Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’est adressé à la veille du 28 novembre 2014 marquant le 54ème anniversaire de l’indépendance nationale à la Nation dans un discours magistral.
Dans le vif de son sujet, l’homme fort du pays au visage ni détendu ni fermé a promis aux fonctionnaires et agents de l’Etat des augmentations de salaires se situant entre 30 et 50% du salaire de base. Faites vos calculs !
Aux prévaricateurs il a rappelé que la lutte contre la gabegie est loin de se terminer tant que l’argent de l’Etat continue à enrichir les auteurs des crimes économiques. Aux extrémistes de tous bords le Président a mis en garde contre toute tentative de saper les bases de l’unité nationale et de semer la haine. De qui s’agit-il ? A chacun d’aller de ses propres suppositions.
En tout cas une telle menace à peine voilée inscrite dans un discours censé inviter au dépassement et à la reconnaissance par l’Etat de nombreuses tares à soigner ne sied pas à un événement aussi crucial. Dans un Etat de droit, seule la justice est habilitée à se prononcer sur des faits se rapportant à des sujets touchant à la liberté publique des citoyens. Pour des questions d’intégrité territoriale cela se comprendrait selon les circonstances.
C’est dire que le clin d’œil adressé par Mohamed Ould Abdel Aziz sonne comme une sévère mise en garde contre les militants et autres activistes politiques dont ceux de IRA actuellement en détention accusés de trouble à l’ordre publique pour avoir dénoncé l’esclavage foncier et l’inégalité de traitement entre les citoyens d’un même pays.
Les FPC, TPMN … ne sont pas non plus exemptées par cette allusion faite par le Président. Ne revient –il pas à la justice de se prononcer sur ces genres de présomptions à l’encontre de personnes accusées. Nombreux sont les observateurs qui jugent inappropriées de telles flèches discursives.
A l’heure où le pays célèbre son 54ème anniversaire le ton devait être consacré à l’apaisement et l’unité des forces. Ce qui a échappé malheureusement au contenu du discours.
Si dans les rangs des fonctionnaires et agents de l’Etat l’annonce de l’augmentation apporte un baume dans les grilles salariales, en revanche les citoyens sans revenus et l’écrasante majorité des pauvres ne sont pas concernés par cette mesure très restreinte. Du coup, l’écart entre les catégories sociales ne fait que s’accentuer d’années en années. Les commerçants à leur tour guettent la moindre opportunité pour faire grimper les prix et en tirer le maximum de profits.
La meilleure politique sociale à l’endroit des fonctionnaires est celle qui encourage l’accès à des prêts sans intérêt auprès des banques à vocation de développement dans le domaine des logements, d’investissements dans des secteurs de production. Si chaque fonctionnaire a la possibilité de se construire un toit avant sa retraite, de disposer de facilités bancaires à des remboursements bien échelonnés dans le temps, les augmentations des salaires ne seraient plus une nécessité visant à aider les travailleurs à arrondir les angles que la courbe des prix ouvrira éternellement.
Il est temps que l’Etat change ses stratégies et revoie ses méthodes de gouvernance sociale pour les adapter aux normes du développement.
Amadou Diaara
Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)
Dans le vif de son sujet, l’homme fort du pays au visage ni détendu ni fermé a promis aux fonctionnaires et agents de l’Etat des augmentations de salaires se situant entre 30 et 50% du salaire de base. Faites vos calculs !
Aux prévaricateurs il a rappelé que la lutte contre la gabegie est loin de se terminer tant que l’argent de l’Etat continue à enrichir les auteurs des crimes économiques. Aux extrémistes de tous bords le Président a mis en garde contre toute tentative de saper les bases de l’unité nationale et de semer la haine. De qui s’agit-il ? A chacun d’aller de ses propres suppositions.
En tout cas une telle menace à peine voilée inscrite dans un discours censé inviter au dépassement et à la reconnaissance par l’Etat de nombreuses tares à soigner ne sied pas à un événement aussi crucial. Dans un Etat de droit, seule la justice est habilitée à se prononcer sur des faits se rapportant à des sujets touchant à la liberté publique des citoyens. Pour des questions d’intégrité territoriale cela se comprendrait selon les circonstances.
C’est dire que le clin d’œil adressé par Mohamed Ould Abdel Aziz sonne comme une sévère mise en garde contre les militants et autres activistes politiques dont ceux de IRA actuellement en détention accusés de trouble à l’ordre publique pour avoir dénoncé l’esclavage foncier et l’inégalité de traitement entre les citoyens d’un même pays.
Les FPC, TPMN … ne sont pas non plus exemptées par cette allusion faite par le Président. Ne revient –il pas à la justice de se prononcer sur ces genres de présomptions à l’encontre de personnes accusées. Nombreux sont les observateurs qui jugent inappropriées de telles flèches discursives.
A l’heure où le pays célèbre son 54ème anniversaire le ton devait être consacré à l’apaisement et l’unité des forces. Ce qui a échappé malheureusement au contenu du discours.
Si dans les rangs des fonctionnaires et agents de l’Etat l’annonce de l’augmentation apporte un baume dans les grilles salariales, en revanche les citoyens sans revenus et l’écrasante majorité des pauvres ne sont pas concernés par cette mesure très restreinte. Du coup, l’écart entre les catégories sociales ne fait que s’accentuer d’années en années. Les commerçants à leur tour guettent la moindre opportunité pour faire grimper les prix et en tirer le maximum de profits.
La meilleure politique sociale à l’endroit des fonctionnaires est celle qui encourage l’accès à des prêts sans intérêt auprès des banques à vocation de développement dans le domaine des logements, d’investissements dans des secteurs de production. Si chaque fonctionnaire a la possibilité de se construire un toit avant sa retraite, de disposer de facilités bancaires à des remboursements bien échelonnés dans le temps, les augmentations des salaires ne seraient plus une nécessité visant à aider les travailleurs à arrondir les angles que la courbe des prix ouvrira éternellement.
Il est temps que l’Etat change ses stratégies et revoie ses méthodes de gouvernance sociale pour les adapter aux normes du développement.
Amadou Diaara
Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

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