L’opposition parlementaire : "On assiste à la militarisation des institutions publiques"

Interdiction manu militari des députés de l’opposition de se réunir dans une des salles de l’Assemblée nationale et envoi de troupes pour les empêcher de parler à la presse, militarisation des institutions républicaines, instrumentalisation des mosquées, des érudits, de la justice et des médias publics dans une campagne de diabolisation et de criminalisation des opposants…Tels sont entre autres les griefs que les représentants des partis de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ont tenu à mettre aujourd’hui en balance par rapport à un processus démocratique défaillant à tout point de vue selon leurs analyses.



L’opposition parlementaire : "On assiste à la militarisation des institutions publiques"
Dans un communiqué publié le mardi 10 janvier dernier, le parti pour l’Unité et le Changement en Mauritanie (Hatem) a vivement critiqué ce qu’il a appelé la "militarisation par le régime en place de la justice et de la mosquée, mais aussi des jurisconsultes, du Parlement et des médias publics ", entre autres. Ainsi, la justice, aux yeux du parti Hatem et de l’opposition démocratique serait utilisée par le pouvoir pour mater ses opposants, citant le mandat d’arrêt lancé contre Moustapha Limame Chavi dont le seul crime, selon eux, est d’avoir déclaré son opposition au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’institution religieuse et le clergé local n’auraient pas échappé à la dérive autoritaire des militaires, dans la mesure où les "prêches" selon l’opposition, sont désormais taillés sur mesure, rendant licites toute décision émanant de l’Autorité et illicite tout ce qui la fâche, diabolisant l’opposition et l’affabulant d’intentions qui ne seraient pas les siennes, comme celle de vouloir semer le désordre et la zizanie dans le pays.
Même l’institution éducative n’aurait pas échappée à cette militarisation, note le parti Hatem, qui rappelle les évènements en cours au sein de l’Institut supérieur des études islamiques (ISERI)dont les étudiants en grève sont pourchassés jusque dans l’enceinte de l’université, battus, emprisonnés et torturés. Les médias publics ne seraient pas en reste, ni l’Assemblée Nationale qui vient de vivre, selon le mot du député Saleck Ould Sidi Mahmoud du parti islamiste Tawassoul, "un coup d’état contre la Commission des présidents de groupes parlementaires qui avaient fixé un temps de parole de 20 minutes pour chaque intervenant".
L’Assemblée profitera de la plénière pour réduire ce temps de moitié, provoquant l’ire des députés de l’opposition qui boycottèrent la séance destinée à l’amendement de la Constitution.

Face à tous ses dépassements, le partie Hatem et l’opposition démocratique font porter la responsabilité de la crise latente que vit le pays au régime en place, soulignant que jamais la Mauritanie n’a vécu, même aux pires périodes des années d’exception, une situation aussi explosive.

Commentant l’interdit qui leur a été fait d’utiliser une des salles de l’Assemblée nationale pour leur réunion, le député de l’UFP (Union des forces du progrès), Mohamed Moustapha Ould Bedredine a parlé de "fait grave sans précédent " dans l’histoire de l’institution parlementaire. Jamais, dira-t-il en substance, des députés n’ont été empêchés par des gardes d’exercer leurs fonctions au sein de leur Chambre. Il évoquera également l’inféodation de la télévision publique et son manque de professionnalisme et de neutralité dans le jeu politique, citant le "brouillage intentionnel du son lors de son intervention et celle de son collègue Saleck Ould Sidi Mahmoud au cours des débats sur la Commission électorale nationale indépendant".

Cette atmosphère délétère empoisonne le climat de la Chambre Basse depuis la reprise de la session parlementaire en cours. Celle-ci intervient sur fond d’animosité réelle entre la majorité épaulée par une partie de l’opposition et l’autre partie de l’opposition dite radicale. Cette dernière avait en effet boycotté le dialogue politique dont les résultats constituent l’essentiel des lois aujourd’hui soumises à approbation. Pour les députés favorables au dialogue, "l’opposition radicale" se cherche des prétextes pour n’avoir pas à se prononcer sur des lois issues d’une concertation politique qu’ils avaient séchée, alors que l’opposition parle de diabolisation et de diktat exercés par les alliés du pouvoir.

A quelques encablures d’élections prévues en principe au mois d’avril prochain, les forces en présence cherchent chacune à vendre son image tout en barbouillant celle de l’adversaire. Dans ce jeu de dupes, l’électorat est loin d’être le dindon de la farce. Des décennies de simagrée l’ont plombé contre ce genre de bataille à "cheveux crêpés ".

Cheikh Aïdara via l'authentique.



Mardi 17 Janvier 2012
Boolumbal Boolumbal
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