Le Congrès du Parlement mauritanien - ouvert lundi dernier- devra permettre à la Mauritanie de se relancer véritablement dans une 1ère nouvelle de démocratie et de développement. C’est du moins ce que pense le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkhair.
Une appréciation faite, sans doute, de bonne foi par un homme que l’on présente, depuis le lancement du dialogue entre le pouvoir et quatre partis d’opposition, en décembre dernier, comme un conciliateur et un paravent contre ces " printemps arabes " qui continuent encore, malgré leur côté positif, à troubler la quiétude de certains pays de la zone. Mais, du côté de l’opposition radicale, l’on pense autrement : Il ne s’agit, ni plus ni moins que d’une autre " ruse " du pouvoir pour dévoyer la démocratie mauritanienne et tenter de gagner du temps dans un contexte de crise multiforme qui ne permet pas d’organiser des élections libres et transparentes pour remplacer un Parlement et des conseils municipaux dont les mandats sont arrivés à terme depuis novembre 2011.
La solennité de l’évènement n’a échappé à personne, avec la présence aux premières loges du Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, du président du Sénat, Ba Mamadou dit M’Baré, et de plusieurs membres du gouvernement.
Dans son essence même, ce congrès est consacré à l’examen du projet de loi constitutionnelle portant révision de la constitution du 20 juillet 1991, voté en termes identiques par l’Assemblée Nationale le 10 janvier 2012 et le 13 février 2012 et par le Sénat le 8 février 2012. Mais dans les faits, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) y voit plutôt la poursuite de cette OPA, par la voie d’un dialogue minimaliste, sur l’ensemble du processus de remise à niveau de la démocratie engagé en Mauritanie depuis la chute de la dictature de Taya, le 03 août 2005.
Aujourd’hui, le vote acquis sur les amendements constitutionnels creusera encore plus le fossé entre le pouvoir (et l’opposition participationniste) et la COD. Car ce sera, véritablement, comme l’a annoncé le président de l’Assemblée nationale, l’acte qui scelle le véritable dialogue dont les résultats seront de la sorte " constitutionnalisés " par plus des deux tiers du Parlement, même si la question de la légitimité même de cette opération restera toujours posée.
Le pouvoir, à partir de cet instant, n’a plus d’excuses pour retarder le processus et engager les procédures nécessaires pour que l’organisation des élections municipales et législatives puisse avoir lieu dans les plus courts délais possibles. Et l’on se surprend à penser que ce pas de franchi a quelque chose à voir avec les récentes injonctions des parlementaires européens, qui demandent à Nouakchott de mettre un terme à la situation " indélicate " des députés, sénateurs et maires de Mauritanie qui exercent leurs mandats par défaut et donc ne disposent plus de la légitimité nécessaire pour parler au nom de leurs électeurs.
La question du calendrier électoral reste posée
Mais quelque soit la suite du processus en cours, le gouvernement est tenu de dire, dans les prochaines semaines à venir, quand et comment il compte organiser les élections municipales et législatives. La tactique qui consiste à opérer par petits pas, pour gagner du temps, comme il l’a fait dans la mise en œuvre du plan d’urgence " Emel 2012 " n’est plus efficiente quand c’est la communauté internationale elle-même qui commence à trouver étrange que la Mauritanie vit une période " d’exception " démocratique qui ne dit pas son nom. Et l’on pense, à ce sujet, que lors du passage des parlementaires européens, la COD a pu trouver les arguments qu’il faut pour montrer la singularité d’une situation politique où le pouvoir n’a pas, véritablement, de solutions à tous les problèmes. Sauf s’il accepte de se remettre en cause et de pouvoir engager un processus de concertation (dialogue ou autre) avec les différents protagonistes de la crise, en vue d’un apaisement sans lequel la durée de vie du gouvernement actuel deviendrait un insupportable enfer. Non seulement pour les populations elles-mêmes, qui déchantent, après avoir cru que le " président des pauvres " est un faiseur de miracle, mais aussi pour ces ministres qui ne savent plus à quel saint se vouer et parvenir, n’importe comment, à sortir de leur rôle désobligeant de figurants.
Il faut aussi reconnaître que la COD n’est pas innocente dans les règles du jeu politique qu’elle cherche à imposer au pouvoir. L’appel à la démission du gouvernement - et même du président Aziz - se comprend, quand l’opposition juge que ceux qui ont été choisis par la voie des urnes ont failli. Mais susciter un " printemps mauritanien ", appelé même à un coup d’Etat contre un pouvoir, même mal élu, est une anomalie démocratique qui ne grandit pas l’opposition. Cette dernière devait, en toute logique, garder les principes pour lesquels elle mène son combat
Sneiba Mohamed.
