La CVE ou l’ascendance de la médiocrité et du quiproquo !



« Aujourd’hui, la stratégie de diversité des partis negro-mauritaniens a montré ses limites et cette thèse ne tient plus. Alors, sans plus tarder toutes nos organisations doivent s’auto-dissoudre pour former un seul grand bloc sous un titre expressif, par exemple : Bloc pour la défense et la promotion des droits et des intérêts des négro-africains », ainsi, j’écrivais dans un texte : Après la déception, le temps de se remettre en cause.

Un texte écrit immédiatement après la lamination des partis de la mouvance negro-mauritanienne aux élections législatives et locales. J’aime croire que ce texte avait inspiré au moins un des membres du groupe des signataires de la fameuse charte de la CVE, qui, à son tour avait demandé l’unité.

Seulement, l’unité que nous préconisions devait se reposer avant tout sur la compréhension profonde, l’engagement et la détermination imparable pour résoudre le problème de la cohabitation des différentes communautés mauritaniennes.

Malheureusement, des carences persistent au sein de la communauté politique noire nous empêchant d’avancer dans le bon sens. Nous devons comprendre que l’unité n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour atteindre nos objectifs.

Alors, Il faudrait s’accorder sur la nature des problèmes, du genre d’organisation choisir et déterminer des critères de choix du leadership qui seront conformes aux objectifs d’organisation identifié.

En effet, une des erreurs commises par nombre d’entre nous est d’assumer que tout le monde, à l’intérieur de la CVE, a la même appréhension de la situation politique dans notre pays.

Si certains font semblant de comprendre, ou même de parler de discrimination de temps à autre, il est évident que dans leur manière de faire ou de se comporter, il s’avère qu’ils ne croient pas fondamentalement à la problématique de la question nationale en Mauritanie.

A l’opposé, d’autres ne conçoivent la raison d’être de leur engagement militant que dans un combat déterminé contre le racisme d’Etat et les injustices qu’il engendre.

Alors Ce sont là donc deux thèses, deux conceptions opposées, presque irréconciliables, de ce que doit être l’orientation du combat de la CVE qui s’affrontent : celle qui pense que le pouvoir Mauritanien est basé sur un système discriminatoire et esclavagiste et qu’il faut y résister, car « résister c’est le début de la victoire » disait Adolf Perez Esquive.

Et l’autre qui est convaincue que l’Etat Mauritanien vit une crise de démocratie et qu’il suffirait d’avoir des élections plus ou moins transparentes pour changer le cours des évènements en Mauritanie. Pendant que les premiers croient à la « confrontation » contre le système oppressif, par des manifestations, des protestations ou même dénonciations, les seconds, eux, privilégient la voix du « soft power ».

Chose qui ressemble beaucoup plus à la compromission et/ou à la soumission au pouvoir qu’à toute autre chose, dans un pays où la discrimination raciale et la dictature militaire priment sur la volonté démocratique.

Alors, Cette question de fond aurait dû être à la base de toute discussion préalable à l’unité. Cependant, le désir d’unité primat sur toute autre préoccupation objective. En effet, pour les acteurs politiques de la mouvance negro-mauritanienne, il fallait réaliser le sursaut au sein de la communauté victime quelque soient les lacunes du candidat choisi.

A l’instar de tous ceux qui ont étudié la question de l’oppression, nous savons qu’une des étapes de la libération du peuple passe par le renforcement de sa détermination et sa confiance en elle-même. Par conséquent, ces élections présidentielles devaient servir d’opportunité pour relancer l’espoir de notre peuple.

C’est principalement pour cette raison que le président Samba Thiam et ses alliés avaient accepté le choix du candidat de la CVE aux élections présidentielles. Et ceci, malgré toutes les irrégularités, manipulations et subterfuges constatés pendant le processus de désignation.

