Interview exclusive avec l’avocat du peuple



juriste, Droit de l’Humaniste et chroniqueur politique, l’avocat du peuple n’est plus un homme à présenter aux lecteurs de Cridem et aux Mauritaniens. De passage à Nouakchott pour la rencontre « vous êtes l’espoir », il a bien voulu répondre aux questions de la rédaction.

Pouvez-vous nous parler de vous ?

Comme j’ai eu à le dire sur ce même site , il y a plus de quatre bonnes années, il est extrêmement difficile de parler de soi, surtout dans des circonstances pareilles où on s’adresse particulièrement aux hommes de principes et de convictions pour qui la parole est synonyme d’acte, d’action et de réflexion. C’est pourquoi, je vous fais noter que je suis un Mauritanien répondant au nom de Cissé Housseynou Birama et natif de Rosso qui se veut être l’expression de la Mauritanie dans son ensemble.

Pourquoi ce retour au pays spécialement pour une rencontre que certains qualifient de politique ?

Vous savez, j'ai eu la chance de n'appartenir à aucune Mouvance politique. Je prends toujours position selon ce que je crois être bien pour mon peuple. Comme tout citoyen, j'ai des positions politiques que je m'efforce s'exprimer en leur temps et lieu. Pendant que certains s'intéressaient à la connotation de la rencontre, moi je ne pensais qu'à l'occasion de devoir faire face à la plus haute autorité pour lui transmettre la voix de ce peuple qui n'a pas pu intervenir.

Croyez-vous que votre voix a été la voix du peuple ?

En cinq minutes je ne pouvais pas exprimer la totalité du message du peuple. Il fallait donc faire un choix et pour être le plus juste possible j'ai laissé mon imagination me guider. Après l'intervention, en regardant la vidéo j'ai noté que mon imagination m'avait imposé trois grandes questions : Le respect du caractère sacré de la religion qui oblige à la mettre en dehors de la sphère politique, aussi bien par les gouvernants, les gouvernés que l'opposition. Ensuite, le dépassement du «je» éthnocentrisme, tribaliste, raciste, racial et ségrégationniste dans les recrutements, les concours, l'administration des bien public et le devenir de notre pays. Et enfin, l'exercice et la dévolution du pouvoir par les urnes, mais avec comme préalable des élections libres et transparentes.

J'ai été félicité, encouragé, conseillé et critiqué. Ce qui est vraiment morale. Dans l'ensemble, je note que le peuple me fait confiance et croit en moi. C'est vraiment un honneur et je tacherai de faire mieux encore. Il y a qui ne se retrouvent que quand on tape sur les systèmes, les régimes ou les hommes qui les incarnent. Il y a d'autre pour qui le plus important est de savoir inviter à une Mauritanien d'honneur, de fraternité et de justice. Mon discours n'était qu'une continuité de mon combat pour la Mauritanie que l'on veut laisser à nos enfants. Ils doivent pouvoir se regarder en Mauritaniens, en frères et surtout en vaillants soldats sur les épaules de qui repose le devenir de cette patrie et de cette terre commune.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que vous avez cherché à plaire au président ?

Pour rire, permettez-moi de dire qu'ils ont probablement regardé une autre intervention ou ils avaient vraiment sommeil vu que l'heure de mon intervention était 1h15. Je leur conseille de revoir la vidéo. Par Nature, je ne cherche jamais à plaire. Je dis les choses comme je les sens. Ma position est claire et j'ai toujours eu la chance de dire ce que je crois juste avec les mots les plus simples. Pour certains, je devais dire que rien ne marche et que le président n'a rien fait de bon.

Pour d'autre, je devais le présenter en guide éclairé. Mais, pour moi je devais être juste avec moi-même et ne pas me mentir. C'est vrai qu'il y a des choses à parfaire et d'autre à faire mais, on doit avoir l'honnêteté de dire que certaines choses sont faites. La preuve incontestable était cette université dont on avait parlé lors de notre dernière rencontre et où on s'est rencontré pendant le débat. Dieu dit qui ne peut remercier les hommes ne pourra le remercier. Mais, tout de même je prends note et par la grâce de Dieu je continuerai à faire de mon mieux sans jamais m'attendre à satisfaire tout le monde.

Il parait qu'après la rencontre vous vous êtes fait un carnet d'adresse ?

