" L’autre Majorité "



" L’autre Majorité "
Sans tenir compte du discours, congénitalement critique de l’opposition, le citoyen lambda ne peut cacher sa surprise de voir disparaître de la scène politique cette majorité qui dit soutenir le président Aziz. Laisser l’UPR répondre à l’opposition, se démener sur tous les fronts, est comme une sorte de " sourde protestation " contre la mise à l’écart de partis comme le PRDR, le RD, le MPR, Adil et AJD/MR qui regardaient des ministres de l’UDP siéger au gouvernement à côté du parti-Etat alors qu’eux attendent toujours une redistribution des rôles qui n’arrive toujours pas. Même quand tout le monde se met à évoquer l’approche des élections municipales et législatives propices au resserrement des rangs de la majorité.

Il faut dire que la démarche et le style de gouvernance, fait au pas de charge, ont pris au dépourvu une classe politique qui mesurait le soutien qu’elle apporte à tout pouvoir à l’aune de son adaptabilité au contexte ancien. L’on s’étonne, à cet effet, que l’évolution de la situation, plus de deux ans après l’investiture du président Mohamed Ould Abdel Aziz, donne la mesure de cette politique qui ramène tout à la personne du Président de la République alors que, dans les faits, certains cherchent à faire revenir le Système. Cette fameuse gouvernance qui donne aux hommes politiques qui gravitent autour du pouvoir depuis trois décennies la latitude d’en profiter comme ils le faisaient sous Ould Taya.

Ainsi, on a comme l’impression qu’il y a une " fronde " d’un autre type qui est en train de menacer, sérieusement, le pouvoir : le refus de ce changement qui met à la touche tous les acteurs politiques ! Car, de plus en plus, l’on se rend compte que ce n’est pas seulement l’opposition qui est ignorée mais aussi cette majorité silencieuse à telle point qu’elle se confond avec l’UPR, seule formation qui semble encore avoir du crédit auprès d’un président de la République plus que jamais sûr qu’il devrait mener son combat seul. Avec peut-être seulement ceux qui l’ont élu. Contre ceux que ses projets contrecarrent et qui sont probablement plus nombreux dans le camp de la majorité !

Et c’est comme qui dirait qu’il y a une conspiration contre le changement. La majorité n’apprécie pas qu’elle n’ait pas été consultée sur tout et rien. Par exemple, le choix des ministres a-t-il été fait en dehors de l’appartenance à ces partis ou d’une " consultation restreinte " ? Voudrait-on que son rôle se limite à ses prises de positions contre l’opposition, à la justification de l’action du gouvernement et à cette propension à raviver les tensions pour refuser le dialogue ?

Etrangement, une fronde d’une autre facture pourrait bien justifier ce qui se passe aujourd’hui. Pour corroborer cette thèse posons-nous cette question : où se trouve la majorité ? N’existe-t-elle que quand la crise est le résultat d’une confrontation avec l’opposition ? Pourquoi ne fait-elle rien pour venir en aide au gouvernement, si l’on peut croire que, généralement, tout fonctionnaire ayant une responsabilité quelconque est censé être du parti du pouvoir ? Ne pas pouvoir répondre à cette question laisse supposer que la majorité peut bien être contente de voir le gouvernement se débattre dans les problèmes. Un gouvernement qu’elle voudrait bien voir changé mais ne pouvant en faire la requête au président (qui ne l’écoute apparemment pas), elle choisit de le laisser couler par ses propres erreurs.

Cette contradiction flagrante qui n’échappe peut être pas au président de la République lui-même, est confortée par une simple observation de cette majorité qui disparaît, comme par enchantement, à chaque fois que le " discours" ne porte pas sur " l’opposition " à l’opposition !

Il devient clair alors que si la COD a finalement choisi d’aller au dialogue, certains de ses dirigeants misent sur la " résistance " qu’une partie de la Majorité va opposer à ce choix présidentiel. Certes, personne n’osera le dire à haute voix, mais on travaillera, sans doute pour que l’opposition n’accepte pas les propositions à minima que le pouvoir va présenter comme solution à la crise multidimensionnelle qui secoue le pays depuis plusieurs mois. Et comme ce sera une sorte de " par prendre ou à laisser ", l’opposition pourra justifier l’échec du dialogue en préparation par la mauvaise foi des gouvernants. Une question restera quand même posée : Que feront Messaoud et Boidiel dans ce cas ?

Sneiba.

Source: L’Authentique



Mardi 3 Avril 2012
Boolumbal Boolumbal
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