L'assemblée nationale:Spectacle de honte



L'assemblée nationale:Spectacle de honte
La TVM a sorti la grande cavalerie, jeudi dernier à l’occasion d’une émission regroupant des députés qui devaient discuter des résultats du dialogue politique initié par le pouvoir. Pour nous gâter par les temps qui courent, TVM n’a pas fait dans la dentelle en nous réchauffant par les phrases mille fois entendues de Taghiyoullah Ould Ledhem, éternel animateur vedette dans le pays. L’homme que nous avions connu comme le laudateur patenté de Ould Taya, soutien inconditionnel de Ely et fervent admirateur de Sidioca a été choisi par la direction de la TVM pour être le "cavalier du micro" de Ould Abdel Aziz. Et il s’y adonna avec toute la fougue qui lui est connue quand il s’agit de faire dans la monotonie mortelle de la TVM.

L’émission était aussi désastreuse pour la plupart des élus de la Nation qui ont eu la malchance de s’offrir en spectacle sous les yeux de milliers de téléspectateurs. Au-delà de la piteuse prestation de ceux-là, c’était l’image piteuse de nos hommes politiques et de nos intellectuels qui nous donnait une baffe en pleine figure !

Elle nous disait surtout que la scène politique nationale est pleinement infectée par des intrus qui n’ont ni formation, ni culture et encore moins de bon sens. La désastreuse stratégie des indépendants de l’année 2006 a produit ici tout son effet négatif. Des élus ne sachant même pas lire une facture de plomberie ou des politiques, laissés à eux-mêmes, incapables de comprendre le descriptif technique d’une pièce mécanique décident, légifèrent et régissent en notre nom !

Pourtant, le thème objet de la discussion stérile de l’autre soir était assez riche et pouvait aider les Mauritaniens à mieux comprendre le malheur dans lequel ils se trouvent enlisés, malgré eux, depuis le coup d’Etat de 2008. Mais, au lieu de nous expliquer, de nous éclairer et d’essayer de nous convaincre, les élus ont préféré se chamailler comme dans un marché de poulets à Ouagadougou ou comme dans un souk de melons à Rosso !

Au finish, on a vécu, plein écran, les invectives habituelles de l’Assemblée nationale. Sauf que, cette fois-ci, les députés sont descendus encore plus bas en s’insultant en direct. Mais, n’est-ce pas là, la représentation politique que nous méritons pour l’avoir choisie par opportunisme, par amour du gain ou par simple ignorance de ces petits agneaux, surgis de nulle part des poches des treillis d’officiers nous traitant comme des brebis.

Certes, les députés de l’opposition radicale ont développé la rhétorique de leurs discours limpide, mais l’un des leurs a pêché par l’excès de virulence et de personnalisation. Plus grave, il a commis la faute de dire publiquement, devant les écrans, ce que tout le monde savait de beaucoup de ceux qui font la politique dans le pays, notamment au sein de la Majorité et dans ses rivages. Plus grave encore, il a révélé à beaucoup de mauritaniens l’existence d’un gros machin inconnu, le BED. Le journaliste animateur aurait dû, par professionnalisme, expliquer aux novices, ce que cela signifiait, mais il a feint de rétablir l’ordre pour échapper à cet exercice qui lui imposait son travail et sa place.

Ceux de la majorité ont planté, eux aussi, leurs couteaux venimeux par des insinuations, des accusations voilées et des mises à l’index, sans pour autant dire du concret. Peut-être que l’un d’eux disait vrai que Ould Abdel Aziz était le premier président du pays à ne pas connaître certaines figures présentes sur le plateau. Est-ce une tare ou un avantage ???

Globalement, ceux qui ont suivi l’émission n’ont retenu que l’invective et l’insulte qui sont devenus une constance dans le vocabulaire politique national. Apparemment, c’est en vogue, même autour de la table du conseil des ministres, si l’on en croit les nombreuses indiscrétions qui filtrent.

Dans la bataille de la colère, les députés de l’opposition ont manqué de lucidité, notamment à l’adresse du député d’Atar qui avait crevé l’écran pour animer la fronde sous SIDIOCA. A l’époque, il criait partout que l’objectif, pour eux, était de réduire les compétences du Président de la République et de renforcer la démocratie en donnant plus de prérogatives au parlement. Où en sommes-nous aujourd’hui, d’autant plus qu’il est devenu le président d’une coquille vide, indolore et incolore, la Haute cour de justice, créée sur mesure pour lui et qui n’a encore servi à rien. Ou plutôt, à lui donner un titre et des avantages. Et s’il s’avère qu’il est payé à ce titre en plus de son salaire de député, il devra être obligé, lui aussi, de restituer des fonds, en attendant le moment qui viendra, pour lui, de rendre des comptes…

Amar Ould Béjà.





Authentique

Mercredi 7 Mars 2012
Boolumbal Boolumbal
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