J'en remercie Dieu. J'ai revu les mêmes hommes et femmes, j'ai discuté des mêmes sujets et je suis retourné sur les mêmes lieux que je connaissais. Je suis très fidèle en amitié. Dieu sait que j'ai des amis dans l'opposition, dans le cercle du pouvoir, dans toutes les communautés, dans toutes les couches sociales et dans toutes les professions. J'ai vu certains et je promets aux autres de venir les voir. Je ne mélange pas mes convictions, mon rêve de la Mauritanie Nouvelle avec mes amitiés. Ma conviction et mes principes ne sont pas un préalable à mon amitié. Je dois admettre que revenir au pays et revoir mon peuple m'a fait beaucoup de bien.

Quelle lecture faites-vous de la situation politique actuelle ?

En tant que chroniqueur politique, je suis un produit de Cridem. J'ai envie de choisir ce masque comme échappatoire et donner aux lecteurs d'autres rendez-vous. Mais, vous connaissant comme je vous connais, la tâche ne sera pas facile. Résolu à répondre, je vous fais noter que le boycott est une fuite en avant et pas forcément une bonne chose politiquement. La séparation prononcée par certains est un coup d'émotion qui ne peut prospérer et très dangereux sur tous les cotés. A l'heure actuelle, Aziz n'a pas un vrai challenger devant lui.

Pour une lecture objective notre pays est très fragile et nous ne méritons pas le sort de certains pays. L'opposition doit arrêter de se chercher et chercher à être prête pour les élections. Les jeunes politiques qui veulent réussir ne doivent nullement vivre dans le passé de nos hommes, mais doivent tout de même éviter la diabolique et s'inspirer du positif, car le passé est le fondement du présent et ce dernier doit constituer le tremplin de l'avenir. Il faut aussi faire très attention à la radicalisation des groupes islamistes et autres. Non à l'islam politique et à la politique politicienne.

A quand le retour définitif pour le pays ?

Un ami m'a fait comprendre que le retour est la meilleure chose qu'un patriote peut envisager. Surtout s'il se trouve que vous avez toute votre vie au pays et vous vous sentez redevable à votre peuple. Chacun peut réussir sa petite vie dans un coin tranquille quelque part sur terre mais, le plus important est de se sentir soldat pour sa nation. On ne peut changer les choses de l'extérieur et on ne peut développer notre pays en servant d'autres Etats. J'en profite pour demander à tous les amis, frères, soeurs, compatriotes et en un mot à tous les Mauritaniens de revenir servir ce pays. Tant que nous n'acceptons pas de troquer nos résidences contre l'immense désert Mauritanien nous nous pouvons espérer mieux pour nos enfants.

Envisagez-vous l'option de travailler avec le régime en place ?

Je comprends la portée de cette question, car en Mauritanie on ne semble avoir que deux options : travailler dans les cercles de décisions et passer pour un traitre ou rester loin et être un observateur. Cette lecture est pourtant absurde, car il n'est pas question de travailler pour un homme, un système ou un régime mais, plutôt question de servir son Etat et rien que son peuple dans l'honnêteté, le courage, la bravoure et la conviction en patriote appelé à mourir et laisser l'histoire s'écrire. Je m'inscris dans la logique de servir mon pays à la place où je me sentirai apte à faire valoir une compétence pour le devenir de notre Mauritanie de droit, de justice et d'égalité conformément à l'aspiration de nos ancêtres bâtisseurs de ce pays. Du Dockers au Président chacun doit se mettre au servir de cette nation.

Quel est votre dernier mot ?

D'abord, je remercie mon peuple et affirment ma conviction sur la capacité de notre jeunesse d'aller en avant afin de s'offrir la Mauritanie de ses rêves. Ensuite, j'encourage les politiques à faire de l'intérêt suprême leur unique raison d'être. Enfin, je félicite Cridem et particulièrement le jeune Claude, soldat de la liberté et de la démocratie. Félicitations, pour les distinctions cumulées et dites-vous qu'un jour l'état ou le peuple vous offrira la légion du citoyen exemplaire avec tous les honneurs. Je me demande pourquoi cela tarde mais, croyez-moi cela se fera inchallah.

La rédaction de Cridem




Source : Rédaction Cridem

Dimanche 6 Avril 2014
Boolumbal Boolumbal
Lu 186 fois





Les plus récentes
Boolumbal Boolumbal | 05/01/2026 | 1406 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
Boolumbal Boolumbal | 07/11/2025 | 5216 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire


Attention ! Pas d'amalgames...
Publié par Boolumbal Boolumbal le 07/11/2025 à 11:19 | 0 Commentaire

Recherche


Inscription à la newsletter