’ils sont bien mauritaniens et disposent de pièces d’identité valablement établies par les Autorités mauritaniennes. Tous ces mauritaniens seraient à terme des clandestins, perdraient leur travail et deviendraient apatrides, une situation que personne ne peut humainement, socialement et politiquement envisager.
1° le recensement a lieu à l’ambassade de Mauritanie qui est un territoire Mauritanien en vertu des conventions Internationales ;
2° l’Autorité Mauritanienne ne peut, pour établir la Nationalité Mauritanienne d’un candidat au recensement sur le territoire national, demander qu’une pièce d’identité (passeport, carte nationale d’identité ou une copie intégrale d’état civil ) établie par une Autorité Mauritanienne compétente, nonobstant la possibilité de demander une quittance de loyer d’EDF de Gaz ou de téléphone.
3° le non –respect du principe de la non -discrimination et du principe de l’égalité de traitement de tous les Mauritaniens devant le Service public. En effet, les Mauritaniens de France constatent qu’en Arabie Saoudite ou en Côte d’Ivoire, les mauritaniens peuvent se faire recenser avec une simple carte d’identité.
4° Enfin, le recensement en cours à Paris vise à priver le maximum de Mauritaniens de leurs droits civique, civil et politique en les privant de leur nationalité Mauritanienne. Ceux qui n’ont pas de titres de Séjour, qui sont Mauritaniens et disposent de pièces d’identité valablement établies par les Autorités mauritaniennes, tous ces mauritaniens seraient à terme des clandestins, perdraient leur travail et deviendraient apatrides, puisque du recensement dépend l’obtention des nouvelles pièces d’identité qui conféreront le droit à la nationalité avec toutes les conséquences de droit.
De plus, nous avons appris que les autorités mauritaniennes auraient saisi les préfectures en France, leur demandant à ne plus accepter les passeports non biométriques – ce qui est contraire à la loi- et met ainsi de nombreux mauritaniens en situation irrégulière.
Voilà Mmes, Mr la situation peu enviable de la diaspora mauritanienne en Europe.
Je vous remercie.
Bakary Kamara
Président du RAME.
Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe
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Source:RAME
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