On reparle, à nouveau, d’un changement imminent de gouvernement. Et d’un très probable report des élections municipales et législatives. Jusqu’à 2014. Si pour le premier, on n’est pas à une première " information " sur le sujet, la deuxième décision du pouvoir enflamme maintenant les débats entre la Majorité et l’Opposition. Sur l’opportunité du report, bien sûr, mais aussi sur ses raisons profondes (absence d’un état-civil fiable, difficultés financières, crise politique…) et sur la légalité des amendements constitutionnels pris dans le cadre du dialogue national.
Face à la crise politique actuelle, la solution qui s’offre au président Aziz est de redistribuer les cartes. Et le premier actes à poser, pensent certains analystes, seraient de changer d’abord d’équipe gouvernementale.
Ceux qui donnent pour imminent le changement du Gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf - qui a réussi à trois fois à sauver sa tête - s’appuient sur la possibilité, de plus en plus sérieuse, de reculer l’échéance électorale des municipales et législatives d’au moins deux ans ! Ce sera la réponse à donner à deux impératifs majeurs : être suffisamment bien outillé (financièrement parlant) pour mener à bien ce scrutin d’importance et répondre à une demande de l’opposition dont une partie pourrait bien se lancer dans la course, à condition que soient réelement rouvertes les portes du dialogue sur de nouvelles bases.
On s’inscrirait ainsi dans l’optique du discours de la majorité, depuis le " direct du président avec le peuple ", n’excluant pas la possibilité de reculer la date des élections. En fait, c’est en allusion aux bonnes dispositions d’une partie de l’Opposition que la Majorité n’hésite pas à déclarer en substance que le dialogue a permis à la Mauritanie d’éviter le clash ! La crainte qu’une élection sans au moins deux ou trois partis de la COD ne renvoie l’image des scrutins de l’époque Taya a les mêmes conséquences fâcheuses d’une déroute - possible - pour le pouvoir ! Même si ce dernier a voulu ce prémunir contre ce " risque " en interdisant les candidatures indépendantes ! Et d’aucuns d’évoquer, à ce sujet, le report du renouvellement partiel du tiers du Sénat qui menaçait de se solder par un fiasco politique pour l’Union pour la République (UPR) dont les concurrents les plus sérieux se trouvaient être les " indépendants " issus de ses côtes ! On trouve là une explication plausible au désir de certains segments de la Majorité à chercher à remettre en cause cette clause du dialogue.
La méthode du fusible
Le futur remaniement devrait être destiné à aligner une nouvelle équipe qui ne pourra pas être rendue responsable, à la veille des élections prochaines, des mauvaises performances du gouvernement. Le changement répondrait à la vieille tactique du fusible qui saute et n’aurait rien à voir avec les rééquilibrages opérés jusque-là par Ould Abdel Aziz qui visaient à donner l’impression de prendre en compte le jugement de la rue. Maintenant, notent ceux qui évoquent l’imminence du remaniement, Ould Abdel Aziz doit éviter toute réadaptation qui ne correspondrait pas, véritablement, à la volonté de concilier l’action du gouvernement au discours du président.
Encore faudrait-il que la nouvelle équipe puisse répondre aux critères de sélectivité liée uniquement aux prédispositions de performance pour éviter que revienne la question souvent posée lors des précédentes retouches : les ministres " sortis " étaient-ils réellement les moins performants du gouvernement Laghdaf I et II ou avaient-ils seulement joué de malchance ? Aujourd’hui le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf est perçu, de plus en plus, comme un véritable boulet au pied du président Aziz. Paradoxalement, les critiques dont on accable l’Union pour la République (UPR), qui essaie de reprendre la main, après avoir été " marginalisé " sur la question du dialogue par les rencontres entre Aziz et Messaoud, doivent aller plutôt au " gouvernement par défaut " dont l’action, sur plus de deux ans manque de visibilité,… malgré le satisfecit présidentiel à l’occasion de la commémoration de l’An II de son investiture.
Réponses
Les principaux axes de la dernière Déclaration de Politique Générale du Premier ministre ne se reflètent nullement dans ce qui est entrepris en ce moment et qui est plutôt une sorte de navigation à vue. Le triomphalisme qui a suivi la récente visite de haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) rappelle étrangement celui de la " réussite exceptionnelle " de la Table ronde de Bruxelles. Toutefois, à l’allure où va la contestation sociale (celle des travailleurs de secteurs sensibles, des étudiants, d’IRA, de TPMN et de l’opposition), la situation pourrait céder la place à une tendance inverse de désenchantement qui pourrait être vécue en premier lieu par les administrations sous formes de coupes drastiques dans leurs budgets de fonctionnement, voire de retard de salaires des travailleurs, et d’essoufflement de certains projets et programmes qui ne fonctionnent que grâce à une certaine gymnastique financière ; une situation nouvelle où la SNIM jouerait le rôle de laitière ! Une sorte d’Etat-Providence dans un Etat où pratiquement tous les voyants sont au rouge !
