Depuis les premières années des indépendances, la cohabitation entre les différentes communautés n’a pas toujours été facile. Si l’Islam unit tous les mauritaniens, il n’en demeure pas moins que sur le plan social, culturel, linguistique et traditionnel qu’il y a de nombreuses différences.
Des différences et diversités qui devraient être selon de nombreux observateurs être une richesse pour le pays et non pas un boulet. Malheureusement pour d’autres elles ont été un vecteur d’exclusion et de marginalisation. Ainsi dans les communautés qui se sont senties délaissées, certains mouvements de revendications ont vu le jour tels El Hor, les Flam, Ira etc.
Ils sont nombreux les mouvements et autres associations censés défendre les prétendus opprimés de Mauritanie. C’est surtout après les années de braise du régime de Ould Taya qu’ils ont vu le jour.
Exception faite du mouvement El Hor et des Flam. Messaoud Ould Boulkeir et ses camarades avaient créé EL Hor au début des années 80. Ce mouvement qui revendiquait plus de droit pour la couche haratine n’avait pas trop gêné le pouvoir et vite fait ses leaders étaient récupérés et le mouvement divisé. Messaoud Ould Boulkheir était alors le premier haratine à être nommé ministre.
Les choses allaient en être autrement pour les Flam. Ce mouvement qui croyait avoir bien fait de revendiquer plus de droit et d’équité dans le pays entre les différentes communautés du pays durant les premières années de pouvoir de Ould Taya s’en mordra les doigts. Après la publication de leur manifeste, la répression fut brutale en 1986 et des dizaines de cadres et intellectuels mêlés de près ou de loin à cette cause furent jetés en prison.
S’en suivra une chasse à la sorcière contre ce mouvement qui dans certains milieux était perçu comme le diable. Il faut dire que l’apparition des Flam coïncidait avec la montée en puissance des mouvements baathistes et nassériens qui contrôlait l’essentiel des leviers de l’Etat.
A cette époque il ne faisait pas bon d’être catalogué Flam car la descente aux enfers était immédiate et les ennuis nombreux. Il a fallu le coup d’Etat de 2005 puis l’élection présidentielle de 2008 pour que la crainte que suscitait ce mouvement tombe et qu’un début de discussion soit engagé. Si Ould Taya avait choisi le bâton et une ferme répression comme voie de dialogue ce sera différent avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi et Mohamed Ould Abdel Aziz.
Des contacts seront noués et des tentatives de récupérations de cadres engagées. C’est alors que le retour des Flam en fin 2013, que beaucoup redoutaient, s’est fait sans heurts, ce mouvement ayant choisi la voie politique comme mode d’expression. Leur Président Samba Thiam a d’ailleurs été reçus plusieurs fois par le Président Aziz ce qui lui vaut les foudres du mouvement Ira.
Pour justement ce qui est du mouvement Ira, lui aussi classé dans les organisations extrémistes, il connait aujourd’hui les mêmes tracas que les Flam durant les années 90. Le pouvoir accablé par la montée en puissance de cette organisation, tente toutes les options pour le briser.
Il a d’abord commencé par ne pas reconnaître le mouvement ainsi que le parti qui devait constituer son aile politique. Les tentatives de récupérations à renfort de grandes publicités ont été montées. L’on se rappelle comment le Secrétaire Général de Ira, démissionnaire, avait été reçu par les plus hautes autorités y compris le Président.
Ce dissident occupe aujourd’hui le poste de conseilleur du Commissaire au Droits de l’Homme. Malgré le bruit fait au tour de cette démission, il semble que Ira est sorti encore plus puissant puisque son Président raflant de nombreux prix internationaux dans le domaine des droits de l’homme mais c’est surtout le prix des Nations Unies qui lui a valu une consécration internationale.
Sur le terrain en Mauritanie ce mouvement continue de se battre pour l’éradication de l’esclavage et l’application de la loi la criminalisant. De temps à autre un membre de cette organisation est récupéré par le pouvoir qui n’a cesse de le noyauter afin de le briser. Mais au rythme où vont les choses avec sa nouvelle aura, il sera difficile de barrer le chemin à Birane Ould Abeid.
Un lieutenant ou un capitaine pourront être fagotés par ci ou là mais le mouvement semble être indomptable. Le pouvoir dépassé, n’arrive toujours à trouver le bon remède. Mais toutefois, en autorisant le retour des Flam et en optant pour dialogue ouvert avec ce mouvement l’Etat empêche tout rapprochement entre IRA et Flam qui pis ne se privent pas de se déchirer en public.
La jonction entre les 2 mouvements serait le pire cauchemar pour les autorités qui déploient alors toute leurs énergies pour créer et entretenir une animosité entre eux. C’est ainsi que Birame taxe les Flam de féodalistes et amis du pouvoir les Flam qui ne le supporte pas non plus.
Dans tous les cas ces 2 mouvement ont été perçus comme extrémistes, voire dangereux pour l’unité nationale. Si les Flam sont moins diabolisés que par le passé, il n’en demeure pas moins que pour certains ils n’ont pas leur place dans le pays à moins que ce ne soit derrière les grilles de prisons.
Birane et son mouvement sont également populaires dans certains milieux mais franchement détestés dans d’autres et le pouvoir ne leur fait aucun cadeau. A chaque fois les pouvoirs ont infiltré ces mouvements et tenté de les détruire de l’intérieur puis ont opté pour la carotte pour tenter de récupérer leurs têtes.
