Il était une fois Omar Ibn Said, né en 1770 dans les vallées riantes du Fouta Toro et mort en 1864 en Amérique, l’année même où El Haj Omar Tall se soustrayait aux yeux des mortels dans les grottes de Hamdallaye (Macina) à la suite d’une longue et interminable bataille qui vit les griots désœuvrés, épouvantés par le spectacle des rivières de sang, composèrent le «Tara ». C’est alors que le Fouta pleurait son calife que, quelque part, des marchands d’esclaves, capturèrent Omar Ibn Said. Issu de l’aristocratie locale, Omar avait fait ses classes à l’école coranique. Pendant 25 ans, il s’y efforcera ainsi que de nombreux talibés à marteler la langue du «Daadûn ». Mais en 1 807, il est capturé par les négriers, jeté dans la cale d’un bateau en partance pour l’Amérique pour un aller simple sans retour. Omar Ibn ne reverra plus jamais les siens. Il ne verra plus le spectacle du coucher de soleil sur une berge riante. Il débarque en Caroline du Sud puis fut conduit comme bête de foire à Fayetteville en Caroline du Nord. Il sera revendu comme un sac de patates à James Owen. Sa personnalité et son refus de l’abêtissement le feront remarquer auprès de ses maîtres qui le surnommeront Oncle Moreau, ou encore le Prince Omeroh. Selon les témoignages, il se convertira au christianisme le 3 décembre 1820. D’autres chroniques diront qu’il est resté musulman pieux, comme une dédicace consacrée au prophète retrouvée dans sa bible. Une carte datant de 1 857 dans laquelle il avait transcrit la sourate «An-Nasr » tend à démontrer qu’il est resté musulman jusqu’à la mort,. En 1991, la mosquée de Fayetteville en Caroline du Nord fut rebaptisée «Msjid Ibn Said » en son honneur. Si vous êtes de passage aux USA, rendez hommage à Omar Ibn Said.
Omar Ibn Said laissera 14 manuscrits en arabe gardés jalousement en Caroline du Nord. Son autobiographie datée de 1831 le révéleront aux yeux de l’Amérique esclavagiste.
Omar Ibn Said laissera 14 manuscrits en arabe gardés jalousement en Caroline du Nord. Son autobiographie datée de 1831 le révéleront aux yeux de l’Amérique esclavagiste.
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