Question : Quelle évaluation faites-vous de l’attitude adoptée par l’Opposition par rapport aux prochaines élections municipales et législatives, entre boycott et participation ?
Réponse : Je ne voudrais pas faire l’évaluation de ce que font les autres. Il ne s’agit pas, à mon avis, de faire semblant d’organiser une nouvelle élection de façade en y impliquant ceux qui se présentent et en y excluant ceux qui boycottent.
Toute élection organisée à l’heure actuelle serait sans aucune crédibilité et ne ferait qu’aggraver la situation du pays… C’est comme si on s’intéresse au fruit en négligeant l’arbre qui en est l’origine.
L’origine du problème est la rébellion d’un individu qui s’était dressé contre la volonté populaire, et je pense que toutes les crises qui se succèdent en Mauritanie, aux plans politique, économique et social, sont dues à cette situation qui perdure.
Les affaires de ce pays ne sauraient être redressées que par l’éradication des effets néfastes de cette situation atypique. Avant de parler d’élection, Il faut résoudre le problème de l’usurpation du pouvoir et du détournement des institutions républicaines, car notre pays ne peut plus supporter qu’on continue à mettre sa gouvernance et ses ressources en jeu. Le problème se situe à ce niveau – là.
C’est un problème qui s’aggrave, mettant ainsi en péril la paix sociale, l’existence et la survie du pays. C’est un problème qui ne peut être réglé qu’ à travers un dialogue participatif, serein et inclusif. Un dialogue qui jette les bases d’un véritable Etat de droit, fondé sur la justice et le pluralisme, dont la priorité serait de trouver les solutions adéquates au lourd héritage légué par la série des coups d’Etat et par toutes ces décennies d’instabilité politique.
Le processus de remise de notre pays sur les rails de la démocratie et du progrès doit commencer par là, et je pense que la plupart des mauritaniens voient les choses ainsi et savent que des élections dont l’issue est connue d’avance constituent une mascarade qui ne ferait qu’aggraver et d’enflammer d’avantage la situation qu’ils vivent.
Question : Ne trouvez – vous pas que la participation de certains partis politiques à ces élections leur procure une certaine crédibilité ?
Réponse :Je Pense que la majorité des mauritaniens seront, indifférents par rapport a ces élections par souci de préserver l’intérêt de leur patrie, car sans le règlement de la crise politique à partir de ses racines ces élections seront inutiles. Les vraies élections auxquelles les mauritaniens aspirent, sont celles qui résultent d’un consensus national autour des mécanismes permettant de dépasser la crise due aux coups d état qui ont se Coué le pays.
Quand les mauritaniens, à travers leurs acteurs politiques et leurs différentes composantes, se retrouveront autour d’un consensus national, l’urne sera la seule voie crédible et légitime pour l’alternance au pouvoir et son exercice de manière véritablement démocratique, à l’instar de ce qu’on a connu à l’issue de la transition 2005-2007 où les autorités avaient soumis tout le processus à un consensus national global ayant abouti à des élections dont la transparence et l’honnêteté ont fait l’unanimité sur le plan interne et au sain de la communauté internationale.
Cela avait donné à la Mauritanie un véritable visage démocratique que le putsch de 2008 a , par la suite, terni.
Question : Quel sera votre position après l’éclatement de la COD entre boycotistes et participationnistes ?
Réponse : Je suis dans une position confortable dan la mesure où je me sens du côté de l’intérêt national suprême et que je ne me positionne dans aucun agenda particulier, avec tel ou contre tel. J’ai toujours été, et je resterai, avec l’ensemble des mauritaniens qui militent pour mettre fin aux effets du putsch et ouvrir, de nouveau, la voie pour la démocratie participative et inclusive normale. Je demeure confiant quant au génie du peuple mauritanien et sa capacité inégalée de surmonter les crises circonstancielles.
Source : Mrabih Deid via cridem.org
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