Mauritanoix N° 72
Source :mauritanoix@elhora.info
Des différences et diversités qui devraient être selon de nombreux observateurs être une richesse pour le pays et non pas un boulet. Malheureusement pour d’autres elles ont été un vecteur d’exclusion et de marginalisation. Ainsi dans les communautés qui se sont senties délaissées, certains mouvements de revendications ont vu le jour tels El Hor, les Flam, Ira etc.
Ils sont nombreux les mouvements et autres associations censés défendre les prétendus opprimés de Mauritanie. C’est surtout après les années de braise du régime de Ould Taya qu’ils ont vu le jour.
Exception faite du mouvement El Hor et des Flam. Messaoud Ould Boulkeir et ses camarades avaient créé EL Hor au début des années 80. Ce mouvement qui revendiquait plus de droit pour la couche haratine n’avait pas trop gêné le pouvoir et vite fait ses leaders étaient récupérés et le mouvement divisé. Messaoud Ould Boulkheir était alors le premier haratine à être nommé ministre.
Les choses allaient en être autrement pour les Flam. Ce mouvement qui croyait avoir bien fait de revendiquer plus de droit et d’équité dans le pays entre les différentes communautés du pays durant les premières années de pouvoir de Ould Taya s’en mordra les doigts. Après la publication de leur manifeste, la répression fut brutale en 1986 et des dizaines de cadres et intellectuels mêlés de près ou de loin à cette cause furent jetés en prison.
S’en suivra une chasse à la sorcière contre ce mouvement qui dans certains milieux était perçu comme le diable. Il faut dire que l’apparition des Flam coïncidait avec la montée en puissance des mouvements baathistes et nassériens qui contrôlait l’essentiel des leviers de l’Etat.
A cette époque il ne faisait pas bon d’être catalogué Flam car la descente aux enfers était immédiate et les ennuis nombreux. Il a fallu le coup d’Etat de 2005 puis l’élection présidentielle de 2008 pour que la crainte que suscitait ce mouvement tombe et qu’un début de discussion soit engagé. Si Ould Taya avait choisi le bâton et une ferme répression comme voie de dialogue ce sera différent avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi et Mohamed Ould Abdel Aziz.
Des contacts seront noués et des tentatives de récupérations de cadres engagées. C’est alors que le retour des Flam en fin 2013, que beaucoup redoutaient, s’est fait sans heurts, ce mouvement ayant choisi la voie politique comme mode d’expression. Leur Président Samba Thiam a d’ailleurs été reçus plusieurs fois par le Président Aziz ce qui lui vaut les foudres du mouvement Ira.
Pour justement ce qui est du mouvement Ira, lui aussi classé dans les organisations extrémistes, il connait aujourd’hui les mêmes tracas que les Flam durant les années 90. Le pouvoir accablé par la montée en puissance de cette organisation, tente toutes les options pour le briser.
Il a d’abord commencé par ne pas reconnaître le mouvement ainsi que le parti qui devait constituer son aile politique. Les tentatives de récupérations à renfort de grandes publicités ont été montées. L’on se rappelle comment le Secrétaire Général de Ira, démissionnaire, avait été reçu par les plus hautes autorités y compris le Président.
Ce dissident occupe aujourd’hui le poste de conseilleur du Commissaire au Droits de l’Homme. Malgré le bruit fait au tour de cette démission, il semble que Ira est sorti encore plus puissant puisque son Président raflant de nombreux prix internationaux dans le domaine des droits de l’homme mais c’est surtout le prix des Nations Unies qui lui a valu une consécration internationale.
Sur le terrain en Mauritanie ce mouvement continue de se battre pour l’éradication de l’esclavage et l’application de la loi la criminalisant. De temps à autre un membre de cette organisation est récupéré par le pouvoir qui n’a cesse de le noyauter afin de le briser. Mais au rythme où vont les choses avec sa nouvelle aura, il sera difficile de barrer le chemin à Birane Ould Abeid.
Un lieutenant ou un capitaine pourront être fagotés par ci ou là mais le mouvement semble être indomptable. Le pouvoir dépassé, n’arrive toujours à trouver le bon remède. Mais toutefois, en autorisant le retour des Flam et en optant pour dialogue ouvert avec ce mouvement l’Etat empêche tout rapprochement entre IRA et Flam qui pis ne se privent pas de se déchirer en public.
La jonction entre les 2 mouvements serait le pire cauchemar pour les autorités qui déploient alors toute leurs énergies pour créer et entretenir une animosité entre eux. C’est ainsi que Birame taxe les Flam de féodalistes et amis du pouvoir les Flam qui ne le supporte pas non plus.
Dans tous les cas ces 2 mouvement ont été perçus comme extrémistes, voire dangereux pour l’unité nationale. Si les Flam sont moins diabolisés que par le passé, il n’en demeure pas moins que pour certains ils n’ont pas leur place dans le pays à moins que ce ne soit derrière les grilles de prisons.
Birane et son mouvement sont également populaires dans certains milieux mais franchement détestés dans d’autres et le pouvoir ne leur fait aucun cadeau. A chaque fois les pouvoirs ont infiltré ces mouvements et tenté de les détruire de l’intérieur puis ont opté pour la carotte pour tenter de récupérer leurs têtes.
Mauritanoix N° 72
Source :mauritanoix@elhora.info

Actualités














