Douze ans après le premier Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), la célébration aujourd’hui de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté sera certainement le lieu d’une réflexion approfondie et sincère sur les progrès enregistrés. Certes, les efforts de développement restent fortement compromis en Mauritanie à cause de l’instabilité des institutions constitutionnelles, le pays ayant connu en sept années, trois régimes politiques, dont deux coups d’Etat qui ont été suivis par la suspension quasi immédiate des aides au développement et de la coopération internationale.
Actuellement, la Mauritanie vit sous la troisième génération des CSLP et croule sous le poids de ses Documents stratégiques de lutte contre la pauvreté (DSRP), alors que l’effort international doublé des ressources générées par le secteur des mines devait ouvrir des perspectives prometteuses pour l’atteignabilité en 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). En quoi ces mécanismes et outils ont-ils influé sur la vie du Mauritanien lambda ?
Quelques points sur la pauvreté en Mauritanie
Malgré les milliards injectés dans les secteurs sociaux, malgré l’état satisfaisant (sur le papier) des progrès enregistrés sur le plan macroéconomique et structurel, la Mauritanie reste confrontée à des défis importants qui font douter sur sa capacité à atteindre d’ici 2015 les objectifs du Millénaire, dans le domaine de la réduction de la pauvreté, de la santé, de l’éducation et du genre, notamment. Aussi, la Mauritanie a-t-elle figuré dans la liste des 4 pays africains du Sahel, sur les 14 retenus au niveau mondial, à avoir bénéficié du Cadre d’accélération des OMD, piloté par le PNUD peu avant le Sommet de New York en 2010.
Le pays reste en effet encore à la traîne, dans le peloton des pays les moins avancés, même si le PIB par habitant a fortement évolué, passant de 1123 dollars en 2010 à 2000 dollars en 2012. Son économie reste fortement tributaire des chocs exogènes et repose en grande partie sur des ressources non renouvelables comme les mines. Les défis sont encore forts dans le domaine de la santé, de l’environnement, de l’emploi et du genre.
Avec une population estimée en 2012 à 3.359.185 habitants, dont 41 % d’urbains, la pauvreté reste en grande partie confinée dans le monde rural. Les taux de mortalité infantile, juvénile et maternelle restent parmi les plus élevés du Continent, avec des dépenses de santé qui s’élèvent par habitant à 43 dollars, et 0,1 médecin pour 1000 habitants. Les stratégies de développement ont faiblement touché l’agriculture et l’élevage, deux secteurs qui touchent pourtant plus de 50% de la population.
Des progrès ont été réalisés, mais…
La Mauritanie a bénéficié de forts appuis de ses partenaires au développement en tête desquels le Programme des Nations Unies pour le Développement (UNDP), notamment dans le cadre de son plan cadre d’aide au développement (2012-2016) et son appui dans le pilotage du 3ème CSLP (2011-2015). Il s’agit dans cette phase de créer un environnement propice au développement à travers la gouvernance démocratique, le soutien aux politiques et stratégies nationales. Cela devra se traduire par l’amélioration de la cohésion sociale, la création d’emplois au niveau décentralisé, l’amélioration de la sécurité alimentaire…
Les citoyens et leur perception de la pauvreté
Aujourd’hui, le citoyen lambda constate certes beaucoup de progrès qui ont été réalisés dans le domaine de la santé, par la multiplication des hôpitaux, surtout des hôpitaux spécialisés, l’amélioration du plateau national, l’accès amélioré aux services de soins. Des progrès sont également perceptibles au niveau du réseau routier urbain et interurbain, dans le domaine de l’accès à la propriété foncière par la restructuration massive des zones à habitat précaire (Gazras), dans l’extension du réseau électrique et de l’accès à l’eau potable qui a sensiblement relevé le niveau de vie des populations, la modernisation du transport routier, l’accès de plus en plus grand à la microfinance…
La population mauritanienne continue cependant de souffrir de son système éducatif, malade et inadapté au marché de l’emploi, au taux élevé de chômeurs (30% de la population active), de la hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité, de la faiblesse du pouvoir d’achat, de la faible circulation monétaire, de la réduction drastique de la commande de l’Etat auprès des opérateurs économiques, ce qui a ralenti considérablement l’activité économique dans le pays et concouru aux forts taux de chômages, les politiques hasardeuses en matière de pêche…La mauvaise gouvernance, le clientélisme et le népotisme qui sont revenus en force, ont aussi beaucoup contribué à l’inégal accès à l’emploi et aux opportunités d’affaires. Bref, pour le citoyen lambda, la vie est tout simplement devenu difficile et les indicateurs macroéconomiques des virtualités qui n’ont eu aucune incidence sur ses conditions d’existence. En définitive, les Mauritaniens sont-ils devenus en ce jour du 17 octobre 2012 plus pauvres ou plus riches ? Les réponses restent mitigées.