A la différence de ceux qui s’agitent pour obtenir le pouvoir, le contrôle de la CVE et la domestiquer pour des raisons que tout le monde peut imaginer, pour le simple plaisir d’avoir le pouvoir (les réalistes), le camp des non-signataires de la charte croit à une cause a des motivations beaucoup plus nobles, et certainement aussi plus audacieuses : idéologie d’égalité, de justice et de reconnaissance éradiquer les injustices raciales et sociales, quel qu’en soit le prix. Ainsi sont-ils plus prêts aux sacrifices.

Les présidents Ibrahima Mokhtar Sarr et Samba Thiam sont les symboles vivants de ce sacrifice. Les candidats privilégiés à la médiocrité peuvent tenter de salir leur personne, mais l’histoire est là pour magnifier leur honorable rôle dans cette politique de défense des opprimés.

Aujourd’hui, il est plus que clair que les motivations du groupe CVE signataire de la charte n’étaient que pour utiliser l’unité dans l’objectif d’une promotion individuelle. Nous sommes convaincus que si le président Samba Thiam était choisi, ce groupe ne serait pas resté dans la CVE.

Pour preuves, les révélations récentes dans les réseaux sociaux faites par certains responsables de la CVE contre les présidents Ibrahima Mokhtar Sarr et Samba Thiam. Mais aussi, pour s’en convaincre, on peut relire le communiqué du bureau exécutif du MPR en date du 16 mars 2019, quand se préparaient les assises constitutives de la CVE, dans son dernier paragraphe où l’allusion à la défection ne laissait pas de mystère.

Ce paragraphe parle de la coalition et qui donne l’indication de la possibilité de sortir de cette coalition. Il déclarait, en effet que le MPR travaillait à la « mise en place d’une coalition… tout en restant attentif aux opportunités d’une vraie alternance ».

En termes limpides pour les non-initiés, si le candidat désigné par la CVE n’est pas issu des rangs du MPR, l’alibi de la possibilité d’alternance serait tout pertinent pour signer leur ralliement à un certain O/ Boubacar ou tout autre candidat bon teint. Autre qu’un certain Samba Thiam ! On avait saisi le message, mal codé, mais notre aspiration à la solidarité agissante de notre base a prévalu. Nous avons franc jeu.

Comme c’est toujours le cas d’ailleurs, mais seulement loin de toute tentative de solder au rabais notre cause. En d’autres termes, Cela voudrait dire qu’une coalition dirigée par toute autre personne qui n’est pas issue du MPR, ne serait pas une vraie alternance, donc donnerait droit de claquer la porte et rejoindre d’autres candidats avec lesquels ils partagent la même vision.

Par ailleurs, il ne serait pas surprenant de voir la CVE signataire de la charte de la discorde de rejoindre la majorité présidentielle. Surtout que cette question a été déjà introduite pendant une des dernières réunions de la CVE au complet.

Quoi qu’il en soit, nous pensons que l’unité n’est bénéfique que si elle défend la cause en vue de la résolution de la question nationale en Mauritanie. Pour ceux qui pensent utiliser l’unité pour se faire désirer par le pouvoir, nous disons avec Charles Stewart Parnell « Il est inutile de compter sur le gouvernement…vous ne devez compter que sur votre propre détermination…

Aidez-vous en vous soutenant les uns les autres… fortifiez ceux qui, parmi vous, sont faibles, unissez-vous, organisez-vous… et vous gagnerez… Une fois que vous auriez pris cette question en main, c’est en ce moment-là, pas avant, qu’elle sera résolue. »

Mamadou Barry

FPC USA

24 Novembre 2019


Source : Mamadou Barry

Lundi 25 Novembre 2019
Boolumbal Boolumbal
Lu 403 fois

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Vous pouvez vous exprimer sur tous les articles publiés ici, mais veuillez vous abstenir d'insulter ou de vous attaquer à des personnes.

Merci de votre compréhension.
La rédaction


Recherche


Inscription à la newsletter