La défaite cuisante du régime et ses manœuvres frauduleuses
1. Vote blanc ou fraude blanche ?
La CENI vient d'opter pour une interprétation du code électoral qui permet d'accorder au vote blanc un pourcentage du résultat du dépouillement. C'est la même fameuse combine de vote blanc que le colonel Ely O. Mohamed Val était tenté d'utiliser pour saboter les présidentielles de 2007.
Cette manœuvre permet effectivement de rendre difficile l'obtention d'une majorité absolue. Il suffit de comptabiliser 3% de vote blanc pour annuler la victoire d'un candidat à qui on accorderait alors par exemple 49% contre 48%.
C'est ce que le colonel Ely voulait déjà faire pour saboter les présidentielles de 2007 et justifier sa candidature à de nouvelles présidentielles.
Ely avait entamé publiquement une campagne pour le vote blanc, mais la combine paraissait tellement ridicule que le colonel a dû finalement y renoncer. La combine du vote blanc vient d'être réchauffée par la CENI pour nier la victoire de plusieurs listes d'opposition au premier tour. Cette combine frauduleuse est proprement insensée parce que rien ne prévoit dans le code électoral mauritanien le cas où le vote blanc "gagnerait" des sièges d'élus !
2. La défaite cuisante du régime
Le recours à cette manœuvre grossièrerévèle en fait la profondeur de l'angoisse actuelle du pouvoir après avoir essuyé une défaite cuisante. Le régime en place avait mobilisé les généraux, les ministres, les conseillers des ministres, les secrétaires généraux, les directeurs des principales sociétés nationales. Equipés des moyens de l'Etat, les émissaires du régime sillonnent encore le pays, la carotte et le bâton à la main.
Les alliances tribales et la nature du scrutin non relatif dans les régions intérieures du pays ont permis au régime de remporter la majorité des mairies et des sièges de députés, mais les indicateurs nationaux sont très alarmants pour le pouvoir. L'UPR trouve seulement environ 17% de vote sur la liste nationale, alors que Aziz s'accordait 52% lors des présidentielles de 2009.
C'est d'autant plus alarmant que l'UPR est directement suiviepar les quatre partis d'opposition qui participent aux élections : Tewassoul (16%), APP (6%), AJD/MR (3%), Wiam(3%), qui totalisent environ 28% de la liste nationale, dépassant de loin la médiocre performance du régime à l’échelle nationale.
Les 17% du régime sont mêmes plus faibles quand on prend en compte le fait qu'une composante importante de l'opposition boycotte ces élections. Les résultats auraient pu effectivement être pires pour le régime avec la participation de la COD.
Le régime semble bien saisir la réalité de sa défaite cuisante car sa première réaction ne s'est pas fait attendre : la temporisation dans l'annonce des résultats afin de se donner le temps pour mieux parfaire les manœuvres frauduleuses. La combine du vote blanc, comptabilisé comme pourcentage au même titre que les candidats, mérite cependant d'être mieux peaufinée.
Elle permet effectivement au régime d'invalider certaines victoires de l'opposition au premier tour, mais elle risque de remettre en cause la "victoire" de Aziz en 2009 avec seulement 52%. La comptabilisation du vote blanc réduirait ce pourcentage à moins de 50% et occasionnerait l'organisation d'un deuxième tour!
3. L'impasse actuelle du régime
En fait, le régime se trouve aujourd'hui dans une impasse redoutable. Il voulait faire des concessions techniques sur la transparence du scrutin tout en s'investissant fortement dans l'influence des électeurs. Il voulait des élections sans bourrage des urnes mais avec chantage et pression sur les populations dans l'intérieur du pays. En fait, des élections transparentes mais pas libres. Il voulait des élections qui sauvent les apparences tout en étant corrompues dans l'essence.
L'impasse actuelle du régime, que viennent de révéler les présentes élections, est que même les élections, dont la transparence n'est que technique, sont suffisantes pour imposer une défaite cuisante au régime.
C'est une impasse redoutable pour un régime qui s'achemine vers des présidentielles dans quelques mois. La première réaction du régime par rapports aux résultats de ce premier tour montre qu'il est tout à fait capable de revenir sur ses concessions sur les apparences de transparence.
Il faut donc s'attendre à lutter autant pour les apparences que pour l'essence afin d'imposer l'organisation d'élections libres et transparentes lors des prochaines présidentielles.