Cheikh Aïdara.
Authentic
Actuellement, la Mauritanie vit sous la troisième génération des CSLP et croule sous le poids de ses Documents stratégiques de lutte contre la pauvreté (DSRP), alors que l’effort international doublé des ressources générées par le secteur des mines devait ouvrir des perspectives prometteuses pour l’atteignabilité en 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). En quoi ces mécanismes et outils ont-ils influé sur la vie du Mauritanien lambda ?
Quelques points sur la pauvreté en Mauritanie
Malgré les milliards injectés dans les secteurs sociaux, malgré l’état satisfaisant (sur le papier) des progrès enregistrés sur le plan macroéconomique et structurel, la Mauritanie reste confrontée à des défis importants qui font douter sur sa capacité à atteindre d’ici 2015 les objectifs du Millénaire, dans le domaine de la réduction de la pauvreté, de la santé, de l’éducation et du genre, notamment. Aussi, la Mauritanie a-t-elle figuré dans la liste des 4 pays africains du Sahel, sur les 14 retenus au niveau mondial, à avoir bénéficié du Cadre d’accélération des OMD, piloté par le PNUD peu avant le Sommet de New York en 2010.
Le pays reste en effet encore à la traîne, dans le peloton des pays les moins avancés, même si le PIB par habitant a fortement évolué, passant de 1123 dollars en 2010 à 2000 dollars en 2012. Son économie reste fortement tributaire des chocs exogènes et repose en grande partie sur des ressources non renouvelables comme les mines. Les défis sont encore forts dans le domaine de la santé, de l’environnement, de l’emploi et du genre.
Avec une population estimée en 2012 à 3.359.185 habitants, dont 41 % d’urbains, la pauvreté reste en grande partie confinée dans le monde rural. Les taux de mortalité infantile, juvénile et maternelle restent parmi les plus élevés du Continent, avec des dépenses de santé qui s’élèvent par habitant à 43 dollars, et 0,1 médecin pour 1000 habitants. Les stratégies de développement ont faiblement touché l’agriculture et l’élevage, deux secteurs qui touchent pourtant plus de 50% de la population.
Des progrès ont été réalisés, mais…
La Mauritanie a bénéficié de forts appuis de ses partenaires au développement en tête desquels le Programme des Nations Unies pour le Développement (UNDP), notamment dans le cadre de son plan cadre d’aide au développement (2012-2016) et son appui dans le pilotage du 3ème CSLP (2011-2015). Il s’agit dans cette phase de créer un environnement propice au développement à travers la gouvernance démocratique, le soutien aux politiques et stratégies nationales. Cela devra se traduire par l’amélioration de la cohésion sociale, la création d’emplois au niveau décentralisé, l’amélioration de la sécurité alimentaire…
Les citoyens et leur perception de la pauvreté
Aujourd’hui, le citoyen lambda constate certes beaucoup de progrès qui ont été réalisés dans le domaine de la santé, par la multiplication des hôpitaux, surtout des hôpitaux spécialisés, l’amélioration du plateau national, l’accès amélioré aux services de soins. Des progrès sont également perceptibles au niveau du réseau routier urbain et interurbain, dans le domaine de l’accès à la propriété foncière par la restructuration massive des zones à habitat précaire (Gazras), dans l’extension du réseau électrique et de l’accès à l’eau potable qui a sensiblement relevé le niveau de vie des populations, la modernisation du transport routier, l’accès de plus en plus grand à la microfinance…
La population mauritanienne continue cependant de souffrir de son système éducatif, malade et inadapté au marché de l’emploi, au taux élevé de chômeurs (30% de la population active), de la hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité, de la faiblesse du pouvoir d’achat, de la faible circulation monétaire, de la réduction drastique de la commande de l’Etat auprès des opérateurs économiques, ce qui a ralenti considérablement l’activité économique dans le pays et concouru aux forts taux de chômages, les politiques hasardeuses en matière de pêche…La mauvaise gouvernance, le clientélisme et le népotisme qui sont revenus en force, ont aussi beaucoup contribué à l’inégal accès à l’emploi et aux opportunités d’affaires. Bref, pour le citoyen lambda, la vie est tout simplement devenu difficile et les indicateurs macroéconomiques des virtualités qui n’ont eu aucune incidence sur ses conditions d’existence. En définitive, les Mauritaniens sont-ils devenus en ce jour du 17 octobre 2012 plus pauvres ou plus riches ? Les réponses restent mitigées.
Cheikh Aïdara.
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