Le gouvernement, qui commence à lasser, faute de bilan pouvant justifier son maintien, comme équipe et non comme individualités, ne peut plus jouer avec le temps, à mi-mandat du quinquennat du président Aziz. Lequel doit penser maintenant à mettre un terme à l’existence d’un gouvernement qui pèche par son affiliation à une " Rectification ", qu’il faut oublier maintenant, et à une élection présidentielle qui a été vécue par l’opposition comme le prolongement du coup d’Etat du 06 août 2008.
Déroute gouvernementale
On avait confié à Ould Mohamed Laghdaf et à ses ministres la mission " sisyphienne " de poser les fondements de cette " Mauritanie Nouvelle " mais l’on n’a pas tardé à comprendre que ces homes cibles sont loin d’être à la hauteur de ce que le président Aziz avait conçu comme une rupture avec le " passé du pays ". Chaque jour qui passe, donne ainsi raison à ceux qui s’évertuent à inverser les termes de la boutade qui dit qu’on " ne change pas une équipe qui perd " et qui est en train de donner son sens au maintien d’un gouvernement qui présente mille et un défauts dont le moindre n’est sans doute pas celui d’être inodore et incolore.
Bâtir l’édifice la "Mauritanie Nouvelle", dont le fondement doit être ces premières années d’exercice plein du pouvoir démocratique, ne peut se faire MAINTENANT qu’avec du sang neuf. Le président de la République qui procède jusqu’à présent par petites retouches ne peut tolérer plus longtemps la fainéantise aujourd’hui reconnue d’un gouvernement dont le seul fait d’armes est d’avoir survécu plus longtemps que tous ses prédécesseurs ! Ni accélération des réformes, ni plan de rigueur ne sont à mettre au compte d’un gouvernement dont la présence n’est ressentie qu’à travers celle du Président lors des injonctions processuelles du Conseil des ministres.
L’intervention du Chef de l’Etat dans divers secteurs de l’activité du Gouvernement et son exposition aux critiques de l’opposition démontrent, largement, le déficit de crédibilité et d’efficacité d’une équipe gouvernementale ayant très tôt perdu le souffle nécessaire à la Longue Marche qui avait été annoncée en 2009. Ainsi, l’actuel PM n’a plus rien à prouver à la tête de l’équipe gouvernementale. Son amitié avec le Chef ne justifie nullement une confiance sans limite qui, à la longue, peut relever de la complicité sur les questions qui fâchent : flambée des prix, enrôlement des populations, traitement du dossier des réfugiés, esclavage, dialogue...et crise qui dure avec l’opposition.
Sneiba Mohamed.
Face à la crise politique actuelle, la solution qui s’offre au président Aziz est de redistribuer les cartes. Et le premier actes à poser, pensent certains analystes, seraient de changer d’abord d’équipe gouvernementale.
Ceux qui donnent pour imminent le changement du Gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf - qui a réussi à trois fois à sauver sa tête - s’appuient sur la possibilité, de plus en plus sérieuse, de reculer l’échéance électorale des municipales et législatives d’au moins deux ans ! Ce sera la réponse à donner à deux impératifs majeurs : être suffisamment bien outillé (financièrement parlant) pour mener à bien ce scrutin d’importance et répondre à une demande de l’opposition dont une partie pourrait bien se lancer dans la course, à condition que soient réelement rouvertes les portes du dialogue sur de nouvelles bases.
On s’inscrirait ainsi dans l’optique du discours de la majorité, depuis le " direct du président avec le peuple ", n’excluant pas la possibilité de reculer la date des élections. En fait, c’est en allusion aux bonnes dispositions d’une partie de l’Opposition que la Majorité n’hésite pas à déclarer en substance que le dialogue a permis à la Mauritanie d’éviter le clash ! La crainte qu’une élection sans au moins deux ou trois partis de la COD ne renvoie l’image des scrutins de l’époque Taya a les mêmes conséquences fâcheuses d’une déroute - possible - pour le pouvoir ! Même si ce dernier a voulu ce prémunir contre ce " risque " en interdisant les candidatures indépendantes ! Et d’aucuns d’évoquer, à ce sujet, le report du renouvellement partiel du tiers du Sénat qui menaçait de se solder par un fiasco politique pour l’Union pour la République (UPR) dont les concurrents les plus sérieux se trouvaient être les " indépendants " issus de ses côtes ! On trouve là une explication plausible au désir de certains segments de la Majorité à chercher à remettre en cause cette clause du dialogue.