Mohamed Aly O. Louly
medalylouly@gmail.com
1. Vote blanc ou fraude blanche ?
La CENI vient d'opter pour une interprétation du code électoral qui permet d'accorder au vote blanc un pourcentage du résultat du dépouillement. C'est la même fameuse combine de vote blanc que le colonel Ely O. Mohamed Val était tenté d'utiliser pour saboter les présidentielles de 2007.
Cette manœuvre permet effectivement de rendre difficile l'obtention d'une majorité absolue. Il suffit de comptabiliser 3% de vote blanc pour annuler la victoire d'un candidat à qui on accorderait alors par exemple 49% contre 48%.
C'est ce que le colonel Ely voulait déjà faire pour saboter les présidentielles de 2007 et justifier sa candidature à de nouvelles présidentielles.
Ely avait entamé publiquement une campagne pour le vote blanc, mais la combine paraissait tellement ridicule que le colonel a dû finalement y renoncer. La combine du vote blanc vient d'être réchauffée par la CENI pour nier la victoire de plusieurs listes d'opposition au premier tour. Cette combine frauduleuse est proprement insensée parce que rien ne prévoit dans le code électoral mauritanien le cas où le vote blanc "gagnerait" des sièges d'élus !
2. La défaite cuisante du régime
Le recours à cette manœuvre grossièrerévèle en fait la profondeur de l'angoisse actuelle du pouvoir après avoir essuyé une défaite cuisante. Le régime en place avait mobilisé les généraux, les ministres, les conseillers des ministres, les secrétaires généraux, les directeurs des principales sociétés nationales. Equipés des moyens de l'Etat, les émissaires du régime sillonnent encore le pays, la carotte et le bâton à la main.
Les alliances tribales et la nature du scrutin non relatif dans les régions intérieures du pays ont permis au régime de remporter la majorité des mairies et des sièges de députés, mais les indicateurs nationaux sont très alarmants pour le pouvoir. L'UPR trouve seulement environ 17% de vote sur la liste nationale, alors que Aziz s'accordait 52% lors des présidentielles de 2009.
C'est d'autant plus alarmant que l'UPR est directement suiviepar les quatre partis d'opposition qui participent aux élections : Tewassoul (16%), APP (6%), AJD/MR (3%), Wiam(3%), qui totalisent environ 28% de la liste nationale, dépassant de loin la médiocre performance du régime à l’échelle nationale.
Les 17% du régime sont mêmes plus faibles quand on prend en compte le fait qu'une composante importante de l'opposition boycotte ces élections. Les résultats auraient pu effectivement être pires pour le régime avec la participation de la COD.
Le régime semble bien saisir la réalité de sa défaite cuisante car sa première réaction ne s'est pas fait attendre : la temporisation dans l'annonce des résultats afin de se donner le temps pour mieux parfaire les manœuvres frauduleuses. La combine du vote blanc, comptabilisé comme pourcentage au même titre que les candidats, mérite cependant d'être mieux peaufinée.
Elle permet effectivement au régime d'invalider certaines victoires de l'opposition au premier tour, mais elle risque de remettre en cause la "victoire" de Aziz en 2009 avec seulement 52%. La comptabilisation du vote blanc réduirait ce pourcentage à moins de 50% et occasionnerait l'organisation d'un deuxième tour!
3. L'impasse actuelle du régime
En fait, le régime se trouve aujourd'hui dans une impasse redoutable. Il voulait faire des concessions techniques sur la transparence du scrutin tout en s'investissant fortement dans l'influence des électeurs. Il voulait des élections sans bourrage des urnes mais avec chantage et pression sur les populations dans l'intérieur du pays. En fait, des élections transparentes mais pas libres. Il voulait des élections qui sauvent les apparences tout en étant corrompues dans l'essence.
L'impasse actuelle du régime, que viennent de révéler les présentes élections, est que même les élections, dont la transparence n'est que technique, sont suffisantes pour imposer une défaite cuisante au régime.
C'est une impasse redoutable pour un régime qui s'achemine vers des présidentielles dans quelques mois. La première réaction du régime par rapports aux résultats de ce premier tour montre qu'il est tout à fait capable de revenir sur ses concessions sur les apparences de transparence.
Il faut donc s'attendre à lutter autant pour les apparences que pour l'essence afin d'imposer l'organisation d'élections libres et transparentes lors des prochaines présidentielles.
Mohamed Aly O. Louly
medalylouly@gmail.com

Actualités














