L’opposition mauritanienne : Pour le chaos à tout prix



L’opposition mauritanienne : Pour le chaos à tout prix
Depuis plus d’un an, depuis que dans certains pays arabes des peuples se sont révoltés contre les dictatures et exigé plus de liberté et de démocratie, l’opposition mauritanienne fait feu de tous bois afin d’amener les mauritaniens à descendre dans la rue. En vain. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir crié très haut et déployé tous les moyens à sa disposition.

Mais ce qu’oublient (ou feignent d’oublier) les dirigeants de cette opposition et tous les autres pêcheurs en eaux troubles, c’est que la Mauritanie, de par les raisons qui ont conduit auxdites révolutions, n’est en aucun cas comparable aux pays ayant été la cibles de ces soulèvements.

La première revendication des manifestants en Tunisie, point de départ des révolutions dites du "Printemps arabe" , comme en Égypte, au Yémen et en Libye, où ces révolutions ont fait tâche d’huile, fut l’exigence de plus de liberté et de mise en place de processus crédible de démocratisation de la vie politique.

En fait de liberté (d’association, de presse et de parole) et de démocratie, les mauritaniens en ont découvert le goût de l’exercice depuis belle lurette. Il y a bien longtemps que la presse privée mauritanienne a cessé de faire les frais de censure de la part de l’administration et il n’y a pas de sujet qui soit tabou.

De l’armée en passant par l’esclavage, le passif humanitaire à la corruption de l’administration, les journalistes s’en régalent sans retenue aucune. Et que dire des attaques répétées contre l’institution de la République. Et comme pour encourager cette tendance, le pouvoir a consacré récemment la dépénalisation des délits de la presse. S’agissant des libertés individuelles et collectives, le pays compte autant d’associations non gouvernementales et autres corporations (syndicats et consorts, par exemple) qu’il y a de prétendants à en détenir.

Et pourtant, la Mauritanie ne connait aucun prisonnier d’opinion. Seulement – et pour rester lucide-la démocratie et la liberté ne doivent pas être vécues comme des motifs pour que les uns et les autres se dérobent de leur responsabilité dans le cadre de la jouissance de la liberté qui leur est garantie ou dans l’exercice des attributions que la République leur confère à un moment ou un autre.

N’ayant donc pas pu fédérer les mauritaniens autour de son projet cynique, l’opposition, déterminée à s’offrir sa révolution à l’emporte-pièce fait feu de tous bois en surfant sur tous les mouvements. Le mouvement dit des jeunes du 25 février, en passant par le très controversé mouvement TPN aux manifestations des étudiants de l’ISERI et de l’université de Nouakchott la, rien n’échappe pour mettre le pays dans une situation d’effervescence sociale.

Or, ce qu’ignore l’opposition c’est que sa révolution souhaitée ne peut se réaliser pour une raison très simple : leur révolution est sans objet. La révolution à laquelle nous convie continuellement l’opposition, est derrière nous, si tant est qu’elle aurait pour objet la demande de liberté et de démocratie. Il y a certes des insuffisances dans la gestion des affaires du pays.

Des insuffisances qui doivent être améliorées à travers des mesures plus rigoureuses sur les plans économique et social. Mais de là à en appeler aux soulèvements populaires comme on en a connus ailleurs dans le monde arabe. Au bord du désespoir, l’opposition a entrepris un périple éhonté dans les régions dites de la vallée, régions à grande concentration de la population noire du pays. Son discours est on ne peut plus haineux et mesquin.

L’opposition a là aussi surfé sur le thème de l’identité à travers un partage des rôles tout aussi identitaire : les nègres de la mission devant traiter et de manière plus radicale la question de la nationalité, encourageant au passage la casse qui s’est produite il y a quelques mois à Kaédi de la part de jeunes manifestants du mouvement TPN et en appelant clairement le peuple à reproduire ce qui s’est passé en Egypte.

Mais les révolutions sont généralement spontanées et sont rarement le fruit d’un montage ou de la falsification. Les dirigeants de l’opposition ont dit qu’ils sont, dans le cadre de leur virtuelle révolution tant souhaitée, derrière le peuple. Mais le peuple, lui, a choisi son camp : l’intérêt général et le civisme. A Kaédi, la mobilisation a été si faible, que les membres de la délégation au bord de l’explosion se sont déchaînés en injures contre le régime. Ils ont usé d’un langage si léger que les rares curieux qui s’y étaient retrouvés ont fini par évacuer les lieux avant que ne finisse le prétendu meeting.

L’opposition radicale doit se ressaisir et rejoindre la table du dialogue et mettre ainsi fin à sa campagne de dénigrement et d’appel à la violence. Car comme dit un proverbe le malheur est comme une pierre que l’on jette, on ne peut guère savoir à priori où elle va tomber. Assez donc de précipiter la Mauritanie dans le chaos, à tout prix.

Bâ Adama Moussa Journaliste et Juriste


Mercredi 22 Février 2012
Boolumbal Boolumbal
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