« L’esclavage n’existe plus » : Un mensonge grotesque et criminel selon SOS-esclaves



« L’esclavage n’existe plus » : Un mensonge grotesque et criminel selon SOS-esclaves
L’esclavage existe-t-il en Mauritanie ?L’opinion ne doute pas de la survivance de cette pratique avilissante, même si à travers les temps et grâce à l’action de longue haleine des militants antiesclavagistes, le phénomène est en train de connaître certaines mutations formelles, réduisant considérablement ses manifestations traditionnelles, sans réussir pour autant, à cause de l’insuffisance de moyens de lutte administratifs, sociaux et économiques, à l’éradiquer totalement de la société.
Si pour l’Etat, l’esclavage n’existe pas, ce n’est pas l’avis de l’Ira qui fait de cette cause sa raison de combat, ni également le point de vue de l’Ong SOS-esclaves qui vient de qualifier le démenti de sa perpétuation de mensonge grotesque et criminel.
Pour le pouvoir, l’esclave n’existe pas
On se souvient qu’au cours d’interview accordée par le président de la république, répondant à une question relative à une intervention faite par Mohamed Ould Abdel Aziz à la télévision le 5 mai 2011, dans laquelle il avait nié l’existence de l’'esclavage en Mauritanie. « N’est esclave que celui qui veut l’être. C'est simple. On parle d'esclavage un peu partout. On parle de discrimination, on parle de castes en Mauritanie, mais celui qui veut l'être ça vient de lui. La loi ne protège pas les esclavagistes et ne peut pas protéger les esclavagistes. C'est clair » avait-il confié, soulignant que même si on continue à parler de l'esclavage, le pays essaye de sortir de ce guêpier, ajoutant qu’ « il existe une parfaite symbiose entre les mauritaniens et qu'il y a des familles qui confient leurs enfants à d'autres familles et qu'il y a des situations peut être, qui nous ont précédés nous tous, et qui nous subissons actuellement ». Et de poursuivre que la loi réprime les pratiques esclavagistes, rappelant «qu'il y avait de l'esclavage il y a de cela un siècle, un demi siècle, dans les décennies passées peut-être », précisant que maintenant, même après l’affranchissement, les familles sont restées très liées, indiquant que parfois « on essaie de faire passer des enfants de tel ou tel comme esclaves parce qu'ils vivent avec les anciens maîtres de leurs grands pères ». Pour le président , ces gens vivent ensemble et les tentatives de casser un peu cette situation revient à briser des liens affectionnels, qui selon lui « n'est pas une bonne chose » pour les mauritaniens. Pour être très net vis-à-vis de cette polémique de l’existence de l’esclavage, l’homme de fort de Nouakchott avait assuré que dans tous les cas « n'est esclave que celui qui veut l'être », précisant que des mineurs sont présentés comme des esclaves et qu’en fait, il ne s’agit que d’ histoires sans fondement, soulignant qu’ il y a des familles qui ne peuvent pas, qu’il y a des enfants dont les grands pères étaient malheureusement esclaves, se demandant « c'est la faute à qui s'ils se retrouvent avec les familles de leurs anciens maîtres ? », concluant que vouloir séparer ces familles tant que ce n'est pas de l'esclavage avéré et prouvé est du n'importe quoi .
Pour Sos-esclaves, l’esclavage est bien là
L’Ong SOS-esclaves, comme son nom l’indique est une association qui milite pour l’éradication de l’esclavage en Mauritanie, avec d’autres objectifs plus ou moins liés à l’éclosion de la culture des droits de l’homme. Cette Ong vient aujourd’hui infirmer les allégations du pouvoir, se demandant jusqu’où « certaines autorités vont aller pour accréditer, ce mensonge grotesque et criminel ».
Cette sortie de l’organisation de Boubacar Ould Messaoud, n’est pas la première du genre, mais intervient dans un contexte d’escalade, où certains observateurs craignent que le bras de fer mettant en confrontation des militants antiesclavagistes et les maîtres asservisseurs ne se développent en conflits communautaires, notamment après l’incident d’Aioun, où des activités et des sympathisants de l’Ira évoquent des provocateurs de la part de ce qu’il qualifie « des taupes du pouvoir », manipulés pour détourner l’opinion nationale et internationale d’un présumé cas d’esclavage repéré à Ain Farba. A ce propos, Sos-esclaves déploré l’éternel recommencement de la « machine de répression barbare du Régime » qui selon elle « s’acharne contre des militants de droits humains, anti esclavagistes » se fondant que les faits qu’elle a réussi à rassembler sur les accrochages d’Aioun. Des événements qui s’apparent à son avis à l’affaire de Yagref en Adrar, relative au cas de Moulkheir Mint Yarba esclave des Ehel Boulemsak en 2007 « lorsque des scénarii de tous ordres ont été montés pour démentir le représentant de SOS-Esclaves dans commission officielle de sensibilisation sur la loi incriminant l’esclavage » estime cette Ong. Face à cette situation qu’elle décrit « de provocation et d’injustice », Sos-esclave s’est dit insurgée contre les pratiques antis démocratiques, qui consistent à empêcher des défenseurs de droits humains d’assister des victimes d’esclavage, pour éviter la manipulation, la complicité et l’intimidation. L’Ong estime que les organisations des droits de l’homme doivent obligatoirement accompagner et assister les victimes qui se plaignent car elles ne sont pas en situation d’égalité avec ceux qu’elles accusent, exprime sa solidarité agissante, pleine et entière avec la démarche de l’IRA. Elle condamne également avec énergie ce qu’elle a appelé une « pratique continue des autorités de manipuler et d’intimider les victimes de pratiques esclavagistes, chaque fois qu’un nouveau cas est dénoncé, afin d’extraire les bourreaux à la loi », exigeant l’organisation d’une enquête sérieuse à laquelle prendront part des organisations des droits humains pour faire toute la lumière sur cette sur cette affaire et situer la responsabilité des uns et des autres. Sos-esclave a réclamé enfin la libération immédiate et sans condition des militants de l’IRA.
Md O Md Lemine

Mercredi 18 Janvier 2012
Boolumbal Boolumbal
Lu 164 fois





Les plus récentes
Boolumbal Boolumbal | 05/01/2026 | 2800 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
Boolumbal Boolumbal | 07/11/2025 | 7843 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire


Attention ! Pas d'amalgames...
Publié par Boolumbal Boolumbal le 07/11/2025 à 11:19 | 0 Commentaire

Recherche


Inscription à la newsletter