Authentique
Une appréciation faite, sans doute, de bonne foi par un homme que l’on présente, depuis le lancement du dialogue entre le pouvoir et quatre partis d’opposition, en décembre dernier, comme un conciliateur et un paravent contre ces " printemps arabes " qui continuent encore, malgré leur côté positif, à troubler la quiétude de certains pays de la zone. Mais, du côté de l’opposition radicale, l’on pense autrement : Il ne s’agit, ni plus ni moins que d’une autre " ruse " du pouvoir pour dévoyer la démocratie mauritanienne et tenter de gagner du temps dans un contexte de crise multiforme qui ne permet pas d’organiser des élections libres et transparentes pour remplacer un Parlement et des conseils municipaux dont les mandats sont arrivés à terme depuis novembre 2011.
La solennité de l’évènement n’a échappé à personne, avec la présence aux premières loges du Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, du président du Sénat, Ba Mamadou dit M’Baré, et de plusieurs membres du gouvernement.
Dans son essence même, ce congrès est consacré à l’examen du projet de loi constitutionnelle portant révision de la constitution du 20 juillet 1991, voté en termes identiques par l’Assemblée Nationale le 10 janvier 2012 et le 13 février 2012 et par le Sénat le 8 février 2012. Mais dans les faits, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) y voit plutôt la poursuite de cette OPA, par la voie d’un dialogue minimaliste, sur l’ensemble du processus de remise à niveau de la démocratie engagé en Mauritanie depuis la chute de la dictature de Taya, le 03 août 2005.
Aujourd’hui, le vote acquis sur les amendements constitutionnels creusera encore plus le fossé entre le pouvoir (et l’opposition participationniste) et la COD. Car ce sera, véritablement, comme l’a annoncé le président de l’Assemblée nationale, l’acte qui scelle le véritable dialogue dont les résultats seront de la sorte " constitutionnalisés " par plus des deux tiers du Parlement, même si la question de la légitimité même de cette opération restera toujours posée.
Le pouvoir, à partir de cet instant, n’a plus d’excuses pour retarder le processus et engager les procédures nécessaires pour que l’organisation des élections municipales et législatives puisse avoir lieu dans les plus courts délais possibles. Et l’on se surprend à penser que ce pas de franchi a quelque chose à voir avec les récentes injonctions des parlementaires européens, qui demandent à Nouakchott de mettre un terme à la situation " indélicate " des députés, sénateurs et maires de Mauritanie qui exercent leurs mandats par défaut et donc ne disposent plus de la légitimité nécessaire pour parler au nom de leurs électeurs.
La question du calendrier électoral reste posée
Mais quelque soit la suite du processus en cours, le gouvernement est tenu de dire, dans les prochaines semaines à venir, quand et comment il compte organiser les élections municipales et législatives. La tactique qui consiste à opérer par petits pas, pour gagner du temps, comme il l’a fait dans la mise en œuvre du plan d’urgence " Emel 2012 " n’est plus efficiente quand c’est la communauté internationale elle-même qui commence à trouver étrange que la Mauritanie vit une période " d’exception " démocratique qui ne dit pas son nom. Et l’on pense, à ce sujet, que lors du passage des parlementaires européens, la COD a pu trouver les arguments qu’il faut pour montrer la singularité d’une situation politique où le pouvoir n’a pas, véritablement, de solutions à tous les problèmes. Sauf s’il accepte de se remettre en cause et de pouvoir engager un processus de concertation (dialogue ou autre) avec les différents protagonistes de la crise, en vue d’un apaisement sans lequel la durée de vie du gouvernement actuel deviendrait un insupportable enfer. Non seulement pour les populations elles-mêmes, qui déchantent, après avoir cru que le " président des pauvres " est un faiseur de miracle, mais aussi pour ces ministres qui ne savent plus à quel saint se vouer et parvenir, n’importe comment, à sortir de leur rôle désobligeant de figurants.
Il faut aussi reconnaître que la COD n’est pas innocente dans les règles du jeu politique qu’elle cherche à imposer au pouvoir. L’appel à la démission du gouvernement - et même du président Aziz - se comprend, quand l’opposition juge que ceux qui ont été choisis par la voie des urnes ont failli. Mais susciter un " printemps mauritanien ", appelé même à un coup d’Etat contre un pouvoir, même mal élu, est une anomalie démocratique qui ne grandit pas l’opposition. Cette dernière devait, en toute logique, garder les principes pour lesquels elle mène son combat
Sneiba Mohamed.
Authentique
Actualités