La méthode du fusible
Le futur remaniement devrait être destiné à aligner une nouvelle équipe qui ne pourra pas être rendue responsable, à la veille des élections prochaines, des mauvaises performances du gouvernement. Le changement répondrait à la vieille tactique du fusible qui saute et n’aurait rien à voir avec les rééquilibrages opérés jusque-là par Ould Abdel Aziz qui visaient à donner l’impression de prendre en compte le jugement de la rue. Maintenant, notent ceux qui évoquent l’imminence du remaniement, Ould Abdel Aziz doit éviter toute réadaptation qui ne correspondrait pas, véritablement, à la volonté de concilier l’action du gouvernement au discours du président.
Encore faudrait-il que la nouvelle équipe puisse répondre aux critères de sélectivité liée uniquement aux prédispositions de performance pour éviter que revienne la question souvent posée lors des précédentes retouches : les ministres " sortis " étaient-ils réellement les moins performants du gouvernement Laghdaf I et II ou avaient-ils seulement joué de malchance ? Aujourd’hui le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf est perçu, de plus en plus, comme un véritable boulet au pied du président Aziz. Paradoxalement, les critiques dont on accable l’Union pour la République (UPR), qui essaie de reprendre la main, après avoir été " marginalisé " sur la question du dialogue par les rencontres entre Aziz et Messaoud, doivent aller plutôt au " gouvernement par défaut " dont l’action, sur plus de deux ans manque de visibilité,… malgré le satisfecit présidentiel à l’occasion de la commémoration de l’An II de son investiture.
Réponses
Les principaux axes de la dernière Déclaration de Politique Générale du Premier ministre ne se reflètent nullement dans ce qui est entrepris en ce moment et qui est plutôt une sorte de navigation à vue. Le triomphalisme qui a suivi la récente visite de haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) rappelle étrangement celui de la " réussite exceptionnelle " de la Table ronde de Bruxelles. Toutefois, à l’allure où va la contestation sociale (celle des travailleurs de secteurs sensibles, des étudiants, d’IRA, de TPMN et de l’opposition), la situation pourrait céder la place à une tendance inverse de désenchantement qui pourrait être vécue en premier lieu par les administrations sous formes de coupes drastiques dans leurs budgets de fonctionnement, voire de retard de salaires des travailleurs, et d’essoufflement de certains projets et programmes qui ne fonctionnent que grâce à une certaine gymnastique financière ; une situation nouvelle où la SNIM jouerait le rôle de laitière ! Une sorte d’Etat-Providence dans un Etat où pratiquement tous les voyants sont au rouge !
Le gouvernement, qui commence à lasser, faute de bilan pouvant justifier son maintien, comme équipe et non comme individualités, ne peut plus jouer avec le temps, à mi-mandat du quinquennat du président Aziz. Lequel doit penser maintenant à mettre un terme à l’existence d’un gouvernement qui pèche par son affiliation à une " Rectification ", qu’il faut oublier maintenant, et à une élection présidentielle qui a été vécue par l’opposition comme le prolongement du coup d’Etat du 06 août 2008.
Déroute gouvernementale
On avait confié à Ould Mohamed Laghdaf et à ses ministres la mission " sisyphienne " de poser les fondements de cette " Mauritanie Nouvelle " mais l’on n’a pas tardé à comprendre que ces homes cibles sont loin d’être à la hauteur de ce que le président Aziz avait conçu comme une rupture avec le " passé du pays ". Chaque jour qui passe, donne ainsi raison à ceux qui s’évertuent à inverser les termes de la boutade qui dit qu’on " ne change pas une équipe qui perd " et qui est en train de donner son sens au maintien d’un gouvernement qui présente mille et un défauts dont le moindre n’est sans doute pas celui d’être inodore et incolore.
Bâtir l’édifice la "Mauritanie Nouvelle", dont le fondement doit être ces premières années d’exercice plein du pouvoir démocratique, ne peut se faire MAINTENANT qu’avec du sang neuf. Le président de la République qui procède jusqu’à présent par petites retouches ne peut tolérer plus longtemps la fainéantise aujourd’hui reconnue d’un gouvernement dont le seul fait d’armes est d’avoir survécu plus longtemps que tous ses prédécesseurs ! Ni accélération des réformes, ni plan de rigueur ne sont à mettre au compte d’un gouvernement dont la présence n’est ressentie qu’à travers celle du Président lors des injonctions processuelles du Conseil des ministres.
L’intervention du Chef de l’Etat dans divers secteurs de l’activité du Gouvernement et son exposition aux critiques de l’opposition démontrent, largement, le déficit de crédibilité et d’efficacité d’une équipe gouvernementale ayant très tôt perdu le souffle nécessaire à la Longue Marche qui avait été annoncée en 2009. Ainsi, l’actuel PM n’a plus rien à prouver à la tête de l’équipe gouvernementale. Son amitié avec le Chef ne justifie nullement une confiance sans limite qui, à la longue, peut relever de la complicité sur les questions qui fâchent : flambée des prix, enrôlement des populations, traitement du dossier des réfugiés, esclavage, dialogue...et crise qui dure avec l’opposition.
Sneiba Mohamed.
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